Covid-19 : « Une partie des députés a voté contre la santé des Français », déplore Agnès Firmin-Le-Bodo
Les oppositions de gauche et de droite ont réussi à faire sauter la possibilité d’un rétablissement du passe vaccinal aux frontières, principal article du projet de loi visant à maintenir certains dispositifs d’exception contre le covid-19. Invitée de notre matinale, la nouvelle ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé regrette l’absence de compromis sur « un sujet transpartisan ».

Covid-19 : « Une partie des députés a voté contre la santé des Français », déplore Agnès Firmin-Le-Bodo

Les oppositions de gauche et de droite ont réussi à faire sauter la possibilité d’un rétablissement du passe vaccinal aux frontières, principal article du projet de loi visant à maintenir certains dispositifs d’exception contre le covid-19. Invitée de notre matinale, la nouvelle ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé regrette l’absence de compromis sur « un sujet transpartisan ».
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Premier texte de la mandature et première défaite pour Emmanuel Macron. Le projet de loi sur le covid-19, le treizième examiné par le Parlement depuis le début de la crise sanitaire, n’a été que très partiellement adopté par l’Assemblée nationale dans la nuit de mardi à mercredi. Les oppositions ont réussi à faire sauter le principal article de ce court texte, visant à prolonger certaines des dispositions prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. En l’occurrence : la possibilité pour le gouvernement de rétablir le passe vaccinal aux frontières.

« C’est un échec pour la santé des Français. Une partie des LR s’est alliée avec le RN et la Nupes pour voter contre la santé des Français », a réagi la nouvelle ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, Agnès le Firmin-Le Bodo, qui était invitée ce jeudi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat. « Sur un sujet transpartisan, qui concerne tout le monde, sur un sujet comme celui-là, certains en ont profité pour faire une espèce de jeu contre le gouvernement », s’est-elle agacée. « L’objectif de ce texte était de donner au gouvernement ‘une possibilité de’- pas de rétablir [le passe vaccinal] – si un variant arrive à nos frontières ou à proximité de nos territoires d’outre-mer. Ce n’est pas contre le gouvernement qu’ont voté une partie des députés, c’est contre la santé des Français », martèle encore cette pharmacienne de profession.

Une majorité affaiblie

En commission, le texte avait pourtant fait l’objet d’avancées. Le gouvernement avait notamment accepté une échéance au 31 janvier des mesures proposées, au lieu du 31 mars prévu dans la version initiale. Dans l’hémicycle, il n’a manqué que 27 voix à la majorité pour faire adopter la possibilité d’un rétablissement des contrôles sanitaires aux frontières. Finalement, ce n’est qu’avec l’abstention des socialistes, et grâce aux votes de quelques LR, que le nouveau ministre de la Santé, François Braun, a pu faire passer le reste du projet de loi, par 221 voix contre 187. Une situation qui augure des difficultés que risque de rencontrer l’exécutif, privé de majorité absolue, dans les années à venir. « Nous sommes dans une situation où il manque encore des députés (22), puisque certains ont été nommés ministres », tient toutefois à nuancer Agnès le Firmin-Le Bodo. Ce texte doit désormais passer devant le Sénat.

Bientôt la réintégration des soignants non-vaccinés ?

Autre sujet abordé hier soir dans l’hémicycle, la situation des soignants non-vaccinés, à la faveur notamment d’une prise de parole du député RN Thomas Ménagé, qui a demandé leur réintégration. Plusieurs amendements portant sur cette question ont d’ailleurs été jugés irrecevables. Il y a plusieurs semaines, le gouvernement avait indiqué vouloir saisir la Haute Autorité de Santé (HAS) sur cette question. « En fonction des avis de la HAS et du Conseil d’éthique, nous travaillerons avec les syndicats et les professionnels pour savoir quelles réponses apporter », indique Agnès Firmin-Le Bodo. « Mais pour l’instant, la vaccination reste obligatoire », rappelle la ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
4min

Politique

Marine Le Pen peut-elle vraiment faire campagne sous bracelet électronique si elle décide d'être candidate ?

Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
2min

Politique

Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet, mais éligible en 2027, elle pourrait être candidate à la présidentielle

Coup de théâtre dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la Cour d’appel n’a pas suivi les réquisitions du parquet et a réduit la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen de 5 ans à 45 mois dont 30 mois avec sursis et à une peine de trois ans de prison ferme dont un an sous bracelet électronique. Elle pourrait donc être candidate à l’élection présidentielle.

Le

Paris : Session of questions to the government at the National Assembly
11min

Politique

Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet électronique, et à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis : le fil de la journée et les réactions politiques

A l’issue du délibéré, dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d’appel de Paris a revu à la baisse la condamnation de la députée RN. Condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, elle peut en théorie être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Or, Marine Le Pen a d’ores et déjà estimé qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne dans ces conditions. La décision d’être candidate lui revient.

Le