Crise sanitaire : « C’est au ministère de l’Intérieur de gérer la crise », estime Frédéric Péchenard
Le vice-président de la région Île-de-France, invité de la matinale de Public Sénat, estime que le problème majeur de la crise sanitaire est logistique, et qu’il appartient au ministère de l’Intérieur de la gérer pour plus d’efficacité.

Crise sanitaire : « C’est au ministère de l’Intérieur de gérer la crise », estime Frédéric Péchenard

Le vice-président de la région Île-de-France, invité de la matinale de Public Sénat, estime que le problème majeur de la crise sanitaire est logistique, et qu’il appartient au ministère de l’Intérieur de la gérer pour plus d’efficacité.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les Français ont-ils dépassé leur seuil d’acceptabilité dans cette crise sanitaire ? Tandis que plusieurs pays voisins, comme les Pays-Bas, durcissent leurs mesures face à l’épidémie de covid-19, des épisodes d’émeutes se multiplient pour protester contre les décisions des dirigeants. « Les Français ont très bien réagi face à cette pandémie, depuis un an qu’on est très contraints dans nos activités. Mais petit à petit l’acceptabilité s’érode et il n’est pas impossible que l’on doive faire face à des scènes similaires, d’autant qu’on avait mis beaucoup d’espoir dans le vaccin et cet espoir s’amenuise », estime, ce mercredi, Frédéric Péchenard, vice-président de la région Île-de-France, invité de la matinale de Public Sénat. Pour l’ancien dirigeant de la police nationale, il est urgent que l’exécutif envoie un message clair en matière de gestion de crise. « Il faut éviter cette impression de décisions prises au jour le jour », estime-t-il. « Il fait arrêter les allers-retours permanents. Nous avons besoin qu’un cap soit tracé jusqu’à la sortie de crise, pour croire en la parole publique. »

Et, selon Frédéric Péchenard, le ministère de la Santé n’est pas le meilleur acteur pour prendre en main la gestion de crise. « C’est une erreur stratégique de confier cette mission à un ministère qui n’y est pas préparé », estime-t-il. En France, nous avons deux ministères capables de gérer des crises : le ministère de la Défense, et le ministère de l’Intérieur. Je pense qu’il appartient au ministère de l’Intérieur de gérer cette crise. » Pour l’élu régional, la résolution de la crise sanitaire est liée à la logistique. « Le ministère de l’Intérieur a à sa disposition des préfets, présents dans tous les départements, qui permettent un maillage territorial. Ils ont sous leurs ordres les moyens humains et techniques de faire de la logistique. Car si c’est une crise sanitaire, nous avons besoin, s’agissant des masques ou de la vaccination, d’une chaîne logistique. Il faut mobiliser les préfets et sous leur autorité la totalité des services de l’Etat avec la police, les pompiers et la gendarmerie. » Une solution qui permettrait, selon lui, d’éviter « de créer une sensation d’impréparation et de faiblesse de l’Etat, préjudiciable psychologiquement. »

Une réserve de la police nationale

Interrogé sur le Beauvau de la sécurité, qui doit débuter le 1er février prochain, Frédéric Péchenard estime que cela « permettra de poser les bonnes questions sur les missions et les moyens que l’on souhaite donner aux forces de l’ordre ». « Je vois deux axes principaux », avance l’ancien directeur de la police nationale. « D’abord, la question de la communication de la police, sur laquelle il faut travailler. Cela contribuera à renforcer la confiance de la population dans la police. Ensuite, je souhaiterais que l’on crée une vraie réserve opérationnelle. Aujourd’hui la réserve de la police, ce ne sont que d’anciens policiers. J’ai vu la réserve de l’armée ou des jeunes Français s’engagent donnent de leur temps et font l’honneur de l’armée française et je voudrais qu’on ait exactement la même chose pour la police », réclame Frédéric Péchenard.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Crise sanitaire : « C’est au ministère de l’Intérieur de gérer la crise », estime Frédéric Péchenard
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Second round legislative election-Dijon
11min

Politique

Sondages : pour les municipales, « un exercice vraiment plus difficile » pour les sondeurs

Les sondages sont-ils fiables pour les municipales ? C’est la question qui se pose après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le

Lebanon Israel Iran
4min

Politique

Frappes israéliennes à Beyrouth : « Les Libanais ont compris que ce n’était que le début »

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.

Le