Crise politique : Les Républicains posent leurs conditions avant toute discussion avec Lecornu

Invité de la matinale de Public Sénat, le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi a confirmé une rencontre prochaine entre Bruno Retailleau, qui a claqué la porte du gouvernement, et Sébastien Lecornu. Un tête-à-tête sans les partenaires du socle commun, précise l’élu.
Louis Dubar

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Les Républicains participeront aux « ultimes négociations » menées par le Premier ministre démissionnaire à la demande d’Emmanuel Macron, mais à leurs propres conditions, affirme le sénateur Roger Karoutchi. « Bruno Retailleau a clairement dit qu’il irait rencontrer Sébastien Lecornu », confie l’élu Les Républicains, en précisant que cette entrevue se tiendra sans les partenaires du socle commun. Le patron des Républicains « a dit qu’il voulait une rencontre particulière, en tête-à-tête », ajoute Roger Karoutchi.

Le parlementaire dénonce une méthode gouvernementale qu’il juge confuse. « Ça suffit, ces grands messes où l’on fait venir tout le monde pour ne rien dire, et surtout quand personne n’est plus informé en sortant qu’en entrant », s’agace-t-il. Présentées comme devant aboutir à une « plateforme d’action » pour la stabilité du pays, ces discussions pourraient, selon lui, tourner court. « Ces négociations sont d’autant plus compliquées qu’on a, d’un côté, une Assemblée nationale ingérable et, de l’autre, un président qui veut garder la main », souligne le sénateur.

La porte reste entrouverte

Pour autant, le sénateur ne ferme pas complètement la porte à une participation gouvernementale de la droite. Les Républicains, affirme-t-il, sont prêts à assumer leurs responsabilités, mais à condition que les bases d’un véritable contrat politique soient posées. « Le sujet n’est pas de savoir si le Premier ministre est issu du socle commun ou des Républicains, mais sur quel projet, pour quoi faire, et avec quelle liberté de manœuvre totale », résume-t-il.

Roger Karoutchi rappelle que son parti a déjà su, par le passé, travailler avec d’autres sensibilités politiques. « Ce n’est pas fini […]. Nous sommes revenus au gouvernement avec Michel Barnier, nous sommes restés avec François Bayrou, et, que je sache, les ministres LR ont fait leur œuvre », souligne-t-il, défendant une droite de responsabilités. Mais, selon lui, tout dépend désormais de l’attitude du président de la République. « Il y a une crispation autour du chef de l’État. S’il acceptait enfin le partage du pouvoir avec le Parlement, qu’il préside sans chercher à imposer ses vues ni à verrouiller le gouvernement, cela ouvrirait de réelles possibilités », conclut le sénateur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of France’s Justice Minister Gerald Darmanin at National Assembly
9min

Politique

Moratoire, quotas, OQTF…  Pourquoi le plan de Gérald Darmanin pour « tarir l'immigration » se heurte à la Constitution et au droit européen

Dans une interview fleuve au Journal du Dimanche, le ministre de la Justice explique vouloir refonder la politique migratoire. Il reprend pour partie des mesures déjà défendues par la majorité sénatoriale de droite et du centre, mais dont la faisabilité et la constitutionnalité questionnent. De son côté, la gauche lui reproche d’entretenir à dessein « l’idée d’une submersion ».

Le

Encyclical by Pope Leo XIV
6min

Politique

Encyclique du pape Léon XIV : « Une mise en garde contre la culture de la performance et de l’optimisation permanente »

Dans l'encyclique « Magnifica Humanitas » (Humanité magnifique) publiée ce lundi, le pape Léon XIV a appelé, dans son premier texte majeur, à « désarmer » l'intelligence artificielle (IA) pour « l'empêcher de dominer l'humain ». Pour Éric Salobir, président de la Human Technology Foundation et expert dans les nouvelles technologies auprès du Saint-Siège, il s’agit d’un nouveau chapitre important de la doctrine sociale de l’Église. Entretien.

Le

Crise politique : Les Républicains posent leurs conditions avant toute discussion avec Lecornu
3min

Politique

Présidentielle : « Il n’y aura qu’un seul candidat du bloc central et ça sera Édouard Philippe », veut croire Naïma Moutchou (Horizons)

Invitée de notre matinale, la ministre des Outre-mer est revenue sur le dernier baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale qui place son candidat, Édouard Philippe, au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon. Naïma Moutchou estime que le maire du Havre a une longueur d’avance sur ses concurrents et s’imposera comme candidat du bloc central.

Le