Auditionnés par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie, le maire de Troyes et président de l’Association des maires de France, François Baroin, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont partagé le même constat sur le manque de pouvoir des collectivités territoriales.
Covid-19 : Hidalgo et Baroin demandent plus de pouvoir pour les collectivités
Auditionnés par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie, le maire de Troyes et président de l’Association des maires de France, François Baroin, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont partagé le même constat sur le manque de pouvoir des collectivités territoriales.
Par Marylou Magal
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Les élus du territoire tirent, eux aussi, les leçons de la crise sanitaire. Ce mercredi 29 juillet, la commission d’enquête du Sénat sur l’évaluation des politiques publiques face aux grandes pandémies à la lumière de la crise sanitaire de la covid-19 et de sa gestion a auditionné Anne Hidalgo, François Baroin et Frédéric Bierry sur leur retour d’expérience sur la période de crise.
« Nous clôturons avec vous nos travaux sur les aspects territoriaux de la gestion de la crise sanitaire », introduit le président de la commission d’enquête Alain Milon. « Il s’agit pour vous de nous faire un retour d’expérience sur cette crise de la part des différentes collectivités, et de vous exprimer sur ce qu’il faudrait faire différemment. »
Des stocks de masques de 2012 fiables distribués
Prenant la parole la première, la maire de Paris revient sur la manière dont la crise sanitaire a été appréhendée à Paris. Sur la question de la pénurie de masques, qui a touché la totalité du territoire, Anne Hidalgo a détaillé la façon dont les stocks de 2012, qui n'avaient pas été détruits, avaient été utilisés, permettant de fournir 2 500 000 masques dès le début de la crise.
Mais au-delà des aspects pratiques de la mise à disposition des protections et des tests, un aspect particulier a retenu l’attention de la maire de Paris : celui du peu de pouvoir accordé aux collectivités territoriales dans la période de gestion de crise.
Aller au-delà des contraintes administratives
« Il faut réagir le plus vite possible de la façon la plus adaptée au contexte local et faire coopérer deux échelles de décisions deux impératifs qui apparemment peuvent être contradictoires mais qui de fait s’avèrent complémentaires », analyse Anne Hidalgo.
« D’une part un commandement centralisé à l’échelle de l’Etat, d’autre part, la nécessité de donner aux collectivités territoriales plus opérationnelles, plus au fait des réalités locales, la liberté d’agir, de prendre des initiatives, d’aller au-delà des contraintes administratives pour trouver des solutions concrètes. »
Santé et Intérieur : une double tutelle de l'état d'urgence remise en cause
Un diagnostic partagé par François Baroin. « Durant la crise, les pouvoirs de police du maire ont été reniés par le cadre juridique de l’état d’urgence sanitaire », estime le président de l’AMF. « Les maires sont intervenus sous l’empire de cet état d’urgence et nous n’avions pas tous les moyens dont nous disposons habituellement. »
Le maire de Troyes soulève un second problème : celui de la double tutelle du ministère de la Santé et de l’Intérieur sur les collectivités territoriales au moment de la crise sanitaire. « Le ministère de la Santé a des fonctions, mais ce n’est pas le ministère de la logistique, ni celui d’une gestion de crise », estime-t-il. « Dans une crise de cette nature il faut faire un choix, nous aurions préféré que le ministère de l’Intérieur soit le ministère de gestion de cette crise ».
Redonner aux territoires les compétences en matière de santé
« Il y a un fossé entre les procédures technocratiques et le cousu-main attendu par nos concitoyens », soutient pour sa part le président du département du Bas-Rhin Frédéric Bierry. L’organisation centralisée de la santé est inadaptée. » Comme François Baroin et Anne Hidalgo l’élu local réclame de confier aux territoires la gestion de la santé.
« Il faut redonner le pouvoir d’agir aux collectivités et à la sphère publique territoriale », assure-t-il. « C’est-à-dire les doter, du droit, des moyens, mais aussi des moyens financiers pour agir ».
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