De l'Europe au continent américain, les Français de l'étranger se sont massivement rendus aux urnes, à commencer par ceux vivant aux Etats-Unis, qui ont voté 24 heures avant la métropole pour le premier tour de la présidentielle, endeuillée par l'attentat des Champs-Elysées.
Aux Etats-Unis, au Canada et en Amérique du Sud, les centaines de milliers de ressortissants français étaient appelés aux urnes dès samedi, décalage horaire oblige, pour départager les onze candidats d'une élection dominée par l'indécision massive des électeurs.
"C'est notre devoir de citoyen qu'on continue ici", estime Adrien Gontier, flanqué d'un béret noir, à la sortie de l'ambassade de France à Washington, transformée en bureau de vote.
Sur place, tous les candidats ont leur affiche, à l'exception de Marine Le Pen.
Des Français votent à l'ambassade à Washington, le 22 avril 2017
AFP
Selon le ministère des Affaires étrangères, les affiches de la présidente du Front national n'ont pas pu être installées dans les bureaux de vote à l'étranger, faute d'avoir été fournies dans les délais légaux.
Exactement 119.773 électeurs français sont inscrits aux Etats-Unis, dont 11.242 à Washington, soit 30% d'électeurs de plus que pour le premier tour de la présidentielle en 2012, selon les chiffres de l'ambassade.
Les mesures de sécurité ont été "renforcées" sur les 69 bureaux de votes à travers les Etats-Unis, compte-tenu du "contexte actuel", précise-t-elle, notamment avec l'appui de sociétés de sécurité privées et "des polices locales informées de la tenue des scrutins".
A New York, le consulat de France, où se tenait le vote, a été brièvement évacué samedi après-midi suite à une alerte à la bombe, avant que tout ne rentre dans l'ordre.
- Longues files d'attente à Londres -
Au Royaume-Uni, de Belfast à Edimbourg et de Bristol à Manchester, les Français votaient dimanche dans 54 bureaux de vote, dont 42 à Londres, la capitale où 72.000 électeurs étaient inscrits.
Avant même l'ouverture des bureaux de vote, des centaines de personnes faisaient la queue sur les deux sites de vote londoniens, au Lycée international Winston-Churchill à Wembley et au Lycée français Charles-de-Gaulle à South Kensington, a constaté l'AFP. L'attente dépassait facilement les deux heures.
Des citoyens français votent pour le premier tour de l'élection présidentielle, à l'ambassade de France à Washington, le 22 avril 2017
AFP
“J’aurais aimé pouvoir faire le vote électronique mais si ce n’est pas possible, eh bien on fait notre devoir de citoyen, on se lève tôt et on fait la queue”, a déclaré à l'AFPTV Magalie Belmo, employée marketing, qui votait à South Kensington.
"Je pense que sur le site de Londres on s’attend peut-être à 50.000 électeurs. Donc une journée très chargée”, a commenté Edouard de Guitaut, président d’un bureau de vote au Lycée français Charles-de-Gaulle.
L'affluence était également notable devant l’ambassade de France à Berlin, où environ 12.000 Français sont inscrits.
Des citoyens français font la queue pour voter pour le premier tour de l'élection présidentielle, à l'ambassade de France à Washington, le 22 avril 2017
AFP
La file d'attente s’étendait sur 200 mètres à l’extérieur à la mi-journée, selon un journaliste de l'AFP.
Pour entrer, les électeurs devaient passer par un détecteur de métal et leurs sacs étaient passés au rayons X.
- 'Les attentats mobilisent' -
A Montréal, où 57.762 électeurs français sont inscrits, des milliers de personnes ont également dû patienter, parfois excédées, pendant près de trois heures pour pouvoir exercer leur droit de vote.
"Je suis revenu quatre fois", en vain, a affirmé à l'AFP Paul Hamel, un trentenaire en colère.
Pour Catherine Feuillet, consule générale de France, "le dispositif a été adapté tout au long de la journée, qui a été dense".
De la côte atlantique au Pacifique, ce sont 83.016 français qui sont inscrits sur les listes électorales au Canada. L'attente a été de 2 à 3 heures à Toronto, selon les médias locaux. Le vote a été plus fluide à Ottawa, Calgary, Moncton ou à Vancouver.
A Buenos Aires, le premier étage du majestueux palais Ortiz Basualdo, siège de l'ambassade de France, s'est aussi transformé en bureau de vote pour recueillir les suffrages des 15.000 Français installés en Argentine.
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