Covid-19 : « La fin du quoi qu’il en coûte », abordée avec prudence au Sénat
Bruno Le Maire a confirmé la fin du fonds de solidarité au profit d’aides ciblées à partir du 1er octobre pour les entreprises encore impactées par la crise économique. « Il faudra être attentif à ne pas détériorer ce qu’on a réussi à préserver depuis 2020 », prévient Sophie Primas, présidente LR de la commission des affaires économiques.

Covid-19 : « La fin du quoi qu’il en coûte », abordée avec prudence au Sénat

Bruno Le Maire a confirmé la fin du fonds de solidarité au profit d’aides ciblées à partir du 1er octobre pour les entreprises encore impactées par la crise économique. « Il faudra être attentif à ne pas détériorer ce qu’on a réussi à préserver depuis 2020 », prévient Sophie Primas, présidente LR de la commission des affaires économiques.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« Le passe sanitaire n’a pas d’impact sur l’activité économique du pays », a assuré Bruno Le Maire, ce lundi à la sortie d’une rencontre avec les représentants des secteurs du tourisme, l’hôtellerie-restauration, du transport et de l’évènementiel.

Comme il l’avait annoncé devant le Medef la semaine dernière, le ministre de l’Economie a confirmé la fin du « quoi qu’il en coûte », formule du chef de l’Etat prononcé au début de la pandémie pour aider les entreprises à surmonter les conséquences de l’épidémie. Prolongé pour le mois de septembre, le fonds de solidarité pour les entreprises sera supprimé définitivement début octobre, sauf dans les départements d’Outre-Mer encore soumis à des obligations de fermeture pour des raisons sanitaires. Un fonds de solidarité qui a coûté environ 35 milliards d’euros, tout comme la prise en charge par l’Etat de l’activité partielle, tandis que les exonérations de charges se sont élevées à 10 milliards d’euros sans oublier de 160 milliards d’euros, déboursés sous forme de prêts, soit un total de 240 milliards.

Un effort plus que conséquent pour les finances publiques qui a été payant assure Bercy, chiffres à l’appui. « 6 % de croissance attendues pour l’année 2021 […] Un retour à l’activité d’avant-crise qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année […] Un taux de chômage autour de 8 % […] Bref, l’activité économique tourne à 99 % de ses capacités », s’est-il félicité, et ce malgré la mise en place durant l’été du passe sanitaire. Si ce n’est quelques exceptions comme les centres commerciaux qui ont connu une baisse significative de leur fréquentation. « Dans les bars et les restaurants, les dépenses en carte bleue ont augmenté de 5 % la semaine du 9 août (celle du début de l’instauration du passe sanitaire), « et de 8 % la semaine qui a suivi » (par rapport à 2019), a listé Bruno Le Maire.

« Il y a quelques nuages quand même. Le reste à charge pour les entreprises en ce qui concerne le chômage partiel va passer de 15 à 40 %. Certains secteurs sous tensions n’arrivent pas à recruter. Il y a aussi la hausse des prix des matières premières pour le bâtiment. Mais il fallait bient mettre fin à cette période d’exception. Et cela semble le bon moment avec la reprise économique qui semble s’amorcer », note Serge Babary, président LR de la délégation sénatoriale aux entreprises.

Dispositif de « coûts fixes »

C’est la raison pour laquelle, le gouvernement entend désormais recourir à des aides ciblées, un dispositif de « coûts fixes », qui prendra le relais du fonds de solidarité au 1er octobre et sera étendu à toutes les entreprises des secteurs du tourisme et apparentés, alors qu’il était limité à celles réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires. Cette rallonge d’un mois, selon les mêmes modalités qu’en août (indemnisation à hauteur de 20 % du chiffre d’affaires) sera conditionnée. Il faudra réaliser au minimum 15 % de son chiffre d’affaires afin d’éviter les « effets d’aubaine » pour ceux qui préfèrent rester fermés et toucher des aides. Quant aux secteurs « structurellement touchés » par la crise économique liée à l’épidémie de covid-19 (événementiel, agences de voyages, montagne), des plans d’action » seront définis avec les professionnels concernés.

« Au Sénat, on a été assez loyaux. On a voté les différents plans de relance. Je ne vais pas dire aujourd’hui que ce n’a pas été utile », reconnaît la présidente LR de la commission des affaires économiques, Sophie Primas, avant d’ajouter : « Je suis quand même étonnée quand on parle d’aides sur mesure, alors que pour avoir accès au PGE (prêt garantit par l’Etat) ou au fonds de solidarité, les critères de sélection étaient déjà extrêmement importants ». La sénatrice préconise de faire de « la dentelle déconcentrée » afin de prendre en compte les réalités économiques différentes d’un territoire à un autre.

« Il faut lier ces aides au maintien de l’emploi ou encore à la transition énergétique »

L’ancienne ministre du Logement, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice rattachée au groupe communiste, plaide également pour des aides « cousu main », « mais pas seulement depuis Bercy, avec les partenaires sociaux, par branches et par territoires ». « Il faut lier ces aides au maintien de l’emploi ou encore à la transition énergétique » ajoute la sénatrice qui s’inquiète de possibles plans sociaux à l’automne. « Dans certains territoires, si certaines petites entreprises et petites industries ferment, elles ne rouvriront pas. Il faut que l’Etat mette le paquet pour les soutenir, pas seulement par des prêts participatifs, mais par des aides plus directes pour tout ce qui concerne la modernisation de l’appareil productif ou encore la numérisation », détaille-t-elle.

D’autant que le ministre a prévenu. Le « sur-mesure » va engendrer un traitement des dossiers plus long, soit une indemnisation sous « quelques semaines », contre « quelques jours » pour le fonds de solidarité. « La fin du fonds de solidarité va coïncider avec les premières échéances du PGE. Certaines entreprises ne vont peut-être pas pouvoir le supporter. Il faudra être attentif à ne pas détériorer ce qu’on a réussi à préserver depuis 2020 », prévient Sophie Primas.

« Ce n’est pas du tout notre philosophie. Notre objectif c’est d’éviter toute brutalité, toute casse sociale », lui a indirectement répondu Bruno Le Maire, ce matin.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

ELYSEE PRESSE 1© La Famiglia
3min

Politique

« Cap sur l’Élysée » : Public Sénat lance sa série documentaire sur la présidentielle, à voir en avant-première

Public Sénat propose, en ligne dès ce 24 octobre, le premier épisode de « Cap sur l’Élysée », série documentaire inédite qui suivra la campagne présidentielle jusqu’au scrutin. Le premier épisode est disponible en intégralité sur publicsenat.fr, une semaine avant sa diffusion télévisée, le samedi 31 octobre à 21h sur le canal 8 de la TNT.

Le

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le