Auditionnée par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie de Covid-19, l’ancienne ministre de la Santé, était sur la défensive en démontrant qu’elle avait pris le risque épidémique au sérieux dès le mois de janvier.
Covid-19 : « On ne peut pas dire que j’ai minimisé » l’épidémie se défend Agnès Buzyn
Auditionnée par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie de Covid-19, l’ancienne ministre de la Santé, était sur la défensive en démontrant qu’elle avait pris le risque épidémique au sérieux dès le mois de janvier.
Si Agnès Buzyn consent que « savoir si on aurait pu faire mieux, est une question plus que légitime », l’ancienne ministre de la Santé, va s’attacher néanmoins à démontrer, qu’elle avait, dès le début de l’épidémie, pris la mesure de l’épidémie de Covid-19.
S’appuyant sur une chronologie précise, Agnès Buzyn a d’abord tenu à s’expliquer sur ses déclarations du 24 janvier dernier à la sortie du Conseil des ministres.
« Cette forme de procès en incompétence que je ressens »
« Quelles étaient les données scientifiques sur lesquelles vous vous êtes appuyée pour déclarer le 24 janvier que le risque d’importation du virus était pratiquement nul et son risque de propagation très faible » l’interroge, à ce sujet, la rapporteure LR de la commission d’enquête, Catherine Déroche.
« Des propos tronqués » souligne Agnès Buzyn qui souhaite citer l’intégralité de sa déclaration ce jour-là, « afin de clore très solennellement devant la représentation nationale, cette forme de procès en incompétence que je ressens ».
Informée dès le 21 janvier par le directeur général de la Santé du risque de transmission « interhumaine » du virus, Agnès Buzyn décide de s’exprimer tous les jours. « Je ne connais aucun ministre en Europe qui se soit exprimé aussi tôt devant ses concitoyens. Ça prouve mon degré de vigilance » appuie-t-elle, sur la défensive.
Concernant cette fameuse déclaration du 24 janvier, Agnès Buzyn reprend ses propos : « Le risque d’importation (du virus) depuis Wuhan est modéré. Il est maintenant pratiquement nul car la ville est isolée. Les risques de cas secondaires autour d’un cas importé sont très faibles. Et les risques de propagation du coronavirus sont très faibles. Cela peut évidemment évoluer dans les prochains jours, s’il apparaissait que plus villes sont concernées en Chine ou plus de pays ».
« La diffusion permanente de propos tronqués a grandement contribué aux menaces de mort dont j’ai fait l’objet »
Visiblement très touchée par les conséquences de la diffusion de « ses propos tronqués », l’ancienne ministre cite alors le dernier livre du professeur Gilles Pialoux, (chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon à Paris). « Cette phrase a souvent été tronquée, détournée, associée à des attaques insupportables teintées d’antisémitisme et de complotisme contre la ministre, une fois ses fonctions quittées ».
« Je ne peux pas dire mieux » souligne Agnès Buzyn pour qui « la diffusion permanente de propos tronqués a grandement contribué aux menaces de mort dont j’ai fait l’objet sur les réseaux sociaux depuis 6 mois ».
Cette allusion aux attaques antisémites dont la ministre indique avoir été la cible, n’a pas été du goût de Catherine Deroche. « Je ne voudrais pas, parce que je vous pose des questions, être taxée d’antisémite, Madame » a-t-elle rétorqué.
Catherine Deroche a également posé la question sur la stratégie de dépistage, mise en place tardivement en France. « Ce n’est que le 16 mars que le directeur général de l’OMS appelle à tester massivement » a notamment rappelé Agnès Buzyn, qui a quitté ses fonctions le 15 février dernier. Néanmoins, si la France a bien mis en place les tests dès la semaine du 20 janvier, une stratégie de dépistage à grande échelle est à l’époque loin d’être envisagée. « Je ne vois pas qui on aurait dépisté à large échelle à cette période-là. Il n’y avait pas de circulation du virus en Europe, mais des clusters autour de cas importés de Chine » a-t-elle justifié.
Agnès Buzyn rappelle les propos de Didier Raoult
Agnès Buzyn n’a également pas épargné le professeur Didier Raoult dans ses interventions. Sur cette question d’un éventuel dépistage trop tardif, elle cite les propos de l’infectiologue le 24 février dernier. « Il dit qu’il y a plus de morts par accidents de trottinettes en Italie que de morts du coronavirus (…) Il dit qu’on est proche de la fin de l’épidémie » a-t-elle cité.
Elle rappelle également les propos du professeur Raoult à la date du 24 janvier, le jour de sa fameuse intervention à l’issue du conseil des ministres. « Le monde est devenu fou. Il y a trois Chinois qui meurent, l’OMS s’en mêle et ça fait une alerte mondiale ».
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