Pour Olivier Barreau, président de l’entreprise Grain de Sail, ça a commencé comme une évidence. Sur le plateau de Dialogue citoyen, il raconte comment l’idée a germée il y a plus de 15 ans : « Nous souhaitions reconstruire des navires marchands à la voile comme au début du siècle dernier, mais plus modernes et plus performants ».
D’abord torréfacteur de café, puis chocolatier, l’entreprise née à Morlaix en 2012, décide de créer sa propre flotte pour transporter ses produits. Un premier cargo à voile de 24 mètres est d’abord construit puis un second bateau de 52 mètres. L’entreprise exporte des produits français vers les États-Unis et les bateaux reviennent les cales chargées de matières premières pour élaborer leurs recettes de café et chocolats.
Un troisième navire de 150 mètres, capable de transporter des conteneurs, verra bientôt le jour pour permettre aux entreprises qui le souhaitent de décarboner, à leur tour, leurs transports. Un mode de transport qui permet de diviser par mille les émissions par rapport à un avion et par dix par rapport aux meilleurs navires marchands fonctionnant à l’énergie fossile.
La crise est d’une logique absolue, elle nous pendait au nez depuis des années
L’entrepreneur breton le rappelle : « nous rentrons dans un monde de plus en plus instable, il va falloir basculer d’un mode de vie et de production basé sur la performance à un mode basé sur la robustesse. »
Pour Audrey Linkenheld, sénatrice socialiste du Nord, un certain nombre de choses qu’on a connues doivent être revues. Elle rappelle que contrairement au pétrole, le vent est une ressource illimitée. Pour elle, « il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais ceux qui engagent leurs entreprises dans le bas carbone le savent bien, il faudra passer de la compétition à la coopération ».
C’est une filière qui est leader mondial
Olivier Barreau rappelle que la France a aujourd’hui de grandes capacités techniques. « Il y a un vrai savoir-faire dans notre pays pour concevoir et construire ces grands navires marchands à la voile Avant d’interroger : Comment faire pour rendre cette filière robuste et éviter que son avance technologique ne disparaisse ?
Pour conclure, Sophie Primas, sénatrice Les Républicains des Yvelines, se dit optimiste. Elle rappelle la place occupée par les Chantiers de l’Atlantique mais aussi de l’armateur CMA-CGM, champions dans leurs catégories qui eux aussi essaient de passer à la voile et au gaz naturel liquéfié.
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