Ce jeudi, les représentants des syndicats des internes étaient auditionnés par la commission d‘enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie de Covid-19. Ils ont passablement inquiété les parlementaires sur les capacités des hôpitaux publics, alors que l’épidémie repart partout en France.
Covid-19 : « Plus d’un interne sur deux a été obligé de travailler malgré sa positivité »
Ce jeudi, les représentants des syndicats des internes étaient auditionnés par la commission d‘enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie de Covid-19. Ils ont passablement inquiété les parlementaires sur les capacités des hôpitaux publics, alors que l’épidémie repart partout en France.
« Sincèrement, j’espère qu’on n’aura pas le Covid. Parce que s’il faut aller à l’hôpital, je ne serais pas rassuré ». Le sénateur LR des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi, a, plus ou moins, résumé le sentiment général de la commission d’enquête sur l’épidémie qui auditionnait, ce jeudi, Justin Breysse, président de l’interSyndicale nationale des Internes (ISNI) et Julien Flouriot, président du Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (SIHP).
En effet, alors que neuf métropoles se préparent à un couvre-feu d’un mois, les propos des intervenants se sont révélés pour le moins alarmistes sur la situation des hôpitaux publics.
« Nous avons dû organiser nos propres cellules de crise »
D’abord sur l’organisation de la répartition des internes lors de la première vague de l’épidémie au printemps dernier, « il y a eu un retard à l’allumage ». « Nous avons écrit un courrier le 19 février pour être reçus par les cabinets (ministériels). Et nous n’avons eu la réponse que le 19 mars. Donc il s’est passé un mois. Un mois de latence pendant lequel nous n’avons pas eu de consignes des différentes administrations pour nous permettre de réaffecter les internes là où il y en avait besoin. Nous avons donc décidé de prendre l’initiative de ces réaffectations » révèle Justin Breysse. Les syndicats ont par ailleurs réalisé, eux-mêmes, un appel à la mobilisation des internes. « Nous avons dû organiser nos propres cellules de crise » ajoute-t-il.
L’interSyndicale nationale des Internes (ISNI) a également réalisé plusieurs enquêtes dont les conclusions sont édifiantes. « Nous avons interrogé 980 internes. Les deux tiers d’entre eux nous disent n’avoir pas eu accès à du matériel de protection en quantité suffisante, masques et surblouses. La moitié des internes, 53% qui présentaient des symptômes du Covid au début de l’épidémie ont pu accéder à des tests de dépistage (…) On sait aujourd’hui que plus d’un interne sur deux, qui connaissait son statut de positif au Covid, a été obligé de travailler malgré sa positivité ! » détaille Justin Breysse évoquant la mauvaise gestion des ressources humaines de l’hôpital et surtout le manque de personnel.
« S’il y a une deuxième vague, je ne viendrai pas aider parce que je n’ai pas été payé »
Les difficultés rencontrées dans la réaffectation des internes tiennent également aux lourdeurs administratives. « Ce n’était pas compliqué de changer un interne de service dans le même hôpital car un interne, c’est financé par l’agence régionale de santé. Il y a des sous qui sont donnés tous les mois à l’hôpital pour qu’il paye ses internes (…) Ce qui a été très compliqué, c’était de changer l’interne d’hôpital (…), la DGOS (Organisation de la Direction générale de l'offre de soins) ne tranchait pas administrativement sur qui devait payer l’interne (…). Je me suis retrouvé en situation où aucun des deux hôpitaux ne voulait payer l’interne. Jusqu’au mois d’août, j’ai géré, avec la direction des affaires médicales de tous les hôpitaux d’Ile de France, des internes qui n’ont pas été payés pendant deux mois » explique Julien Flouriot. Il ajoute : « Ces internes me l’ont déjà dit : s’il y a une deuxième vague, je ne viendrai pas aider parce que je n’ai pas été payé ».
La première vague a entraîné une mauvaise formation des internes : des stages de plusieurs mois ont été stoppés et ils ne pourront sans doute pas être rattrapés. Mais, surtout, la peur de contaminer ses proches a conduit à « des situations de stress post-traumatique ». « On a eu beaucoup d’internes qui nous ont fait part de leur anxiété (…). C’est un sentiment de peur et de colère entremêlé » appuie Justin Breysse.
Novembre : la période où il ne faudra pas se faire hospitaliser
Les sénateurs ont essayé de voir le côté positif de ce retour d’expérience, alors que l’épidémie est en pleine recrudescence. Peine perdue. « Les services de réanimation en temps normal sont déjà remplis. Les patients Covid arrivent en plus (…). On est dans une situation où les capacités sont largement dépassées et en plus, on a quand même tous peur car on sait que la grippe saisonnière va arriver (…). Donc, on trouve que toutes les mesures sanitaires qui ont été prises pour limiter la propagation du virus sont bonnes » prévient Justin Breysse.
Il rappelle également un élément qui pourrait avoir son importance dans les prochaines semaines. « Les premiers jours de novembre vont être une période particulière dans les hôpitaux français. Il y a 8 000 nouveaux internes qui arrivent, ils n’ont jamais eu ces fonctions de prescripteurs et vont se retrouver quasiment seuls dans les services. Avec la période Covid, ça ne va pas être le moment de se faire hospitaliser » a conclu Justin Breysse…sous les rires nerveux des parlementaires.
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