Culture : les propositions des candidats

Culture : les propositions des candidats

Budget, accès à la culture, statut des intermittents du spectacle, loi Hadopi, conservation du patrimoine culturel, rayonnement de la France à l’étranger… Les propositions des principaux candidats à la présidentielle en matière de culture sont nombreuses. Tour d’horizon de leurs mesures phares.
Public Sénat

Par Alice Bardo

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« La culture partout, par tous et pour tous » de Benoît Hamon

Le candidat socialiste Benoit Hamon dans les studios d'Aubervilliers, le 20 mars 2017
Le candidat socialiste Benoit Hamon dans les studios d'Aubervilliers, le 20 mars 2017
POOL/AFP

Le candidat socialiste à la présidentielle veut consacrer 1%  du PIB à la culture et associer plus étroitement les collectivités locales pour « lutter contre les inégalités entre les territoires ». Il souhaite également promouvoir les arts dans le domaine de l’éducation, notamment en invitant des artistes dans les établissements scolaires, et que la culture investisse l’espace public, en soutenant la création de « Fabriques de culture » sur tout le territoire. L’ancien ministre de l’Education veut aussi créer un Passeport culture pour les jeunes de 12 à 18 ans. En outre, il veut mettre en ligne les collections patrimoniales publiques.

Concernant les emplois dans la culture, le candidat veut créer un statut de l’artiste pour protéger tous ceux qui n’ont pas accès à l’intermittence. « Je veux que les artistes prennent toute leur place dans la société », affirme t-il dans son programme présidentiel. La création d'un visa artiste « pour favoriser les échanges culturels avec le monde » est une autre de ses mesures.

Benoît Hamon s’est engagé à faire adopter une loi antitrust, dont l’objectif serait de limiter à 40% les parts d’un groupe dans un média et à 20% lorsqu’il détient plus de deux médias. S’ajoutent à ces mesures une exigence de transparence, puisque tous les médias devront publier le nom de leurs propriétaires. Par ailleurs, le candidat veut supprimer la publicité à la télévision publique.

Enfin, s’il est élu, l’ancien ministre prévoit de créer une journée annuelle « Rue libre pour la culture », ainsi qu’un « Palais de la langue française ».

« La France qui créé et qui rayonne » de Marine Le Pen

Marine le Pen avant le débat TV sur TF1 le 20 mars 2017 à Aubervilliers
Marine le Pen avant le débat TV sur TF1 le 20 mars 2017 à Aubervilliers
POOL/AFP

La candidate FN prévoit une réforme, celle du Conseil supérieur de l’audiovisuel, avec la création de trois collèges (représentants de l’Etat, de la société civile et professionnels), et veut créer une carte professionnelle pour les intermittents du spectacle.

Concernant l’éducation, la candidate frontiste souhaite lancer un « Grand Plan national de création de filières des métiers d’art ».

Dans son programme, Marine Le Pen marque son attachement au patrimoine français. Elle tient à ce que les palais et bâtiments nationaux restent dans le patrimoine français et compte augmenter le budget alloué à leur entretien de 25%.

La député européenne veut créer une plate-forme numérique pour développer le mécénat populaire.

Pour finir, elle veut supprimer Hadopi et mettre en place une licence globale.

François Fillon veut « réduire la fracture culturelle »

François Fillon le 16 mars 2017 à Paris
François Fillon le 16 mars 2017 à Paris
AFP/Archives

Le candidat LR veut que la culture occupe une place plus importante dans les programmes scolaires. 

S’agissant du patrimoine national, il souhaite « faire entrer les musées dans l’ère numérique » et veut investir 2 milliards d’euros pendant son mandat dans le cadre d’un plan « Patrimoine pour tous » pour restaurer les monuments historiques et les objets d’art. Il veut également donner un rôle plus important à la Fondation du Patrimoine et renforcer ses moyens.

François Fillon entend également soutenir l’accès à la culture en élargissant les horaires d’ouverture des établissements culturels, en soutenant les librairies indépendantes, « poumons culturels des centres villes ou des quartiers » et en optimisant l’offre de l’audiovisuel public.

L'ancien Premier ministre souhaite conserver Hadopi et préserver le régime des intermittents du spectacle.

Enfin, il veut lancer un grand projet européen en créant un lieu dédié à l’art européen basé à Strasbourg, qui disposerait d’un fonds propre pour acquérir des œuvres d’art afin de pallier le manque de moyens des Etats membres.

Favoriser l’accès la culture, la priorité de Jean-Luc Mélenchon

Le chef de file de
Le chef de file de "La France insoumise" Jean-Luc Melenchon lors de la manifestation à Paris pour la 6e République, le 18 mars 2017 à Paris
AFP

Comme Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon veut consacrer 1% du PIB chaque année à la culture Autre point commun, mais cette fois-ci avec Marine Le Pen, le candidat d’extrême gauche veut supprimer Hadopi. Toutefois, contrairement à la candidate, il ne veut pas mettre en place une licence globale, mais instaurer une cotisation universelle sur les abonnements internet ouvrant droit au téléchargement non marchand et créer un service public de l’internet ainsi que d’une médiathèque publique en ligne. Enfin, il souhaite étendre le régime des intermittents aux professions artistiques précaires.

