De ce film Jacques Chirac disait : « C’est mon meilleur portrait »
C’est un film, rare. Un portrait intime dont Jacques Chirac disait lui-même qu’il était le meilleur film sur lui. Nous sommes en 1984 et le psychanalyste Ali Magoudi et le réalisateur Pierre Jouve entament un portrait du nouveau président de la république François Mitterrand. Dans un souci d’équilibre, ils rencontrent le responsable de l’opposition de l’époque : un certain Jacques Chirac alors maire de Paris, et ils décident de lui consacrer un film.

De ce film Jacques Chirac disait : « C’est mon meilleur portrait »

C’est un film, rare. Un portrait intime dont Jacques Chirac disait lui-même qu’il était le meilleur film sur lui. Nous sommes en 1984 et le psychanalyste Ali Magoudi et le réalisateur Pierre Jouve entament un portrait du nouveau président de la république François Mitterrand. Dans un souci d’équilibre, ils rencontrent le responsable de l’opposition de l’époque : un certain Jacques Chirac alors maire de Paris, et ils décident de lui consacrer un film.
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L’histoire de ce film n’est pas dissociable d’un autre film. Nous sommes en 1984 et Ali Magoudi et Pierre Jouve réalisent un film sur le président François Mitterrand. En secret ils vont tourner un autre portrait, en parallèle celui de Jacques Chirac. Deux films tournés en secret.

Extrait du film "Jacques Chirac, autoportrait" d'Ali Magoudi et Pierre Jouve
02:09

Le mystère Chirac

Pendant cinquante minutes celui qui est maire de Paris se raconte. Pas de commentaire tiers, mais un personnage qui se livre, ou fait mine de se livrer. Le documentaire recèle de nombreuses séquences savoureuses. Comme celle où Jacques Chirac lui-même revient sur sa scolarité : « J’étais un élève moyen, tout à fait moyen, plutôt dissipé je passais d’une classe à l’autre "juste" (…) je suis devenu un bon élève à partir de la première ».

Celui qui a commencé sa vie politique à gauche en vendant le journal l’Humanité, y parle aussi de son adhésion aux valeurs de la droite qu’il explique avant tout par son rejet des autres modèles : « Les systèmes de racine marxistes, qu’ils soient socialistes ou communistes ne me conviennent pas, quant à la conception sociale-démocrate d’une société que l’on ne peut concevoir que lorsqu’il y a une grande richesse, de la croissance (…) ce sont des systèmes qui n’ont jamais rien créé de grand et qui n’ont jamais conduit un peuple qu’à la décadence. Mais je ne suis pas non plus libéral (…) pour la raison que chacun met derrière ce mot sa propre conception des choses. Je suis pour une société de libertés »

Je demande qu’on me foute la paix !

Le film est réalisé à une époque où les chaînes d’informations en continu n’existent pas, et où la peopolisation des hommes politiques n’a pas encore tout emporté. Il faut réécouter le maire de Paris défendre son intimité. « Contrairement à ce que disent certains, je respecte les gens, les gens normaux m’intéressent, j’ai horreur d’emmerder les gens, je ne suis pas indiscret de nature. Je demande la même chose à mon égard. Je demande qu’on me foute la paix ! J’ai mon petit truc à moi il n’est pas si grand que je souhaite y veiller jalousement. Je peux avoir un endroit privé sans que ce soit sur un écran ! ».

Le tournage se termine en 1986, et Jacques Chirac est devenu Premier ministre. Les deux auteurs projettent le film à l’Hôtel de Ville devant un parterre de ministres et de conseillers. Jacques Chirac le visionnera deux fois. La seconde fois en compagnie de Bernadette son épouse, qui dira du film qu’il est partisan. Jacques Chirac dira du document que « c’est son meilleur portrait ».

Les deux documents sur François Mitterrand et Jacques Chirac seront finalement diffusés à une semaine d’intervalle sur TF1, avant de tomber dans l’oubli.

 

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