COVID-19 : les sénateurs adoptent les mesures d’urgence sur fond de débat sur les libertés publiques
Depuis jeudi, le Parlement examinait en urgence un projet de loi afin de répondre à la crise liée au COVID-19. Élections municipales décalées, mesures sanitaires, décisions d’urgence économique : dimanche, dans l’après-midi, les sénateurs ont adopté le texte résultant de l’accord entre les deux chambres du Parlement. Mais la gauche a profité de cette ultime lecture pour alerter sur le manque de contrôle du Parlement sur l’exécutif. 

COVID-19 : les sénateurs adoptent les mesures d’urgence sur fond de débat sur les libertés publiques

Depuis jeudi, le Parlement examinait en urgence un projet de loi afin de répondre à la crise liée au COVID-19. Élections municipales décalées, mesures sanitaires, décisions d’urgence économique : dimanche, dans l’après-midi, les sénateurs ont adopté le texte résultant de l’accord entre les deux chambres du Parlement. Mais la gauche a profité de cette ultime lecture pour alerter sur le manque de contrôle du Parlement sur l’exécutif. 
Quentin Calmet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le report des élections municipales n’aura finalement que peu occupé les débats. C’était pourtant l’un des points de désaccord entre les deux chambres du Parlement. Mais finalement, députés et sénateurs ont adopté un compromis : ils ont décidé d’attendre les conclusions d’un rapport scientifique prévu pour le 23 mai. Si les conditions sont réunies, les listes devraient alors être déposées avant le 2 juin, pour une élection qui se tiendrait le 21 juin.

Tous les groupes politiques ont donc réussi à s’entendre sur les élections municipales. 

Mais sur un point en particulier, les sénateurs communistes et socialistes ont critiqué certaines mesures de ce projet de loi. Ce texte n’offrirait pas suffisamment de garanties démocratiques. “Nous aurions pu aller plus loin dans le rôle du Parlement dans sa mission pour vérifier qu’il n’y a pas d’abus dans les immenses pouvoirs que nous allons donner à l’exécutif” a ainsi expliqué le président du groupe socialiste Patrick Kanner, au micro de Public Sénat.

"Nous aurions pu aller plus loin dans le contrôle du Parlement" dans ce projet de loi d'urgence COVID-19, selon P. Kanner (PS) :
01:26

Ainsi, à l’occasion du vote final en séance, les sénateurs socialistes ont préféré s’abstenir demandant que le président de la République saisisse le Conseil constitutionnel sur la question des libertés publiques.

De leur côté, les sénateurs communistes ont voté contre ce projet de loi, dénonçant les larges pouvoirs laissés à l’exécutif. “Nous refusons de confier les pleins pouvoirs au gouvernement durant deux mois dans de telles conditions” a expliqué Éliane Assassi, la présidente du groupe CRCE du Sénat. “Dans cette lutte, la démocratie est la grande oubliée. Pourtant dans ces moments difficiles, elle devrait être constamment convoquée” a-t-elle ajouté.

Eliane Assassi (PCF) : "Dans cette lutte, la démocratie est la grande oubliée"
01:20

 

“Les pouvoirs qui sont donnés au gouvernement sont importants, a reconnu le président de la Commission des lois, Philippe Bas. Mais ce ne sont pas les pleins pouvoirs. (...) Il faut pouvoir limiter la liberté d’aller et de venir, il faut limiter la liberté de réunion, il faut limiter la liberté d’entreprendre. Mais (...) dans l’état d’urgence sanitaire, nous voulions que le type de mesures que l’exécutif pourrait prendre soit également énoncé dans une liste”.

Limitation des libertés : "Nous voulions que dans l'état d'urgence sanitaire, le type de mesures que le gouvernement pouvait prendre soit énoncé dans une liste" explique Philippe Bas
03:58


Le régime “d’état d’urgence sanitaire” est bien limité dans le temps à un an, a également expliqué Philippe Bas en séance publique au moment de voter le texte final. Le sénateur a également plaidé en faveur d’un comité de suivi des mesures, à l’image de ce qui avait été fait avec l’état d’urgence lié aux attentats de 2015.

Une séance marquée également par les hommages rendus aux pompiers, aux personnels médicaux, aux personnels chargés du nettoyage, ainsi qu’à “tous ceux qui continuent à faire vivre le pays”. Les orateurs de chacun des groupes politiques avaient ainsi choisi de commencer leur discours par une marque de considération. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le