Création de places de prison : le Sénat dénonce l’hypocrisie du gouvernement
Le Sénat a adopté les crédits de la mission justice, lors de l’examen du projet de loi de finances 2019, non sans émettre de nombreuses critiques sur les orientations budgétaires du ministère.

Création de places de prison : le Sénat dénonce l’hypocrisie du gouvernement

Le Sénat a adopté les crédits de la mission justice, lors de l’examen du projet de loi de finances 2019, non sans émettre de nombreuses critiques sur les orientations budgétaires du ministère.
Public Senat GO&UP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sénateurs ont adopté ce samedi les crédits alloués au ministère de la Justice dans le cadre du projet de loi de finances 2019. Un vote qui ne vaut pas adhésion, puisque les critiques se sont multipliées notamment autour des fonds dédiés à l’administration pénitentiaire.

« Je déplore l’hypocrisie de l’annonce du programme de 15 000 places qui repose essentiellement sur des constructions engagées par des gouvernements précédents », s’est indigné le sénateur Les indépendants, Jean-Louis Lagourgue. Une critique partagée par son collègue des Républicains, François-Noël Buffet : « Le gouvernement a fait le choix de renoncer à l’engagement présidentiel de construire 15 000 places de prison pendant le quinquennat », renchérit-il. La promesse du candidat Emmanuel Macron est effectivement revue à la baisse avec la création de 7 000 places de prison d’ici 2022, au lieu des 15 000 initialement annoncées. François-Noël Buffet a rappelé que la situation dégradée des prisons pèse sur les surveillants pénitentiaires. « Il aurait fallu livrer au moins 9 500 nouvelles places de prison (…) le budget présenté ne répond pas à cette situation de crise », juge-t-il.

La réforme de l’aide juridictionnelle ajournée

Marie-Pierre de La Gontrie étrille le budget de la Justice
03:10

Si les sénateurs saluent globalement la hausse des crédits alloués à la Justice de 4,5 %, soit 313 millions d’euros, ils s’accordent à critiquer les orientations budgétaires du ministère. « La situation paradoxale dans laquelle se retrouve un certain nombre de mes collègues est sans doute due au fait que votre budget est en augmentation (…) Est-ce que pour autant les politiques menées par ce budget recueillent notre assentiment ? », a ainsi résumé la sénatrice socialiste, Marie-Pierre de La Gontrie. Selon elle, les questions de l’accès au droit, des délais, de l’aide aux victimes et de la justice des mineurs ne trouveront pas de réponses dans le plan budgétaire de la garde des Sceaux.

L’absence de réforme de l’aide juridictionnelle a largement été dénoncée mais l’amendement de l’ancien ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, visant à accroître les crédits au programme « Accès au droit et la justice » a été rejeté par les sénateurs. Pour autant, la ministre de la Justice a réaffirmé qu’elle engagerait, dès 2019, « une réflexion globale sur l’aide juridictionnelle avec les avocats et avec l’ensemble des parlementaires pour que des mesures concrètes puissent être affichées dans le budget 2020 ».     

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le