« La France est une passoire », a tonné Nathalie Goulet (Union centriste) lors des questions d’actualité au gouvernement, mercredi 8 avril. La sénatrice, très engagée sur les questions de fraudes, fait référence aux multiples cyberattaques ayant visé des entreprises et organisations publiques ces derniers mois. La plus spectaculaire d’entre elles date de 2025 : à l’époque, huit agences régionales de santé et plus de 130 hôpitaux en France sont victimes d’un vol massif de dossiers de patients. Certaines de ces informations ont refait surface il y a quelques jours et se retrouvent mises en vente.
« Quelles mesures le gouvernement compte-t-il prendre ? », a-t-elle lancé à l’adresse de Roland Lescure. « Il n’y a pas plus de cyberattaques aujourd’hui en France qu’il y a un an ou deux ans », lui a répondu le ministre de l’économie et des finances, reconnaissant que ces attaques « sont de plus en plus orientées vers le vol de données. »
« Il faut renforcer l’arsenal législatif »
Et le ministre d’enjoindre à l’application de la loi, qui prévoit des peines d’emprisonnement pour le vol et la détention illégale de données. La fermeture de sites est également possible : la justice y a eu recours pour le forum BreachForums. Des hackers s’y échangeaient des fichiers piratés du ministère de l’Intérieur et de la Caisse d’allocation familiale (CAF).
Roland Lescure a surtout annoncé la présentation par Sébastien Lecornu, demain, de la feuille de route de la sécurité numérique de l’État pour les années 2026 et 2027. Devant les sénateurs, le ministre a livré un premier aperçu de ce document visant à « protéger les données de l’État ». L’accent sera mis sur la fermeture « des sites obsolètes qui servent de porte d’entrée privilégiée pour des attaques dans les sites publics », a-t-il annoncé. Il s’agira aussi de renforcer le dispositif d’authentification à double facteur, barrière efficace contre les cyberattaques.
Au-delà, « il faut renforcer l’arsenal législatif », a reconnu Roland Lescure. Le gouvernement prévoit d’inscrire à l’été le projet de loi relatif « au renforcement de la cybersécurité » à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Un texte voté l’an dernier par le Sénat. « Voilà enfin une feuille de route », a salué Nathalie Goulet qui réclame à l’exécutif « un débat pour savoir où en est notre soumission à Microsoft et notre capacité de souveraineté numérique ».