Covid-19 : le Conseil scientifique ne veut ni obligation vaccinale, ni passe sanitaire pour les 5-11 ans
Auditionné au Sénat, le président du Conseil scientifique, a rappelé que le débat sur l’ouverture de la vaccination aux enfants de 5 à 11 ans n’était « pas totalement réglé ». Si cette vaccination obtenait le feu vert des autorités sanitaires, le professeur « souhaite qu’elle ne soit pas obligatoire et qu’elle ne fasse pas l’objet d’un passe sanitaire enfant ».

Covid-19 : le Conseil scientifique ne veut ni obligation vaccinale, ni passe sanitaire pour les 5-11 ans

Auditionné au Sénat, le président du Conseil scientifique, a rappelé que le débat sur l’ouverture de la vaccination aux enfants de 5 à 11 ans n’était « pas totalement réglé ». Si cette vaccination obtenait le feu vert des autorités sanitaires, le professeur « souhaite qu’elle ne soit pas obligatoire et qu’elle ne fasse pas l’objet d’un passe sanitaire enfant ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La Haute autorité de santé (HAS) doit remettre son avis dans une dizaine de jours sur l’élargissement de la vaccination des enfants, en dessous de l’âge de douze ans. Elle n’est actuellement recommandée que pour ceux qui risquent de développer une forme grave du covid-19. Les pédiatres sont divisés. « Il y a une discussion actuelle qui n’est pas totalement réglée », observe Jean-François Delfraissy. Le président du Conseil scientifique était entendu ce 8 décembre par la commission des affaires sociales du Sénat, en pleine montée de la cinquième vague de l’épidémie en France.

En cas de feu vert de la HAS, le professeur a annoncé quelle serait sa position. « Le Conseil scientifique, si l’indication de vaccination chez l’enfant est retenue, souhaite qu’elle ne soit pas obligatoire et qu’elle ne fasse pas l’objet d’un passe sanitaire enfant. » Et d’avertir : « Ce serait la meilleure façon de faire fuir les gens contre le vaccin. Il va falloir faire un travail avec les associations familiales […] Les personnels de santé doivent être convaincants, si eux-mêmes sont convaincus. On peut avoir une recommandation avec une acceptabilité. »

Selon Jean-François Delfraissy, « il y a quelques cas d’hospitalisations chez l’enfant qui surviennent, en particulier dans le Grand Est ».

>> Lire aussi : Covid-19 : « Les informations sur la santé des enfants sont préoccupantes », interpelle Monique Lubin

Ce lundi, Jean Castex a annoncé qu’il espérait pouvoir ouvrir la vaccination « à tous les enfants sur la base du volontariat » d’ici « la fin de l’année si possible ». Aux États-Unis, la campagne de vaccination des 5-11 ans a commencé début novembre. En Europe, l’Italie a par exemple donné son feu vert.

« On ira peut-être vers un dépistage systématique à la rentrée de janvier »

Ces derniers mois, Jean-François Delfraissy s’est prononcé à plusieurs reprises contre une obligation vaccinale contre le covid-19 dans la population générale. Le scientifique doute que cette idée puisse améliorer la couverture vaccinale, notamment chez les patients les plus âgés. Selon lui, 300 000 à 400 000 Français de plus de 80 ans ne seraient toujours pas vaccinés. « C’est extrêmement difficile. Quand vous avez une vieille dame qui vit seule, qui dit je ne vois personne, je n’ai pas envie de me faire vacciner… J’entends parfois qu’il faudrait la vaccination obligatoire, mais au nom de quoi ? On va lui envoyer la force pour la vacciner ? Non. Restons dans l’humanité. »

En amont de la rentrée scolaire de septembre, le Conseil scientifique avait recommandé la mise en place de dépistages systématiques dans les écoles, mais n’avait été suivi par le ministère de l’Éducation nationale. « On ira peut-être vers un dépistage systématique à la rentrée de janvier, compte tenu de ce qui était prévisible, c’est-à-dire de l’explosion de l’infection dans cette tranche d’âge là. »

>> Lire aussi : Les sénateurs réservés sur une éventuelle vaccination des 5-11 ans : « Il ne faudrait pas être jusqu’au-boutiste »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le