Crise au Venezuela : la France reconnaîtra Juan Gaido si de nouvelles élections ne sont pas convoquées
Ce jeudi, lors des questions au gouvernement du Sénat, un sénateur centriste a interpellé le Premier ministre sur la position de la France vis-à-vis de la crise au Venezuela. Édouard Philippe a également dû s’exprimer au sujet du retour des djihadistes français de Syrie

Crise au Venezuela : la France reconnaîtra Juan Gaido si de nouvelles élections ne sont pas convoquées

Ce jeudi, lors des questions au gouvernement du Sénat, un sénateur centriste a interpellé le Premier ministre sur la position de la France vis-à-vis de la crise au Venezuela. Édouard Philippe a également dû s’exprimer au sujet du retour des djihadistes français de Syrie
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Quasi simultanément à la libération de deux journalistes français après 24h de détention par les autorités vénézuéliennes, le Premier ministre a été interpellé par un sénateur centriste, Claude Malhuret, sur la position de la France vis-à-vis de la crise au Venezuela. Celui-ci attend d’Édouard Philippe qu’il clarifie sa position concernant l’actuelle situation politique dans ce pays d’Amérique latine. « Deux hommes se prétendent Président », rappelle le sénateur.

Le 23 janvier, le leader de l’opposition Juan Gaido s’est en effet proclamé président par intérim du Venezuela. Une place occupée depuis 2013 par Nicolas Maduro, « soutenu par de grandes démocraties comme la Russie et la Corée du Nord » ironise Claude Malhuret. En mai 2018, le « chaviste » a entamé un second mandat, alors que la crise économique et sociale ne cessait de prendre de l’ampleur. Des élections « qui ne répondaient à aucune des conditions essentielles de la démocratie » commente le Premier ministre.

Très vite, les États-Unis, le Canada et de nombreux pays d’Amérique latine ont reconnu Juan Gaido, jusqu’alors président de l’Assemblée nationale, comme président par intérim légitime du Venezuela. Le Parlement européen s’est joint au mouvement ce jeudi, et appelle l’Union européenne à faire de même.

Pour sa part, le Premier ministre rappelle que « le 26 janvier dernier, Emmanuel Macron a appelé à l’annonce dans un délai de 8 jours de la convocation de nouvelles élections ». « À défaut, nous reconnaîtrons en pleine coordination avec nos partenaires européens Juan Gaido comme président par intérim du Venezuela. »

Djihadistes français en Syrie : « Ils ne doivent pas revenir » selon un sénateur LR

Édouard Philippe a également eu à répondre au sénateur LR, Pascal Allizard, au sujet du retour au pays des djihadistes français de Syrie. Le Premier ministre a réaffirmé la position de l’exécutif à ce sujet : « Si ces personnes sont expulsées de Syrie et si elles venaient à être en contact avec les autorités françaises, elles seraient immédiatement arrêtées et soumises à la justice. » Et d’expliquer : « La décision unilatérale des États-Unis de se désengager militairement de Syrie a suscité chez les Kurdes des interrogations considérables et pourrait susciter décisions qui pourraient avoir pour effet, non pas de garder en détention les terroristes, mais de les relâcher, de les disperser. »

Le sénateur LR dénonce une « volte-face » du gouvernement, « marqueur de la faiblesse de la politique étrangère de la France au Levant ». Jusqu’ici, la France était en effet plutôt partisane d’un jugement « sur place ». Désormais, l’exécutif envisage de les remettre aux mains de la justice française. « Ils ne doivent pas revenir », martèle Pascal Allizard.

Partager cet article

Dans la même thématique

Crise au Venezuela : la France reconnaîtra Juan Gaido si de nouvelles élections ne sont pas convoquées
5min

Politique

Affaire Lyhanna : « Les hommes se servent, utilisent et abusent du corps des femmes et des enfants en toute impunité », dénonce la sénatrice Laurence Rossignol (PS)

À l’unisson de la gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol pointe ce vendredi, sur Public Sénat, le manque d’éducation et de prévention face aux violences masculines dans le sillage du meurtre de la jeune Lyhanna. Elle regrette le manque de moyens d’enquête pour les crimes sur enfants, mais n’appelle pas à la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin.

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le