Crise politique : « On peut faire en sorte d’avoir une coalition technique pour les 18 derniers mois qui restent avant la présidentielle », soutient Xavier Iacovelli

« Je ne pense pas qu’une dissolution apportera plus de stabilité. On voit bien qu’on serait à peu près dans le même blocage », affirme le sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine, invité de Parlement Hebdo avec le député RN Thomas Ménagé.
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Alors que toute la classe politique est en suspens, dans l’attente de la nomination d’un premier ministre, qui pourrait arriver ce vendredi, le sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine, Xavier Iacovelli, et le député RN du Loiret, Thomas Ménagé, étaient les invités de Parlement hebdo, ce vendredi, sur Public Sénat et LCP-AN.

Fidèle à la ligne du RN, le porte-parole du groupe RN de l’Assemblée affirme que « maintenant qu’il y a la possibilité constitutionnelle de retourner devant les urnes, la seule solution, c’est la dissolution », pour sortir de la crise.

« Je ne pense pas qu’une dissolution apportera plus de stabilité. On voit bien qu’on serait à peu près dans le même blocage », pense au contraire Xavier Iacovelli. « Malgré l’instabilité, vous avez beaucoup légiféré. Il y a eu des lois qui ont été votées, on a réussi à trouver des accords. Je pense qu’on peut faire en sorte d’avoir une coalition technique peut-être pour les 18 derniers mois qui restent avant l’élection présidentielle », propose le vice-président RDPI du Sénat (voir la vidéo).

« Au sein même du bloc central, il y a un manque de loyauté », raille Thomas Ménagé

Mais le bloc central lui-même se divise. Interrogé sur Edouard Philippe, qui a parlé de présidentielle anticipée, le sénateur des Hauts-de-Seine pense que l’ex-premier ministre « a la volonté de prendre ses distances. Les ambitions présidentielles peuvent vous laisser dire quelques mots qu’on peut regretter après ». Lui n’aurait « pas utilisé ces propos ». « Au sein même du bloc central, il y a un manque de loyauté, même entre eux », raille Thomas Ménagé, « ils lâchent Emmanuel Macron, ils le mettent dans le fossé pour essayer d’avancer ».

Le sujet majeur du moment est aussi le budget, qui risque de ne pouvoir être adopté dans les temps. « Si la loi de financement de la Sécurité sociale n’est pas votée avant le 31 décembre, le déficit, qui était prévu à 17 milliards d’euros, sera de 30 milliards d’euros », alerte Xavier Iacovelli, qui est également président de Démocrates & progressistes (ex-Territoires de progrès), parti allié à Renaissance.

Echange tendu sur le budget

« On va refaire le même cinéma que l’année dernière (si le budget n’est pas adopté), on va nous dire qu’on est irresponsable. […] Mais décaler de deux mois et prolonger le budget de l’année dernière ne va pas être catastrophique », soutient le député RN. « Vous savez combien ça a coûté le décalage et la loi spéciale l’année dernière ? 100 millions de déficits supplémentaires par jour », rétorque Xavier Iacovelli, « je veux bien que vous racontiez n’importe quoi… » « Vous n’allez pas me donner des leçons », a répondu Thomas Ménagé, dans cet échange tendu.

Opposition aussi sur la question de la suspension de la réforme des retraites. Le sénateur Renaissance s’y oppose, alors que le député RN y est « bien entendu » favorable. Quant à la question de la taxation des plus riches, Xavier Iacovelli pense qu’« on peut trouver un compromis avec l’ensemble de l’Assemblée et des forces politiques sur une taxation supplémentaire sur les plus hauts revenus, qui ne soit pas la taxe Zucman ».

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