"Tous les mêmes" : à l'approche de la présidentielle, la rengaine se répand en Haute-Marne, terre rurale ancrée à droite, où des électeurs...
Dans la France périphérique, pas de votes pour des « rigolos »
"Tous les mêmes" : à l'approche de la présidentielle, la rengaine se répand en Haute-Marne, terre rurale ancrée à droite, où des électeurs...
Par Fanny LATTACH
Temps de lecture :
4 min
Publié le
"Tous les mêmes" : à l'approche de la présidentielle, la rengaine se répand en Haute-Marne, terre rurale ancrée à droite, où des électeurs désenchantés par "les promesses" non tenues sont prêts à "essayer" le Front National.
"Le vote d'extrême droite, ça gonfle, je le vois bien dans ma clientèle", confie Damien Del-Ben, 52 ans, patron d'un café-restaurant à Eclaron-Braucourt-Sainte-Livière, bourgade frontiste située sur les rives du Der, plus grand lac artificiel d'Europe.
A qui la faute ? Aux gouvernements qui font "trop de social" et qui "taxent" les travailleurs, à l'euro aussi qui a fait grimper les prix, selon ce tavernier aux bras tatoués qui raille aussi les programmes des "rigolos", Hamon et Macron en tête.
"Je suis plutôt de droite mais si je me retrouve avec un guignol facho à la tête du gouvernement, qui arrête de nous ponctionner et qui fait tourner les commerces, quelque part ça me va", lance-t-il, espérant "voir de son vivant la même chose que le Brexit en France".
"Les électeurs sont devenus très volatils et se comportent comme des consommateurs dans un supermarché, avec une logique court-termiste. Ils votent pour le candidat qui leur apportera une satisfaction personnelle assez rapide et en changeront si ça ne convient pas", souligne Camille Froidevaux-Mettrie, professeure de science politique à l'université de Reims Champagne-Ardenne.
"Le fossé entre la politique qui se fait par le haut et les préoccupations du peuple donne à certains le sentiment qu'on ne les considère plus", ajoute-t-elle.
Dans le village de Brousseval, le choix du candidat à la présidentielle est déjà plié pour la majorité des ouvriers de la fonderie qui tourne depuis 1830. Avant d'entamer ses 3x8, Pasa Ertugrul, 29 ans, assure : "J'ai voté Sarkozy, on n'a rien eu, j'ai voté Hollande on n'a rien eu, alors je voterai Le Pen et on verra bien. Dans le coin, les usines ferment, alors elle est où, l'évolution de la France ? Après, qu'elle soit raciste ou pas, c'est son problème."
Enraciné localement, le FN a fait de la Haute-Marne son fief en choisissant Brachay - une cinquantaine d'âmes et 72,09% des voix au premier tour de la présidentielle de 2012 - pour sa rentrée politique annuelle.
- "Comme Trump" -
Marie R., a retired doctor, poses for a picture at the market in Saint-Dizier, northeastern France, on February 1, 2017.
AFP/Archives
Pourtant sur le marché de Saint-Dizier, ville la plus peuplée du département avec environ 25.000 habitants, Marie R., 82 ans, médecin à la retraite, brocarde la candidate frontiste : "Marine, c'est une baratineuse, elle endort les gens. Moi, ça me fait peur".
Du côté des commerçants, Gérard Guérinot, 60 ans, fromager, attend "de l'action car c'est pas le tout de faire des promesses, il faut les tenir comme Trump aux Etats-Unis". Nicolas V., boucher de 43 ans, s'est résigné : "Je vote blanc car y en a pas un pour rattraper l'autre".
"Le vote d'extrême droite est souvent ramené à la peur liée à l'immigration" mais sur ces terres où les étrangers sont peu nombreux, il trouve plutôt sa source dans un profond malaise du monde rural, qui souffre de "la déconnexion des élites" et de "leur incapacité à proposer des programmes applicables", analyse Camille Froidevaux-Mettrie.
Pour Gérard Guerinot, fromager à Saint-Dizier, les candidats doivent tenir leurs promesses "comme Trump aux Etats-Unis"
AFP
Aux yeux de Jean-Marcel Buat, président des Jeunes Agriculteurs Nord Haute-Marne, le prochain locataire de l'Elysée devra faire preuve "d'agissement" - il veut dire "action" - et non de "compassion", car "en attendant ça se suicide et les fermes vont mal".
"Tout se passe à Bruxelles, il faut que la France reprenne un rôle majeur et que notre politique agricole ne soit plus européenne", estime cet agriculteur de 26 ans qui ne s'est pas versé de salaire l'année dernière. Et d'ajouter : "On n'est pas des mendiants, on veut juste gagner notre vie".
Au soir de l’acte IV des lycéens, le ministre Edouard Geffray a annoncé un « plan d’urgence » pour remplacer les enseignants absents en réaffectant 3 000 titulaires « dans les heures ou les jours qui viennent ». Les sénateurs interrogent la faisabilité de cette mesure.
Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.
Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.
Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.