Covid-19 : « Le gouvernement tâtonne encore » selon Roger Karoutchi
Le premier ministre a reçu les responsables de groupes politiques sur l’épidémie de Covid-19. Malgré ce point avec Jean Castex, l’opposition reste un peu dans le flou et sur sa faim. Certains s’étonnent que le gouvernement n’ait pas encore pris le décret de convocation des élections départementales et régionales de mars 2021.

Covid-19 : « Le gouvernement tâtonne encore » selon Roger Karoutchi

Le premier ministre a reçu les responsables de groupes politiques sur l’épidémie de Covid-19. Malgré ce point avec Jean Castex, l’opposition reste un peu dans le flou et sur sa faim. Certains s’étonnent que le gouvernement n’ait pas encore pris le décret de convocation des élections départementales et régionales de mars 2021.
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Edouard Philippe avait déjà initié ces rencontres avec les chefs de partis et présidents de groupe sur la situation sanitaire. Face à la reprise de l’épidémie de Covid-19, Jean Castex les relance. Le premier ministre a reçu mardi soir, avec notamment le ministre de la Santé, Olivier Véran, tous les responsables politiques.

Avant la réunion, hier, un président de groupe se demandait, en riant (jaune), ce qu’allait pouvoir dire l’exécutif. « Le 13 mars, on était déjà réuni à Ségur. Deux jours après, c’était le lock-out… » rappelait-il. On n’en est pas là. Après deux heures et demie de réunion, les participants n’ont en réalité pas appris grand-chose et aucune annonce précise n’a été faite. De plus, le format de ce genre de réunion ne s’y prête peut-être pas. « Vous avez Florian Philippot, Mathilde Panot de LFI, Guillaume Lacroix des Radicaux, ou Nicolas Dupont-Aignan qui parlent pendant une heure. Certains attendent ça pour en faire une tribune, donc ça dure » raconte l’un des participants.

Un nouveau Conseil de défense s’est en revanche tenu ce matin, autour du chef de l’Etat et, pour le coup, en comité restreint. Il devrait en sortir de nouvelles mesures plus restrictives, cette fois pour Paris. L’interdiction de la vente d’alcool après 20 heures est évoquée, tout comme l’interdiction de tout rassemblement dans l’espace public au-delà de 10 personnes. Plusieurs métropoles dont Paris devraient passer en zone « super-rouge » ou « écarlate ». Une prise de parole d’Olivier Véran est attendue pour 19 heures.

« Est-ce qu’on donne la priorité absolue à la santé ou au maintien de l’activité économique ? »

Mais rien de tout cela hier soir. « A la limite, quand vous regardez la presse ou les points quotidiens, vous en savez autant. Donc on est un peu déçu » dit Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine. « Là, c’était un peu, « on fait au mieux ». On a acheté du matériel respiratoire, des gants, on a maintenant des masques. (…) Mais comme toujours, on a le sentiment que quand on les pousse un peu dans leurs retranchements, ils ne savent pas jusqu’où l’épidémie ira et si tout explose, évidemment, le système ne tiendra pas » pointe le sénateur LR (voir la première vidéo, images de Cécile Sixou).

Pour Roger Karoutchi, le gouvernement court après le temps, en étant plus dans la réaction face aux événements, que dans l’anticipation. Ce qui coûte cher face au virus. « Sept/huit mois après le début de l’épidémie, on a quand même le sentiment qu’on ne répond plus à ce qui se passe, qu’on ne le prévoit. Et ça, c’est un peu agaçant et un peu inquiétant. Le gouvernement fait certainement le travail pour l’essentiel mais on aurait aimé des perspectives un peu plus cadrées et organisées » souligne le sénateur.

Autre point, que souligne l’ancien ministre LR : « Est-ce qu’on donne la priorité absolue à la santé ou au maintien de l’activité économique ? On voit un équilibre, mais par moments, on peut s’inquiéter de se dire qu’au nom du respect de l’activité, vous ne risquez pas de mettre en danger la vie de milliers de personnes. Et de l’autre, on est bien conscient qu’on ne peut pas mettre le pays par terre et tout le monde au chômage ». « Il faut trouver un juste milieu ». Mais Roger Karoutchi « pense que le gouvernement tâtonne encore ».

« Rien de nouveau sous le soleil »

Même sentiment d’une réunion pour pas grand-chose, à gauche. « Nous n’avons rien appris de surprenant, il n’y a pas eu de scoop hier sur la situation, si ce n‘est que la Covid poursuit son chemin » raconte Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE (communiste) du Sénat, qui souligne que la question des tests « crée de l’angoisse chez les gens ». Regardez :

Covid-19 : « Rien de nouveau sous le soleil » pointe Eliane Assassi (PCF) après la réunion avec Jean Castex
02:33

Le premier ministre a également insisté sur la nécessité « de se faire vacciner contre la grippe » pour éviter de surcharger les hôpitaux. Point aussi sur la situation dans les écoles, mais « là, rien de nouveau sous le soleil » non plus.

« Beaucoup de questions, peu de réponses »

« On a posé beaucoup de questions, on a eu peu de réponses », confirme à la sortie le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. Pire : « On a même souvent eu l'impression qu'ils découvraient les problèmes qu'on leur soumettait, c'était un peu curieux » selon le socialiste.

Le président du groupe LR de l’Assemblée nationale, Damien Abad, a de son côté pointé des « incohérences » du gouvernement en regrettant notamment « la lenteur dans la politique de tests ». A ses yeux, « le triptyque tester-tracer-isoler ne fonctionne pas ». Marine Le Pen, présidente du RN, craint pour sa part que la priorisation sur les tests ne permette pas de résoudre les longs délais, face au nombre de personnes prioritaires.

« Pas de réponse satisfaisante » sur les régionales et départementales

Les participants ont aussi interrogé le gouvernement sur la tenue des élections départementales et régionales de mars 2021. « Il y a eu une question pour demander pourquoi il n’y avait pas encore le décret de convocation des élections départementales et régionales. Mais il n’y a pas eu de réponse satisfaisante » souligne Hervé Marseille, président du groupe Union centriste du Sénat. Reste que « la question est posée car les comptes de campagne sont ouverts six mois avant », soit depuis le 21 septembre… « Ils ont dit que ça va venir. Mais on se pose la question pourquoi ce n’est pas fait » ajoute le sénateur UDI des Hauts-de-Seine. Le maintien du premier tour des municipales, en pleine première vague, avait fait polémique face aux risques de contaminations.

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