Crise de croissance à La République en marche ?
Des adhérents claquent la porte, des critiques fusent contre le manque de démocratie interne: La République en marche, dont...

Crise de croissance à La République en marche ?

Des adhérents claquent la porte, des critiques fusent contre le manque de démocratie interne: La République en marche, dont...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

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Des adhérents claquent la porte, des critiques fusent contre le manque de démocratie interne: La République en marche, dont Christophe Castaner prendra les rênes samedi, semble connaître une crise de croissance six mois après l'élection d'Emmanuel Macron.

Officiellement, "il n'y a pas de sujet de démocratie interne" au sein de LREM, selon les termes de Benjamin Griveaux. Pour le secrétaire d'Etat, marcheur de la première heure, les cent adhérents qui ont annoncé leur départ pour dénoncer l'organisation "digne de l'Ancien régime" du parti ne forment que "l'épaisseur du trait" par rapport aux "386.000 adhérents".

Mais ces quelques déçus ne l'entendent pas de cette oreille. Dans leur tribune, ils dénoncent "le jeu des statuts, l'opacité des instances" d'un parti "sans ligne politique".

Ce manque de considération de la base, "on l'a observé dès les mois de mai-juin avec les désignations aux législatives, sans aucune consultation des adhérents. Ce sont des pratiques qui ressemblent à de la politique à l'ancienne", juge sur BFMTV l'un des signataires, Emmanuel Drouin, élu local dans le Maine-et-Loire.

"Je refuse ce faux procès sur un manque de démocratie", rétorque le secrétaire d'Etat Julien Denormandie. "Les statuts de La République en Marche, j'ai passé des heures à les coécrire avec d'autres. Ces statuts sont très démocratiques". "Le conseil national d'En marche est représenté à 25% directement par ses adhérents (tirés au sort, NDLR). Donnez-moi un autre parti politique où une telle représentation (...) est présente", a-t-il plaidé.

- 'vote à main levée ?' -

Ces accusations viennent s'ajouter aux critiques suscitées par l'adoubement par Emmanuel Macron de Christophe Castaner, seul candidat au poste de délégué général, en jeu samedi lors du "Conseil" du parti à Lyon.

Principal relais de la parole élyséenne, M. Castaner n'aura pas de concurrent. Si quatre listes sont en course pour former le bureau exécutif, toutes soutiennent le secrétaire d'Etat. Ce qui ne change rien au fait que la liste N.4 conduite par la députée Laëtitia Avia, de toute évidence composée par et pour M. Castaner, semble sur une voie royale.

Dans ce contexte, une partie des députés LREM ne semble guère pressée de participer à la grand-messe lyonnaise. "Assez logique en somme" vu le "caractère un peu formel et prévisible de l'issue des votes", "les engagements en circonscription, les attaques dans la presse sur le fait que nous ne sommes pas assez sur le terrain" et "les semaines chargées que nous enchaînons sur le budget", décrit la députée de l'Isère Cendra Motin.

Mme Motin a "bon espoir" de réunir le quorum de 25% de membres du Conseil du parti pour pouvoir solliciter un vote à bulletins secret, point de cristallisation en interne des derniers jours, également réclamé par d'autres listes. Une demande "constructive" pour "renforcer la légitimité de nos instances", a-t-elle expliqué à l'AFP. "Je préfère d'une manière générale le vote à main levée", "on sait qui assume quoi", juge le chef de file des marcheurs au Sénat, François Patriat.

Par ailleurs, la direction provisoire du parti, créé en avril 2016, et Christophe Castaner ont accédé aux demandes d'organiser un débat jeudi entre les différents représentants.

"Mouvement" politique qui refuse obstinément l'appellation de parti, désireux plus que tout de ne pas reproduire les frondes socialistes du précédent quinquennat, La République en marche avait déjà du essuyer des critiques pour sa quasi-absence dans le débat public, en plus des accusations d'amateurisme portées contre sa majorité pléthorique, en grande partie composée de novices à l'Assemblée nationale.

Difficile, en outre, pour ses dirigeants eux-mêmes, de discerner le nombre réels de militants encore actifs sur les 386.000 personnes ayant fait acte d'adhésion, gratuit et réalisable en quelques clics sur internet. "Nous avons gagné 166.000 adhérents depuis la présidentielle", dit Benjamin Griveaux. "Il n'y a pas 350.000 membres actifs mais je suis convaincu qu'il y en a bien 100.000", avance M. Patriat.

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