Covid-19 : « Pour Macron, tout va bien, alors qu’on en est bientôt à 100.000 morts », dénonce Patrick Kanner
L’opposition juge sévèrement la prise de parole d’Emmanuel Macron jeudi soir. « On ne joue pas avec les Français », lance le socialiste Patrick Kanner. « Tout ça fait quand même, grand méchant flou », raille le centriste Hervé Marseille. Le sénateur LR Jérôme Bascher a « une vraie inquiétude » sur le manque de « vaccinateurs ».

Covid-19 : « Pour Macron, tout va bien, alors qu’on en est bientôt à 100.000 morts », dénonce Patrick Kanner

L’opposition juge sévèrement la prise de parole d’Emmanuel Macron jeudi soir. « On ne joue pas avec les Français », lance le socialiste Patrick Kanner. « Tout ça fait quand même, grand méchant flou », raille le centriste Hervé Marseille. Le sénateur LR Jérôme Bascher a « une vraie inquiétude » sur le manque de « vaccinateurs ».
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« Aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec ». Ce sont les mots du chef de l’Etat, jeudi soir, après un Conseil européen en visioconférence. « Je peux vous le dire : nous avons eu raison de ne pas reconfiner la France à la fin du mois de janvier parce qu’il n’y a pas eu l’explosion qui était prévue par tous les modèles », s’est défendu Emmanuel Macron, au moment où, aujourd’hui, tous les compteurs de l’épidémie s’affolent à nouveau.

« Même pas un mot d’empathie pour les malades, les disparus »

Des déclarations accueillies très froidement par l’opposition. « Finalement, le Président ne doute jamais. Et il a avoué que c’était lui qui décidait seul. Il n’a pas eu un mot de remord sur la décision de ne pas confiner le 29 janvier. Donc tout va bien dans le meilleur des mondes, alors qu’on va être bientôt à 100.000 morts, et qu’il y a eu près de 50.000 cas hier et des semaines terribles sont à venir », attaque le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner. Il regrette qu’il n’ait « même pas un mot d’empathie pour les malades, les disparus ».

Le sénateur PS du Nord est très remonté contre le chef de l’Etat. Ses mots sont très durs. « N’est pas de Gaulle qui veut, ou Napoléon. Je n’ai plus confiance dans la gestion de cette crise », tranche l’ancien ministre, qui ajoute :

Nous sommes pilotés par un aventurier. Mais la question qui se pose, c’est y a-t-il un pilote dans l’avion ?

« Nous sommes devant un pouvoir solitaire qui peut devenir mortifère », lâche encore Patrick Kanner, « très inquiet » car « on ne joue pas avec les Français comme on joue au Monopoly ».

« Tout ça fait, quand même grand méchant flou. Car on dit des choses et un peu le contraire » raille Hervé Marseille, président du groupe Union centriste. « Le président dit j’ai bien fait de ne pas reconfiner en janvier et en même temps, tous les médecins disent le contraire… Il y a quand même l’équivalent d’un avion qui s’écrase tous les jours. Et on déprogramme des soins, donc ça laisse sur le carreau des gens atteints de pathologies graves », dénonce le sénateur UDI des Hauts-de-Seine.

« C’est un satisfecit général. Tout va bien alors que tout va mal »

Même analyse sur le fond de la présidente du groupe communiste, Eliane Assassi. « C’est un satisfecit général. Tout va bien alors que tout va mal. J’entendais un responsable de service d’un hôpital dire que les mesures auraient dû être prises en février pour éviter cette troisième vague », note la sénatrice de Seine-Saint-Denis, « département le plus touché ». Eliane Assassi dénonce la situation actuelle :

L’économie a pris le pas sur la santé des Français. Et ce sont des médecins qui le disent.

« Tout va bien. Il a fait les meilleurs choix ! », ironise aussi Jérôme Bascher, sénateur LR de l’Oise, « pourtant, tous les hospitaliers vous disent que ce qui s’annonce est catastrophique… » « Clairement, le confinement light annoncé la semaine dernière a été une aberration. Il aurait fallu clairement reconfiner, et quinze jours avant ça. Il persévère dans l’erreur », selon le sénateur. « On se demande à quoi ça servait qu’il parle hier. Olivier Véran fait sa conférence de presse pour dire qu’il y a beaucoup d’inquiétudes. Et lui dit tout va bien », s’étonne Olivier Bascher, avant d’ajouter :

Depuis Michel Audiard, je sais bien que ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire, qu’il faut fermer sa gueule. Sauf que le Président a des paroles moins fines qu’Audiard. Hier soir, c’était catastrophique.

« Il n’y a pas assez de mains de vacciner »

Jérôme Bascher soulève « une vraie inquiétude » pour la suite. « On nous parle beaucoup des vaccins, mais le vrai sujet maintenant, c’est celui des vaccinateurs. Dans l’Oise, les médecins et infirmiers ne se multiplient pas. On va vers un problème de vaccinateurs. Il n’y a pas assez de mains pour vacciner » alerte le sénateur LR, « c’est encore un deuxième problème logistique ».

Une difficulté que semble admettre en creux Olivier Véran. Pour la suite de la campagne, « nous aurons besoin de bras », a-t-il reconnu jeudi, lors de sa conférence de presse. Il a appelé « tous les étudiants en santé et tous les professionnels de santé retraités à prêter main-forte pour la vaccination et dans les hôpitaux quand ils le peuvent, comme ils l’ont déjà fait depuis un an ».

« Le manque d’anticipation dans l’organisation logistique est un drame national »

On sait depuis ce vendredi que les vétérinaires et les dentistes seront autorisés à vacciner. Soit 252 000 professionnels supplémentaires. De quoi répondre aussi au manque de bras. « Que tous les personnels compétents puissent vacciner, bien sûr, si les doses arrivent », réagit Patrick Kanner, « mais à Lille, Martine Aubry a dit qu’elle n’avait déjà plus de dose… Le manque d’anticipation dans l’organisation logistique est un drame national ».

« Tous ceux qui pourront apporter une contribution doivent le faire », pense aussi Hervé Marseille, « mais ça prouve bien que la réserve médicale, ça n’a pas marché. Je connais des médecins retraités qui se sont inscrits et qui n’ont jamais été appelés », raconte l’élu des Hauts-de-Seine. Selon Hervé Marseille, il faut aussi compter sur les « collectivités, qui peuvent répondre à cette demande pour la vaccination. Elles ont des salles et du monde à mettre à disposition ».

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