Covid-19 : le ministère de la Santé «n’est pas le mieux armé» pour affronter une pandémie, selon un ancien directeur général de la Santé
Le professeur Didier Houssin, auditionné aux côtés d’autres anciens DGS ce 17 septembre par la commission d’enquête Covid-19 du Sénat, a estimé que le ministère de la Santé n’était pas « le mieux armé » pour piloter une gestion de crise sanitaire.

Covid-19 : le ministère de la Santé «n’est pas le mieux armé» pour affronter une pandémie, selon un ancien directeur général de la Santé

Le professeur Didier Houssin, auditionné aux côtés d’autres anciens DGS ce 17 septembre par la commission d’enquête Covid-19 du Sénat, a estimé que le ministère de la Santé n’était pas « le mieux armé » pour piloter une gestion de crise sanitaire.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il n’est pas surprenant d’entendre de la part d’anciennes ministres de la Santé que leur ministère était bien apte à piloter la gestion d’une crise sanitaire. Auditionnées dans la matinée du 17 septembre par la commission d’enquête sénatoriale d’évaluation des politiques publiques face aux pandémies, Roselyne Bachelot (2007-2012) et Marisol Touraine (2012-2017) ont souligné que ce rôle devait revenir au ministère dont elles avaient assuré la tête.

Un ancien directeur général de la Santé (DGS) – un poste que les Français ont découvert au cours de l’hiver avec la personne de Jérôme Salomon – a émis devant la même commission au cours de l’après-midi le point de vue opposé. Le professeur Didier Houssin, en poste de 2006 à 2011, au moment de la grippe H1N1 de 2009, a plaidé pour Matignon, ou le ministère de l’Intérieur.

« L’expérience a montré – expérience de la canicule, expérience de la pandémie aussi – qu’il arrive à un moment où malgré tout sa bonne volonté et son énergie, le ministre de la Santé n’est pas le mieux armé pour gérer la crise. Pourquoi ? L’appareil interministériel est construit autour du ministère de l’Intérieur avec le rôle du préfet qui est un agent interministériel. Or, une épidémie ça déborde très vite sur des champs qui ne sont pas sanitaires […] L’expérience montre que le ministre de la Santé n’est pas bien armé », a-t-il expliqué.

« Il était clair que la Santé passait la main dans la responsabilité de la crise »

Didier Houssin rappelle que cet élément a été ailleurs l’un des enseignements dans le cadre des exercices de préparation. « On avait vu que passé un certain stade, et le stade de la pandémie en est l’exemple typique, il est préférable vraiment que la gestion de crise soit organisée autour du ministre de l‘Intérieur ou du Premier ministre. »

Plus tôt, Benoît Vallet (DGS de 2013 à 2017) expliquait que l’exercice principal d’une simulation réalisée en 2013 consistait au passage de relais du ministère de la Santé au ministère de l’Intérieur. « Il était clair que la Santé passait la main dans la responsabilité de la crise, qui est quelque chose que nous n'avons pas vu de manière aussi évidente quand nous étions Didier [Houssin] et moi à la mission déconfinement. »

Ces déclarations devant la commission d’enquête du Sénat résonnent d’autant plus que l’actuel ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est fait remplacer à la dernière minute le 11 septembre par le Premier ministre, pour la prise de parole du gouvernement suivant le conseil de défense.

Partager cet article

Dans la même thématique

Covid-19 : le ministère de la Santé «n’est pas le mieux armé» pour affronter une pandémie, selon un ancien directeur général de la Santé
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Covid-19 : le ministère de la Santé «n’est pas le mieux armé» pour affronter une pandémie, selon un ancien directeur général de la Santé
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le