Emmanuel Macron a poursuivi jeudi, dans le Nord et le Pas-de-Calais, son périple sur les traces de la Grande Guerre, émaillé de bains de foule...
Dans le Nord, Macron, malmené, se dit « heureux » de son périple mémoriel
Emmanuel Macron a poursuivi jeudi, dans le Nord et le Pas-de-Calais, son périple sur les traces de la Grande Guerre, émaillé de bains de foule...
Par Laurence BENHAMOU et Julia PAVESI
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Emmanuel Macron a poursuivi jeudi, dans le Nord et le Pas-de-Calais, son périple sur les traces de la Grande Guerre, émaillé de bains de foule parfois houleux, mais dont il s'est dit "très heureux".
Au cinquième jour de son "itinérance mémorielle", il s'est efforcé de mettre un point final à une polémique sur un hommage à Pétain, qui parasite son long déplacement depuis la veille.
Le chef de l’État a assumé ses propos de mercredi, où il a jugé légitime d'inclure implicitement Philippe Pétain dans un hommage rendu samedi au maréchaux de la Grande guerre, mais sans hommage individuel.
"Je ne crois pas à la police de l'Histoire, aux manuels d'histoire qu'on biffe", a-t-il lancé sur l'édition régionale de France 3. "Dans nos maréchaux, il y avait Pétain. Il a été un grand soldat, c'est la vérité historique" avant de prendre "au nom de l'Etat français, des décisions impardonnables", a-t-il plaidé.
Après de nombreux responsables politiques et le CRIF dès mercredi, le Grand Orient de France, principale obédience maçonnique française, a estimé jeudi "inacceptable" tout hommage à Pétain.
Il a par ailleurs assuré jeudi soir qu'il "fera tout pour qu'Ascoval soit sauvée" et a promis de peser de tout son poids dans le dossier de cette aciérie du Nord placée en redressement judiciaire.
La polémique sur Pétain, ainsi que la colère des Français contre la cherté des carburants, a perturbé son périple, qui mêlaît commémorations et plaidoyers sur des dossiers économiques et sociaux.
Emmanuel Macron ravive la flamme du soldat inconnu au cimetière militaire de Notre Dame de Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) le 8 novembre 2018
AFP
Sa visite à l'usine Renault de Maubeuge (2.200 salariés) n'a pas dérogé à cette règle. Il a été accueilli par le PDG de Renault Carlos Ghosn qui a annoncé un investissement de 450 millions d'euros sur le site. Il s'ajoutera à celui d'un milliard d'euros dans les véhicules électriques sur cinq ans, annoncé par le groupe en juin.
- Ridicule -
Emmanuel Macron dans l'usine Renault de Maubeuge, le 8 novembre 2018
AFP
S'adressant au personnel de l'usine, le chef de l'Etat a eu la surprise de se faire prendre à partie par un syndicaliste de SUD, qui lui a coupé la parole. "M. Macron, vous n'êtes pas le bienvenu ici", lui a crié Samuel Beauvois.
"On est là tous ensemble pour réussir", a répliqué le président. "On réussit sans vous", a rétorqué le syndicaliste, sifflé par nombre de ses collègues qui ont applaudi le président.
Alors que l'homme le prenait à partie sur la hausse de l'essence, le président a répliqué avec agacement: "Là vous êtes ridicule, pardon de vous le dire", puis a vigoureusement défendu sa politique économique. Après cet échange, il a pris soin de recevoir le salarié en tete-à-tête.
Le chef de l'Etat, au plus bas dans les sondages - 27% d'opinions positives selon la dernière enquête Elabe, publiée jeudi - profite de son voyage pour multiplier les bains de foule, son exercice de communication favori. Mais il est confronté chaque jour à des expressions de colère, contre le faible montant des retraites ou la cherté des carburants, à une semaine d'un appel à bloquer les routes le 17 novembre.
Alors que des médias ont évoqué un chemin de croix, Macron a, en réponse à un journaliste, parlé du "vrai bonheur" que lui procure ce périple.
"J'ai jamais pensé que c'était facile", a-t-il expliqué : "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout, parce que notre pays ne peut pas, depuis trente ans, être dans le chômage de masse, et considérer que ça va bien. Je suis très heureux de cette itinérance(...). Je capte plein de choses, de messages, d'enseignements don j ferai mon miel".
Emmanuel Macron parcourt avec le maire d' Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) Dominique Robillart Dominique l'anneau de la mémoire à Notre Dame de Lorette
POOL/AFP
Le président a passé l'après-midi à Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), site de la plus grande nécropole militaire française où reposent 22.000 combattants. Il a longuement parcouru l'Anneau de la mémoire accompagné de l'historien Yves Le Maner, et échangé avec les descendants de trois poilus français et britannique dont les noms figurent parmi les 580.000 gravés sur le monument en forme d'ellipse.
Après le dépôt de gerbe, il a ravivé la flamme du soldat inconnu et s'est recueilli dans la crypte de la Tour Lanterne, avant de saluer les gardes d'honneur, les porte-drapeaux et les élus. Un millier de personnes, dont des écoliers et collégiens du département, ont assisté à la cérémonie qui a duré environ une heure.
Vendredi il achèvera sa tournée dans le Nord et l'Est par une halte dans la Somme, où il visitera avec la Première ministre britannique Thresay May la nécropole franco-britannique de Thirpval.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».