Crise politique : « Il y a urgence à nommer un Premier ministre », estime Bruno Retailleau

A la sortie du comité stratégique du parti, le président de LR Bruno Retailleau a pressé le chef de l’Etat de nommer rapidement un Premier ministre. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire a également esquissé les propositions qui conditionneront le maintien de sa formation politique au gouvernement qui ne sera « pas automatique », prévient-il.
Simon Barbarit

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Les cadres des Républicains étaient réunis ce matin pour un conseil stratégique au siège du parti en face du Palais Bourbon qui a vu, lundi soir, le Premier ministre, François Bayrou chuter lourdement. 364 députés ont voté contre la confiance de son gouvernement, 194 pour et 15 abstentions.

Avec 7 ministres au gouvernement, la droite a renoué depuis un an avec l’exercice du pouvoir et écarté « la menace de la disparition » comme le reconnaissait Bruno Retailleau devant 250 adhérents lors du Congrès du parti ce week-end. Mais au lendemain de la chute annoncée du Premier ministre centriste, pas vraiment en odeur de sainteté dans les rangs de la droite, le ministre de l’Intérieur a souhaité prendre de la hauteur devant les caméras.

« Ce qui est important, ce n’est pas l’intérêt pour un parti. Ce qui se joue c’est l’intérêt pour notre nation, pour la France, qui n’a pas besoin de déstabilisation », a-t-il énoncé en faisant référence à la journée de mobilisation « bloquons tout » du 10 septembre. « Monsieur Mélenchon et ses amis veulent créer un climat insurrectionnel. Il y aura une possible dégradation de la note française (par l’agence de notation Fitch le 12) et ensuite l’intersyndicale le 18. On est dans un mois de septembre propice à tous les débordements », a-t-il alerté.

« Il ne doit pas y avoir de pouvoir vacant »

Dans ces conditions, Bruno Retailleau estime « qu’il y a urgence à nommer un Premier ministre ». « Il ne doit pas y avoir de pouvoir vacant […] Il faut un Premier ministre et surtout, il faut un budget » […] Oui, le temps urge », a-t-il ajouté.

Sans s’avancer sur le casting, le patron de la droite a réaffirmé sa préférence de voir le successeur de François Bayrou être issu du « socle commun ».

Alors qu’aucune formation politique n’a la majorité à l’Assemblée nationale ce qui fait planer le risque pour chaque gouvernement de tomber à la première motion de censure, Bruno Retailleau croit « comme le général de Gaulle, qu’il existe, au-delà des partis, une majorité nationale ». Des Français de droite comme de gauche qui veulent, selon lui « une politique de bon sens ». « Ils veulent que le travail soit mieux payé en France, plus de sécurité, moins d’immigration ». En fin de journée, le bureau politique formulera des propositions dans ce sens en vue d’un contrat de gouvernement que le parti proposera au prochain exécutif.

 

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