Marine Le Pen a persiflé mercredi soir dans le Var sur la campagne "en jachère" de son adversaire François Fillon, mis en examen la veille, et...
Dans le Var, Le Pen persifle sur Fillon et fait fi des affaires
Marine Le Pen a persiflé mercredi soir dans le Var sur la campagne "en jachère" de son adversaire François Fillon, mis en examen la veille, et...
Par Guillaume DAUDIN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Marine Le Pen a persiflé mercredi soir dans le Var sur la campagne "en jachère" de son adversaire François Fillon, mis en examen la veille, et fait fi des nouvelles révélations judiciaires du jour visant le FN dans plusieurs livres et un documentaire.
En réunion publique à Saint-Raphaël, la candidate FN à la présidentielle a "accordé quelque chose" à son adversaire des "Républicains": "il a transformé sa famille en un champ de ruines, en un lieu où les coup bas succèdent aux calomnies, une grande cour de récréation où l'on ne cesse de jouer aux petits ponts massacreurs".
"Sa campagne est en jachère, plus rien ne se passe", a-t-elle ajouté - au moment où l'ancien Premier ministre était en réunion publique dans le Vaucluse, à 150km.
Au moment où le candidat de la droite François Fillon est mis en examen, "ce n'est pas une coïncidence", selon un proche, si Mme Le Pen a parlé une heure dans cette salle comble d'une région bastion de la droite, sans sa nièce Marion Maréchal-Le Pen initialement annoncée.
Volontiers ironique sur les affres rencontrées par son adversaire, elle a été moins prolixe sur les convocations et révélations judiciaires qui jettent une ombre sur sa propre campagne.
Depuis décembre, des juges d'instruction enquêtent sur l'emploi de son garde du corps et de sa secrétaire personnelle, mise en examen, comme assistants parlementaires européens.
Marine Le Pen entre son garde du corps Thierry Legier et sa collaboratrice Catherine Griset le 4 février 2017 à Lyon
AFP/Archives
Contrairement à François Fillon, la candidate FN à la présidentielle a refusé de se rendre à une convocation des juges le 10 mars.
Mardi, Le Monde a révélé que le fisc contestait l'évaluation du patrimoine immobilier de l'eurodéputée et de son père Jean-Marie Le Pen --avec qui elle est en froid--, outre l'enquête préliminaire déjà en cours pour "sous-évaluation".
Le livre sorti mercredi "Marine est au courant de tout..." (Flammarion) des journalistes Mathias Destal (Marianne) et Marine Turchi (Médiapart), révèle qu'une plainte visant le FN, qui a abouti à l'ouverture d'une enquête préliminaire fin janvier par le parquet de Nanterre, a été déposée pour "travail dissimulé" par l'ancien chauffeur de Jean-Marie Le Pen.
Autre information, confirmée de source proche du dossier : un signalement Tracfin, la cellule anti-blanchiment, "est arrivé au Parquet national financier" (PNF) concernant l'eurodéputé FN Jean-Luc Schaffhauser, intermédiaire dans le prêt russe du FN fin 2014.
- "Étonnement feint" -
Enfin, le livre revient sur le financement des campagnes frontistes depuis 2012 et sur certains amis sulfureux de Mme Le Pen, qui avait été entendue comme témoin assisté dans l'enquête visant la présidentielle et les législatives 2012, sans être mise en examen.
Aymeric Chauprade, eurodéputé ex-FN et ancien proche de la patronne du FN, y affirme qu'elle l'a appelé peu avant les européennes pour s'étonner, "hyper-agressive", qu'il ne souscrive pas au kit de campagne proposé pour ce scrutin qui fait aussi l'objet d'une enquête.
Meeting de Marine Le Pen à Saint-Raphaël, le 15 mars 2017
AFP
Dans ces montages complexes, également décortiqués par le journaliste Laurent Fargues (Challenges) dans "Le procès interdit de Marine Le Pen" (First Editions), les enquêteurs soupçonnent des prestations surfacturées au détriment de l'Etat, qui rembourse les frais de campagne aux candidats remportant plus de 5% des voix.
Ce système vaut au FN, deux de ses dirigeants et plusieurs personnes morales et physiques un renvoi en correctionnelle concernant les campagnes 2012, et une nouvelle mise en examen récente pour Frédéric Chatillon, considéré comme le cerveau de ces montages, pour l'enquête sur les municipales, européennes, départementales.
Une "persécution", a martelé ces derniers temps Marine Le Pen, quand la justice serait clémente envers Emmanuel Macron, son principal rival de la présidentielle à venir d'après les sondages.
Mme Le Pen n'a pas évoqué dans le Var non plus les propos négationnistes, largement condamnés au FN, prononcés par l'ex-patron du FN à Nice Benoît Loeuillet dans un documentaire en caméra cachée diffusé sur C8.
M. Loeuillet a nié toute contestation de "la réalité de la Shoah", mis en cause le montage de ses propos et annoncé une plainte. Marion Maréchal-Le Pen l'a exclu du groupe FN au Conseil régional de Paca qu'elle préside.
"L'étonnement feint" au FN "est ridicule", a tweeté quant à lui Christian Estrosi, patron LR de cette région.
Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.
L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.
Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications
La création d’un droit à l’aide à mourir a été définitivement adoptée par les députés ce mercredi. Un dénouement législatif qui ne signifie pas une entrée en application immédiate. Le texte doit encore passer l’obstacle du Conseil constitutionnel et faire l’objet de décrets d’application qui mettront plusieurs mois à être publiés.