Crise de la réforme des retraites : le RN serait le principal gagnant, selon la Fondation Jean Jaurès
Dans une note, la Fondation Jean Jaurès tente de faire un état des lieux des dynamiques des différentes formations politiques après l’adoption par le Parlement de la réforme des retraites. Parmi les partis politiques, seul le Rassemblement national semble tirer un avantage de cette crise politique et sociale.

Crise de la réforme des retraites : le RN serait le principal gagnant, selon la Fondation Jean Jaurès

Dans une note, la Fondation Jean Jaurès tente de faire un état des lieux des dynamiques des différentes formations politiques après l’adoption par le Parlement de la réforme des retraites. Parmi les partis politiques, seul le Rassemblement national semble tirer un avantage de cette crise politique et sociale.
Henri Clavier

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A travers une note d’Antoine Bristielle, la fondation Jean Jaurès reprend le sondage réalisé par l’institut Ifop et imagine les votes si de nouvelles élections législatives devaient avoir lieu dans les semaines qui viennent. Une hypothèse pas si folle tant la situation politique semble verrouillée. On observe trois situations très diverses en fonction des blocs étudiés.

En reprenant le cas du mouvement des Gilets Jaunes et ses conséquences sur les élections européennes, Antoine Bristielle établit l’existence d’un lien durable entre crise sociale et représentation politique. « La façon dont un parti est impacté au moment d’une crise sociale et politique n’est pas quelque chose d’anodin et a une incidence sur les résultats électoraux du parti sur le moyen terme », affirme Antoine Bristielle.

« Les Français imputent au gouvernement et à Emmanuel Macron la responsabilité principale de la crise »

Assez logiquement, Renaissance décroche par rapport à ses adversaires politiques et paye une séquence politique extrêmement tendue. Par rapport à juin 2022, la majorité présidentielle perd 4 points d’intention de votes. Une courbe qui suit logiquement celle de la popularité d’Emmanuel Macron. Surtout, on constate une véritablement déception au sein de l’électorat d’Emmanuel Macron, un affaissement assez rare pour être souligné dans la mesure où, après la crise des Gilets Jaunes, la base électorale d’Emmanuel Macron s’était consolidée. Ainsi, 19 % de ses électeurs au premier tour affirment regretter d’avoir voté pour le président sortant.

Enfin, la structure même de l’électorat macroniste semble touchée. Les intentions de vote baissent (ou sont stables) pour toutes les catégories d’âge avec seulement 12 % d’intentions de vote chez les moins de 35 ans (-4 points). Une chute que l’on retrouve dans plusieurs catégories socioprofessionnelles comme les artisans, où la majorité présidentielle chute à 18 % (-10), mais aussi chez les employés avec -11 points de pourcentage. Un décrochage amplifié logique selon la note qui pointe la responsabilité d’Emmanuel Macron dans la crise sociale et politique. « D’une part, les Français imputent au gouvernement et à Emmanuel Macron la responsabilité principale de la crise que nous traversons aujourd’hui et non aux autres acteurs politiques et syndicaux engagés ».

« Les intentions de vote pour le Rassemblement national augmentent de 7 points »

C’est le Rassemblement national qui tire un important profit de cette séquence politique malgré la faible intensité de son opposition à la réforme des retraites. La fondation Jean Jaurès met en lumière des « intentions de vote pour le Rassemblement national augmentant de 7 points si de nouvelles élections législatives devaient avoir lieu ». La note insiste sur la capacité du discours du Rassemblement national à toucher les classes actives de la population avec une progression de 9 points chez les 35-49 ans (32 %) et de 8 points chez les 50-64 ans (31 %).

Par ailleurs, le Rassemblement national enregistre une progression au sein de l’ensemble des catégories socio-professionnelles avec désormais 29 % d’intentions de vote chez les artisans (+14 %). Le parti d’extrême droite enregistre également une forte augmentation parmi les professions intermédiaires pour atteindre 28 % (+12).

Nupes, une stabilité discutable

Alors que la Nupes s’est fortement opposée à la réforme des retraites, les intentions de vote restent stables. Une stabilité en trompe-l’œil selon la Fondation Jean Jaurès qui identifie une augmentation importante chez les cadres (+9 points) pour atteindre 37 % d’intentions de vote. Le pourcentage d’intentions de vote chez les ouvriers (22 %) baisse de 6 points. Une évolution analysée comme un renforcement de la position du Parti Socialiste et d’Europe Écologie-Les Verts au sein de la Nupes alors que la France insoumise se démarque, traditionnellement par un électorat plutôt populaire.

 

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