Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, et Thierry Solère, député "Constructifs", tous récemment exclus de LR, ont rejoint samedi La République en marche, ont-ils annoncé au Journal du Dimanche.
Gérald Darmanin a adhéré via internet, samedi matin, Sébastien Lecornu et Thierry Solère dans la soirée, précise le JDD. Ils appartenaient tous les trois aux Républicains avant leur exclusion fin octobre.
Ils avaient auparavant prévenu de leur initiative le Premier ministre Édouard Philippe et le patron de LREM Christophe Castaner.
Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, le 22 novembre 2017 à l'Elysée, à Paris
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"Le moment qui m'a fait basculer, c'est quand Laurent Wauquiez a évoqué le +grand remplacement culturel+", confie au JDD Gérald Darmanin. "On ne peut pas simplement dire qu'on n'est pas d'accord avec ça. Il faut le combattre", ajoute-t-il.
Sébastien Lecornu s'inquiète lui de cette droite qui "est la résurgence d'une vieille droite que le gaullisme avait su tenir à l'écart pendant toute la Ve République et qui revient au galop."
"Je ne veux pas mettre mon énergie à reconstituer de vieilles formations politiques. Je veux la mettre à la reconstruction du pays", se justifie Thierry Solère.
"Je ne suis pas une marionnette qui appartient à un parti pour cocher des cases", a-t-il ajouté dimanche midi sur BFMTV en "donnant crédit, après six mois d'exercice, à Emmanuel Macron d'avoir fait quelque chose d'inédit".
M. Solère "reproche profondément" à Laurent Wauquiez d'avoir "emmené la droite républicaine, qui n'a plus de républicain que le nom, dans une déviance qui va l'amener mathématiquement à une alliance avec l'extrême droite".
Le député Thierry Solere à Paris le 17 octobre 2017
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Après plusieurs semaines de confusion, Les Républicains avaient finalement "exclu" le 31 octobre les quatre ministres et responsables "constructifs" (Darmanin, Lecornu, Solère et le président du groupe UDI-Constructifs à l'Assemblée, Franck Riester) et "acté le départ" d'Édouard Philippe.
Parmi les reproches des Républicains aux pro-Macron, "leur ralliement individuel à la majorité présidentielle", à certains d'entre eux, d'avoir "soutenu des candidats contre les candidats" LR aux législatives, ou, à l'instar de M. Darmanin, de s'être présentés sur des listes La République en Marche aux sénatoriales.
"Et puis avant Wauquiez, après Wauquiez... Laurent Wauquiez, c'est pas Jésus Christ. La vie politique ne s'organise pas autour de son élection", assène Gérald Darmanin. Laurent Wauquiez est le candidat favori pour la présidence des Républicains.
Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.
Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.
A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.
Le Sénat s'est opposé mercredi soir à un amendement instaurant une clause de conscience pour les écrivains, proposition brandie par des auteurs et des élus depuis le limogeage controversé du patron de la maison d'édition Grasset. Mais le gouvernement s'est de nouveau montré ouvert, appelant à bâtir un « consensus » sur le sujet.