Sécurité, emploi, logement, éducation…: critiqué pour son manque d'ambition, le gouvernement a présenté mercredi sa feuille de route pour les ...
Critiqué pour son manque d’ambition, le gouvernement défend sa politique pour les quartiers
Sécurité, emploi, logement, éducation…: critiqué pour son manque d'ambition, le gouvernement a présenté mercredi sa feuille de route pour les ...
Par Eve SZEFTEL
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Sécurité, emploi, logement, éducation…: critiqué pour son manque d'ambition, le gouvernement a présenté mercredi sa feuille de route pour les "territoires en décrochage", défendant une "politique globale" et "au centre de l'agenda" du président Macron depuis son élection.
"Jusqu'à présent on parlait souvent des quartiers après qu'un drame s'est déroulé. Il s'avère que le président de la République, très tôt, dès qu'il a été élu, a mis les quartiers au centre de l'agenda de ce gouvernement", a affirmé Julien Denormandie, le secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des Territoires, à la sortie du Conseil des ministres.
Baisse des dotations, fin des emplois aidés: alors qu'il s'était déclaré candidat à Bobigny (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Macron a pu donner l'impression une fois au pouvoir de tourner le dos aux quartiers populaires pour ne plus s'intéresser qu'à la France rurale. En novembre à Tourcoing, puis le 22 mai à l’Élysée, le président avait fixé le cap de sa politique pour les quartiers, qui a été présentée mercredi à Matignon.
A sa suite, le ministre Jacques Mézard a défendu une "politique globale qui se déclinera de manière interministérielle", et qui vise à rétablir "l'équité" entre les Français dans tous les domaines de la vie.
Une politique, a insisté le ministre, qui s'adresse aussi bien aux 5,6 millions d'habitants des 1.500 quartiers politique de la ville (QPV) de métropole et d'Outre-mer qu'à ceux des zones rurales enclavées, le terme "banlieue" ayant disparu du langage officiel.
Du rapport remis en avril par Jean-Louis Borloo, le gouvernement a repris la proposition de conforter l'action des associations ayant fait leur preuve sur le terrain, par la création d'un fonds de 15 millions d'euros et la revalorisation du statut des travailleurs sociaux.
Autre piste, encore au stade de la réflexion: confier au Parlement le soin d'évaluer les politiques publiques pour s'assurer qu'elles ne traitent pas les territoires de manière discriminatoire, à défaut de la "cour d'équité territoriale" appelée de ses voeux par Jean-Louis Borloo.
- 15.000 contrats de travail -
Pas de chiffrage global. Les crédits de la politique de la Ville (430 millions d'euros) seront sanctuarisés, a assuré M. Mézard. De toute façon, il faut "sortir du prisme budgétaire" et étatique, a poursuivi M. Denormandie, relevant que "les stages de 3e, ce n'est pas une question de budget" et qu'à côté de l’État, les entreprises, les bailleurs sociaux ou les associations ont eux aussi un rôle à jouer.
Le président français Emmanuel Macron et l'ancien ministre de l'Environnement Jean-Louis Borloo, chargé d'un rapport sur les quartiers, à l'Elysée le 22 mai 2018
POOL/AFP/Archives
Pas de mesure nouvelle, la feuille de route récapitulant des mesures déjà en cours d'exécution, telles que la police de sécurité du quotidien (PSQ), le dédoublement des classes de CP et les emplois francs, ou déjà annoncées.
C'est le cas d'un bonus de 1.000 euros par place de crèche, destiné aux communes qui n'ont pas les moyens de financer la création de ce mode de garde collectif qui favorise le travail des femmes. C'est aussi le cas de la prime annuelle de 1.000 euros pour les personnels exerçant en REP+ (réseaux d'éducation prioritaire renforcés), une promesse de campagne du président qui a fait l'objet d'une communication début juillet.
Alors que 35% des jeunes des QPV sont au chômage, le président Macron veut enrôler les 120 plus grandes entreprises françaises dans la lutte contre ce fléau. Plus d'une vingtaine d'entre elles ont déjà signé un pacte avec le gouvernement, s'engageant à offrir places de stage, d'apprentis, voire des contrats. Mercredi, la Fédération française du bâtiment a donné l'exemple en offrant 15.000 contrats de travail à des jeunes et demandeurs d'emplois issus des QPV, ainsi qu'à des migrants.
Autre point noir, le logement. La rénovation urbaine, à l'arrêt, a vu son financement doubler à 10 milliards, Action logement et les bailleurs supportant désormais l'essentiel de la charge financière. Le gouvernement veut aussi favoriser la "mixité sociale" en mettant fin à la concentration des demandeurs de logement social les plus modestes dans les QPV, sans plus de détails pour le moment.
Faut-il se méfier des sondages pour les municipales ? Durant la campagne, la question s’est posée après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.
La veille du second tour, les candidats ont l’interdiction de continuer leur campagne électorale et sont donc astreints au silence. Cette interdiction s’applique également à leurs équipes : ils ont ainsi interdiction de diffuser des tracts, de tenir un meeting ou de communiquer sur les réseaux sociaux.
De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?
La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.