Le Sénat auditionnait le 15 février le président et le directeur général du groupement d’intérêt public chargé de l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. Les débats ont tourné autour de la sécurité et de l’équilibre économique de l’événement.
Coupe du monde de rugby 2023 : le comité d’organisation rassure les sénateurs sur la sécurité de l’événement
Le Sénat auditionnait le 15 février le président et le directeur général du groupement d’intérêt public chargé de l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. Les débats ont tourné autour de la sécurité et de l’équilibre économique de l’événement.
A presque six mois du début de la compétition, la commission Culture a auditionné Jacques Rivoal président et Julien Collette, directeur général du groupement d’intérêt public France 2023.
Les récents scandales ayant touché les instances du rugby ont été évoqués sans que cela soit central dans les échanges. Pour Julien Collette, le comportement de son prédécesseur Claude Atcher - écarté pour son management brutal - et la récente démission de Bernard Laporte ne menacent pas la réputation de l’événement « les affres qu’ont traversées la gouvernance du comité et (le) rugby français en général n’ont pas pesé du tout sur l’image de marque ». Une réponse qui n’a pas vraiment convaincu les socialistes Jean-Jacques Lozach et David Assouline.
Dans une atmosphère détendue, les sénateurs ont néanmoins fait part de certaines réserves à l’égard de l’organisation d’événements sportifs aussi massifs. Rappelons-le, la Coupe du monde de rugby est le troisième événement sportif le plus important et suivi du monde (après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football) avec près d’un milliard de spectateurs. 20 équipes participeront à la Coupe du monde et près de 600 000 visiteurs sont attendus entre le 8 septembre et le 28 octobre. Un événement particulièrement long par rapport aux jeux olympiques et paralympiques qui s’étendent sur un mois. De plus, l’événement se déroulera dans 9 villes hôtes.
Les forces de l’ordre avaient eu massivement recours aux gaz lacrymogènes contre les supporters anglais du club de Liverpool. Un zèle condamné par l’UEFA et le rapport sénatorial qui mettait en lumière une erreur de jugement à l’égard des supporters britanniques. Une source d’inquiétude pour les sénateurs puisqu’environ 30 % des détenteurs de billets pour la Coupe du monde sont originaires des îles britanniques.
La peur d’un remake des violences du Stade de France ?
Devant la commission sénatoriale à l’origine du rapport sur les violences du Stade de France, les organisateurs de la Coupe du monde de rugby ont tenu un discours rassurant. « Pour assurer la meilleure sécurité de cet événement, il faut intégrer la sécurité au parcours client, et non pas la considérer comme une politique à part, vivant sa vie en dehors de l’organisation de l’événement » a martelé Julien Collette. Pour le directeur général de France 2023, les leçons ont été retenues notamment dans le rapport aux spectateurs.
Si les fans de rugby sont très différents des fans de football (notamment dans l’organisation des groupes de supporters), le comité organisateur affirme avoir voulu créer un rapport de confiance avec les spectateurs grâce à un « système qui nous permet de détenir toutes les données de tous nos clients et donc de pouvoir communiquer avec eux ». En échange de leurs données, les spectateurs obtiendraient donc la garantie d’un dialogue entre eux et les équipes chargées de la sécurité de l’évènement. L’absence d’échange entre la police et les supporters a été un élément déclencheur des violences du Stade de France.
Le dispositif sécurité doit être adapté en fonction des différents sites, avec, selon Julien Collette le déploiement de « 6 300 agents de sécurité privés ». Ce dernier s’est voulu rassurant en déclarant que « le pic de mobilisation d’agents de sécurité privé correspond à un week-end de match de ligue 1 ». Un dispositif adapté en fonction de chaque stade et spécificité a affirmé le directeur général « jusqu’à 1 000 agents de sécurité autour du Stade de France et 300 au stade de la Beaujoire ».
Lutter contre le marché noir grâce à « une plateforme officielle de revente de la billetterie »
Interrogés au sujet de la billetterie et de l’existence d’un marché noir - la circulation de faux billets le soir de la finale de la Ligue des champions avait accru les tensions - les membres du comité d’organisation ont joué la carte de l’apaisement. En outre, avec 2,2 millions de billets vendus Jacques Rivoal s’est réjoui de l’équilibre économique de l’événement « On est capable d’affirmer que le résultat net sera entre 45 et 50 millions ».
Après s’être félicité du « succès phénoménal » de la billetterie, Julien Collette a détaillé les moyens mis en œuvre pour lutter contre la revente de billets au marché noir « Nous avons mis en ligne au mois de janvier une plateforme officielle de revente de la billetterie ». La mise en place d’un système officiel de revente des billets doit donc permettre de limiter la circulation de faux billets et le développement d’un marché noir. loin d’être naïf les représentants du comité ont expliqué que la lutte contre le marché noir ne se limiterait par à une plateforme de revente officielle « Nous surveillons les plateformes de revente de billets, comme « Viagogo » contre laquelle nous venons d’obtenir une décision de justice favorable ».
Une répétition générale avant les Jeux olympiques 2024 ?
Moins d’un an avant la tenue des Jeux olympiques et paralympiques à Paris en 2024, la Coupe du monde de rugby est souvent perçue comme un véritable test pour les autorités françaises. Beaucoup refusent pourtant cette comparaison entre deux événements très différents. « Ce n’est pas un événement parisien pour les happy few » a d’emblée précisé Jacques Rivoal avant que Julien Collette n’ajoute « C’est une coupe du monde des territoires ».
La compétition permettra, en tout cas, de tester sur la duréeles nouveaux moyens expérimentaux de surveillance prévus par la loi sur les JO 2024. Parmi ces moyens, l’utilisation, très critiquée, de la vidéosurveillance « augmentée » par intelligence artificielle avec l’utilisation d’algorithmes pour identifier les situations à risque. Le directeur général de France 2023 a tenu à minimiser l’existence de risques similaires à ceux de 2022 au Stade de France ou ceux à venir pour les Jeux olympiques 2024 : « Le centre de renseignement olympique a identifié comme menace principale le risque cyber plus que le risque d’attentat terroriste ou de délinquance ».
Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).