Covid-19: Florence Parly reconnait que les militaires de la base de Creil n’avaient pas été testés

Covid-19: Florence Parly reconnait que les militaires de la base de Creil n’avaient pas été testés

Lors de son audition devant la commission d'enquête du Sénat sur le Covid-19, la ministre des Armées, Florence Parly a reconnu s'être trompée en affirmant, en mars dernier, que les militaires de la base aérienne de Creil avaient été testés et confinés de retour d'une mission à Wuhan.
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C’est une question qui taraude le sénateur LR de l’Oise, Olivier Paccaud : la base aérienne de Creil a-t-elle été « la source de contamination » de son département qui a dû faire face à plusieurs clusters au début de l’épidémie. Dans la ville de Crépy-en-Valois et sur la base où des militaires avaient participé à une mission de rapatriement de citoyens Français à Wuhan, en Chine (le foyer de l'épidémie au Covid-19).

Ce mardi, lors de l’audition de la ministre des Armées par la commission d’enquête sur la gestion de l’épidémie de Covid-19, le sénateur n’a pas manqué d’interroger Florence Parly sur ce sujet. C’est d’abord une contradiction qu’Olivier Paccaud a voulu éclaircir. Le 9 septembre, devant cette même commission d’enquête, le Colonel Bruno Cunat, ancien commandant de la base aérienne 110 de Creil, avait affirmé que les militaires qui avaient fait le voyage à bord de l’Esterel (l’avion de rapatriement) fin janvier, n’avaient pas été testés avant leur retour sur la base. « Ils ont été mis en chambre individuelle et s’ils devaient prendre leurs repas, ils les prenaient (…) dans une salle dédiée mais ils ne les prenaient pas au mess. Je ne peux pas vous le garantir mais c’était la consigne qui a été donnée » avait-il rapporté (voir notre article).

Or, le 4 mars dernier, Florence Parly indiquait quant à elle sur le plateau de France 2 « que les 18 militaires « avaient été testés et confinés ». « Maintenez-vous que ces personnels ont été testés et confinés. N’y a-t-il pas eu négligence dans la façon dont ces militaires ont été traités à leur retour de Wuhan » interroge Olivier Paccaud.

« Je vous prie d’excuser le caractère un peu raccourci de ma formule »

« J’ai juré de dire toute la vérité et donc je me dois de vous dire que j’ai dit quelque chose d’inexact le 4 mars à France 2 » a reconnu Florence Parly. « C’était un raccourci. Ce qui s’est passé, c’est que les équipages ont été soumis à un protocole sanitaire extrêmement strict mais qui en effet ne comprenait pas à l’époque de tests (…) N’étant pas médecin, je vous prie d’excuser le caractère un peu raccourci de ma formule » a-t-elle poursuivi évoquant un protocole de surveillance pendant 14 jours.

« Le dogme à ce moment-là, n’était pas de tester tout le monde »

Le vice-président LR de la commission d’enquête, René-Paul Savary s’interroge alors sur « la raison scientifique » de ce manque de tests. Au côté de la ministre, Maryline Gygax, directrice de service de santé des armées précise « que le dogme à ce moment-là, n’était pas de tester tout le monde mais de tester les patients symptomatiques ».

« Non, définitivement non, la base militaire de Creil n'est pas à l'origine d'un cluster dans l'Oise ».

Quant à la question de savoir si les militaires de la base de Creil n’ont pas pu transmettre le virus dans le reste du département, le fameux « patient zéro ». Munie de l’enquête épidémiologique de la santé publique et du service de santé des armées, Florence Parly a, comme le colonel Cunat, indiqué que cette hypothèse « était très peu probable », pour plusieurs raisons : les personnels de l’Esterel ne sont pas descendus de l’appareil à Wuhan, ils portaient des équipements, respectaient les distances de sécurité. Surtout, à Crepy-en Valois, des cas de Covid-19 « sont survenus avant de survenir dans la base ». « Le 14 janvier 2020, soit avant le vol de retour de Wuhan ».

Raison pour laquelle, la ministre a assuré : « Non, définitivement non, la base militaire de Creil n'est pas à l'origine d'un cluster dans l'Oise (…) Je comprends la curiosité des habitants de l’Oise compte tenu de l’importance de la diffusion du virus dans les premières semaines de l’épidémie (…) je crois pouvoir vous dire que le patient zéro ne se trouvait probablement pas dans la base de Creil ».

« Les habitants de l’Oise ne sont pas victimes d’une maladie de curiosité. Ils veulent la vérité »

Une affirmation basée sur un rapport « préliminaire » comme l’a rappelé Olivier Paccaud qui n’a pas été convaincu par les arguments de la ministre. Le sénateur s’interroge toujours sur le lien entre les 21 cas de Covid-19 du lycée Jean Monnet et des matelots de la base qui avaient un partenariat citoyen avec une classe de l’établissement scolaire. 8 de ces matelots s’étaient rendus au lycée les 5 et 6 février. « Je suis navré de vous dire que ce rapport ne mentionne pas la présence de ces matelots (…) à partir de là, on peut, malheureusement suspecter beaucoup de choses (…) On ne peut pas balayer comme ça d’un revers de main la curiosité… Et ce mot me choque. Les habitants de l’Oise ne sont pas victimes d’une maladie de curiosité. Ils veulent la vérité ».

« Si le terme curiosité a pu être pris comme ça dans un mauvais sens, je vous prie immédiatement de m’en excuser. Je n’y voyais aucune forme de mépris » a répondu Florence Parly.

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