Coût des détecteurs de CO2 dans les salles de classe : les élus alertent Jean-Michel Blanquer

Coût des détecteurs de CO2 dans les salles de classe : les élus alertent Jean-Michel Blanquer

Le ministre de l’Education nationale recommande fortement aux collectivités d’équiper les écoles en détecteurs de CO2 pour mesurer la qualité de l’air. Les élus s’interrogent sur le coût du dispositif et demandent une aide de l’Etat.
Alexandre Poussart

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C’est une des armes pour lutter contre le virus à l'école : les détecteurs de CO2. Installés dans les salles de classe, ces capteurs permettent de déterminer la qualité de l’air d’une pièce et le danger de contamination par le Covid-19. Selon les autorités de santé, si une salle de classe dépasse un taux de dioxyde de carbone de 800 ppm (parties par millions), cela signifie que l’air est mal renouvelé, que le virus peut donc être présent en grande quantité, et qu’il faut aérer la pièce. C’est pourquoi, en vue de la rentrée scolaire, le ministère de l’Education nationale, « recommande fortement » d’équiper les salles de classe avec des détecteurs de CO2. Une compétence d’équipement scolaire qui incombe aux collectivités locales (la commune pour les écoles, le département pour les collèges et la région pour les lycées). Mais qui n’est pas sans poser la question du coût de ces détecteurs de C02.

De 50 à 300 euros pour un capteur de CO2

Selon le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, interrogé ce mercredi sur France Inter, « ce n’est pas très coûteux, cela représente quelques dizaine d’euros par salle de classe pour une petite école. »

Ce chiffre étonne la sénatrice (RDSE) de Meurthe-et-Moselle Véronique Guillotin. « Les détecteurs de qualité se vendent plutôt à plusieurs centaines d’euros. Les communes ne vont pas acheter du matériel de mauvaise qualité à bas coût. Il faut que les capteurs soient fiables. » 

Ces différences de prix s’expliquent par l’origine de fabrication. « Il y a deux types de détecteurs de CO2 », explique Delphine Labails, maire socialiste de Périgueux et coprésidente de la commission éducation à l’Association des maires de France. « ll y a les capteurs qui sont produits hors de l’Union européenne et qui coûtent 50 euros. Mais ils fonctionnent avec des algorithmes et ne sont pas très précis. Et puis il y a les produits fabriqués en France, en Europe, qui disposent de sondes pour mesurer précisément le taux de CO2 et peuvent coûter jusqu’à 300 euros. » 

Les élus alertent le gouvernement depuis mars

Pour aider les communes à acheter ces capteurs, « dès le mois de mars dernier, l’AMF a demandé au ministère de pouvoir piocher dans certaines dotations de l’Etat aux collectivités pour financer ces dispositifs », explique Delphine Labails. « Mais nous n’avons pas été entendus. » 

Lundi 30 août, Véronique Guillotin et son collègue sénateur de Meurthe-et-Moselle Jean-François Husson ont écrit un courrier à Jean-Michel Blanquer pour l’alerter sur le coût de ce dispositif pour les collectivités. « A ce jour, l’Etat semble se contenter de directives sanitaires, laissant supporter par les collectivités locales la totalité du coût des équipements nouveaux et leur entretien. Or, certains pays voisins ont fait le choix de soutenir les collectivités pour garantir l’égalité d’apprentissage de tous les élèves. »

L’Etat prépare son soutien aux collectivités

Ce mercredi sur l’antenne de France Inter, le ministre Jean-Michel Blanquer a assuré, que « lorsque les collectivités seront en difficulté » pour financer ces capteurs de CO2, « nous (l’Etat) serons en appui. » « Je salue le soutien de l’Etat annoncé », réagit Véronique Guillotin, mais il faut plus de précisions sur le montant de l’aide. »

Du côté des Maires de France, « le cabinet du ministère de l’Education nationale nous a informés que l’aide de l’Etat pour se doter de détecteurs de CO2 serait versée en fonction de 2 critères. Premièrement, le manque d’aération de certains espaces scolaires. Seront privilégiés les locaux sans fenêtres comme certains réfectoires de cantine, ainsi que les pièces qui donnent sur des avenues très passantes et où on ne peut pas forcément ouvrir les fenêtres. Deuxièmement, les capacités financières et d’approvisionnement des collectivités locales. »

Certains établissements déjà équipés

Il est vrai que certaines d’entre elles ont déjà sauté le pas et disposeront des détecteurs nécessaires pour la rentrée de septembre. C’est le cas de la ville de Cannes qui a déboursé 250 000 euros pour doter de capteurs toutes les salles de classe de ses 32 écoles (info BFMTV). Dans les Hauts-de-France, la région installera un capteur portable dans chaque lycée, à déplacer de salle en salle. Montant de l’opération : 120 000 euros (info 20 Minutes). « A Périgueux, nous dresserons la liste des locaux qui en auront besoin. Ces capteurs sont fabriqués par une entreprise du département qui va nous les livrer dans cinq semaines », précise Delphine Labails. 

Une rentrée sous vigilance sanitaire

Toujours est-il qu’une partie des établissements scolaires n’auront pas ce matériel dès la rentrée scolaire alors que le risque sanitaire plane sur les écoles à cause du variant delta. Les moins de 12 ans ne sont pas vaccinés, et la moitié des 12-17 ans le sont complètement. Face à une éventuelle flambée épidémique dans les écoles, « les élus ne sont pas angoissés car ils ont l’habitude du protocole à mettre en place : pas de brassage entre les élèves, lavage des mains, gestes barrières, port du masque et fermeture de classes si nécessaire », rappelle Delphine Labails. « Pas d’inquiétude mais une grande vigilance. » 

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