Sylvie Robert en remet une couche. Mercredi, en commission de la culture, la sénatrice d’Ille-et-Vilaine dénonçait avec force le licenciement d’Olivier Nora. L’éditeur en chef de Grasset venait d’être licencié après vingt-six ans de service, remplacé dans la foulée par Jean Christophe Thiery, un proche de Vincent Bolloré. La sénatrice y voyait une « reprise en main brutale » du groupe Hachette, maison mère de Grasset, par le milliardaire breton.
Ce jeudi, place aux solutions, alors que 170 auteurs ont déjà annoncé vouloir mettre un terme à leur collaboration avec Grasset à la suite de ce coup de force. Dans un communiqué, Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour protéger les auteurs face « aux dérives qui accompagnent la concentration éditoriale et qui menacent la diversité littéraire ». Hachette, aux mains de Vincent Bolloré depuis 2023, est particulièrement visé.
Une clause pour quitter son emploi sans préavis
Concrètement, la proposition, qui devra être « discutée avec toutes les parties prenantes », vise à créer une clause de conscience applicable aux écrivains. L’idée est de répliquer la possibilité offerte aux journalistes d’activer une telle clause lorsque leur média change de ligne éditoriale dans un sens qui ne correspond plus à leur éthique.
La clause permet alors de quitter son emploi sans préavis et de bénéficier des mêmes indemnités qu’en cas de licenciement. Une protection mise en place pour protéger l’indépendance éditoriale des journalistes.
De quoi, d’après la sénatrice, « rappeler une double évidence : le lien de confiance entre auteurs et éditeurs est incontournable, et les auteurs sont au fondement de la valeur de l’acte de création. » Une façon aussi, dans l’immédiat, d’appuyer l’action en justice que plusieurs auteurs de Grasset veulent mettre en œuvre pour récupérer leurs droits.