Emmanuel Macron, en marche vers les jeunes

Emmanuel Macron à son arrivée pour le débat sur le plateau de TF1, le 20 mars à Aubervilliers
Emmanuel Macron à son arrivée pour le débat sur le plateau de TF1, le 20 mars à Aubervilliers
POOL/AFP

Parmi les grands mesures proposées par le candidat d’ « En marche ! » en matière de culture, il y a notamment l’ouverture des bibliothèques le soir et le dimanche ainsi que la création d’un Pass culture d’une valeur de 500 euros pour tous les jeunes de 18 ans.

Concernant les professionnels du milieu culturel, Emmanuel Macron veut pérenniser le statut d’intermittent du spectacle et revoir la formation initiale des artistes.

L'ancien ministre de l'Economie veut également créer un fonds d’investissement de 200 millions d’euros pour soutenir la création.

Au niveau européen, il veut créer les conditions de l’émergence d’un « Netflix européen » et lancer un Erasmus des professionnels de la culture.

Dans son programme, il affirme souhaiter protéger l’indépendance éditoriale des médias d’information  en créant un nouveau statut de l’entreprise de presse. Le candidat veut aussi réduire le nombre de chaines du service public et accélérer la transformation numérique du secteur public de l’audiovisuel.

Il prévoit également une dotation pour promouvoir le patrimoine culturel français.

Enfin, Emmanuel Macron souhaite que, lorsqu’ils s’implantent sur le territoire français, les grand acteurs du numérique paient les mêmes impôts et soient soumis aux mêmes obligations que leurs homologues nationaux.

Nicolas Dupont-Aignan, le patrimoine avant tout

Le candidat de Debout la France à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, le 9 mars 2017 à Paris
Le candidat de Debout la France à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, le 9 mars 2017 à Paris
AFP/Archives

En tête de son programme en matière de culture, le candidat de Debout la France informe qu’il compte consacrer 1% du budget de l’Etat à la culture, dont la moitié serait consacrée aux équipements publics dédiés à la création artistique.

Tout comme François Fillon et Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan a prévu plusieurs mesures pour préserver le patrimoine. 400 millions d’euros seront consacrés à son entretien et sa restauration, soit bien moins que le candidat LR. Il veut également créer un portail unique des données culturelles publiques numérisées pour « faciliter leur diffusion auprès du grand public ». Autre mesure, le candidat veut « réaliser l’inventaire de richesses patrimoniales ne faisant pas l’objet d’un classement « Monument historique » » et créer un label qui leur sera consacré. Le rôle de la Fondation pour le patrimoine sera par conséquent élargi et ses moyens, accrus. Nicolas Dupont-Aignan veut également clarifier le rôle des collectivités territoriales et locales en matière de préservation du patrimoine.

Le député de l’Essonne souhaite « permettre l’accès à la culture par l’enseignement » et s’appuie pour ce faire sur cinq mesures, dont l’intervention d’artistes dans les établissements scolaires, comme le propose Benoît Hamon.

S’agissant de l’accès à la culture, Nicolas Dupont-Aignan propose la gratuité des musées le dimanche, comme Emmanuel Macron, et offre un « Ticket découverte culturelle par an à tous les jeunes de plus de 16ans.

S’il est élu, le candidat s’est engagé à conserver le régime de l’intermittence. A contrario, il compte abroger la loi Hadopi au profit d’une licence globale, à l’instar de Marine Le Pen.

En musique avec Jacques Cheminade

Jacques Cheminade, le 15 novembre 2016 à Paris
Jacques Cheminade, le 15 novembre 2016 à Paris
AFP/Archives

« Laissez-moi écrire les chants d’une nation et peu m’importe qui écrit ses lois ».  En prélude à son programme culturel, le candidat cite Daniel O’Connell. Une manière pour Jacques Cheminade de prévenir de son attachement à la musique, qu’il compte mettre en valeur plus que n’importe quel autre candidat dans le système éducatif. Il veut notamment créer des mercredis musicaux.

La science est également au cœur du projet du candidat, qui veut ouvrir un palais de la découverte par région. Il souhaite également créer des musées de l’imaginaire dans toute la France.

Concernant les médias, Jacques Cheminade veut faire de France 5 la « chaine des idées ».

Enfin, il souhaite maintenir le régime des intermittents et titulariser les précaires.

Philippe Poutou, « pour des médias libres et indépendants »

Philippe Poutou lors d'un meeting à Bordeaux le 16 mars 2017
Philippe Poutou lors d'un meeting à Bordeaux le 16 mars 2017
AFP

Le candidat du NPA veut refonder et étendre le service public des médias et mettre en place une « véritable législation anti-concentration », à l’image de Benoit Hamon et Emmanuel Macron. Il souhaite également une refonte du système des aides à la presse et la création d’un statut juridique pour les rédactions, avec un droit de regard sur les décisions économiques et éditoriales. Enfin, Philippe Poutou veut supprimer le CSA pour le remplacer par « un véritable organisme de supervision des médias ».

Nathalie Arthaud, François Asselineau et Jean Lasalle n'ont quant à eux pas de mesures spécifiques en fait de culture dans leur programme. 

 

 

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