David Belliard, « prolo, fils de prolo », un écolo à la conquête de la mairie de Paris
Il tient à se définir comme "prolo, fils de prolos" et en "affinité avec la sociologie parisienne" : David Belliard, 41 ans, a...

David Belliard, « prolo, fils de prolo », un écolo à la conquête de la mairie de Paris

Il tient à se définir comme "prolo, fils de prolos" et en "affinité avec la sociologie parisienne" : David Belliard, 41 ans, a...
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Par Paul GRATIAN

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Il tient à se définir comme "prolo, fils de prolos" et en "affinité avec la sociologie parisienne" : David Belliard, 41 ans, a été désigné samedi tête de liste EELV pour les municipales de 2020 à Paris.

Porté par le score des écologistes dans la capitale aux européennes (19,9%), le président du groupe Europe Ecologie-Les Verts au Conseil de Paris, grand brun aux traits fins, espère "prendre la tête d'une coalition écologiste et de gauche", insistant bien sur l'ordre des mots.

En clair : avec EELV devant le PS de la maire sortante Anne Hidalgo, afin de se retrouver en position de force pour négocier la mairie centrale, les mairies d'arrondissement et les postes.

Parmi ses désaccords avec Anne Hidalgo, il cite les JO de 2024, la tour Triangle ou la police municipale. "On est sur deux visions de la ville", dit-il. Lui souhaite un modèle de ville "plus apaisé, moins consommateur d'énergie".

Au coude-à-coude lors de la primaire des Verts (qu'il a remportée avec 49,61% des voix), moins connu et moins adepte des plateaux télé que son principal concurrent Julien Bayou (40,16%), ses origines sociale et géographique ne le prédestinaient pas à briguer la mairie de Paris. C'est en Haute-Saône qu'il passe son enfance, dans un milieu "ultra-rural" : un village de 120 habitants près de Vesoul.

Son père est maçon, sa mère femme de ménage puis aide-soignante. Lui tient à se définir comme "prolo, fils de prolos", et en "affinité avec la sociologie parisienne".

Le bac en poche, après une prépa HEC à Nancy, il file à l'EDHEC, école de commerce lilloise. "Le premier jour, il fallait débourser 800 francs pour s'inscrire au Bureau des étudiants. Un mec me dit : +ici 800 francs, c'est comme acheter une baguette de pain+. Quand vous avez une mère qui fait des ménages pour 50 francs l'heure, il y a un petit clivage sociologique qui fait vous dire : je ne suis pas dans mon élément", raconte-t-il.

- "Rêve parisien grippé" -

Pour financer ses études, en plus d'un prêt étudiant, il vend des sacs aspirateurs. Il arrive à Paris au début des années 2000 pour poursuivre ses études avant de devenir consultant, "job dont je ne voyais pas le sens".

David Belliard travaille toujours à mi-temps pour le magazine Alternatives économiques en tant que journaliste et directeur du développement, pour "garder un pied dans la réalité".

Ex-directeur général adjoint du Sidaction, "il a gardé cette fibre de pouvoir dialoguer avec des gens très différents et les écouter", selon son amie de 15 ans Alix Béranger, membre de son équipe pour 2020 baptisée "Faisons Paris" et féministe comme lui.

Dimension qu'il évalue "importante" dans son parcours, David Belliard ne cache pas son homosexualité. "Ca accentue la volonté de se barrer de mon petit village pas très +open+ sur ces questions", explique-t-il.

Et c'est donc Paris qui a fait office de ville d'accueil. "Le rêve parisien, je l'ai vécu, c'est aussi une des raisons pour laquelle je suis aussi investi sur les questions des migrants. Mais je pense qu'il s'est grippé", déplore-t-il, regrettant des prix du logement trop élevés.

En 2002, il débarque au sein d'Europe Ecologie-Les Verts, à l'époque Les Verts en raison de ses combats sur "les sujets d'émancipation, sur l'environnement, les minorités et la parité". D'abord "militant de base", il participe à la campagne européenne de 2009 sans vouloir se présenter à des élections ensuite. "Je ne me sentais pas armé", confie-t-il.

Dix ans plus tard, après avoir été élu conseiller de Paris dans le XIe arrondissement puis conseiller métropolitain, le ton du président du groupe Ecologiste de Paris a changé. Désormais, il lâche : "je pense être tout à fait en capacité d'embrasser le rôle de maire de Paris".

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