Débat de la primaire « le flou » du « loup » Emmanuel Macron
Lors du dernier débat de la primaire de gauche, Emmanuel Macron était au centre des critiques sans pour autant être sur le plateau. Benoît Hamon a également dû subir les attaques de ses concurrents.

Débat de la primaire « le flou » du « loup » Emmanuel Macron

Lors du dernier débat de la primaire de gauche, Emmanuel Macron était au centre des critiques sans pour autant être sur le plateau. Benoît Hamon a également dû subir les attaques de ses concurrents.
Public Sénat

Par Public Sénat avec l'afp

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La question est dans les têtes depuis que les dernières enquêtes d’opinion place le leader d’En Marche !  comme possible troisième homme de la présidentielle : le vainqueur de la primaire de gauche devra-t-il se désister en sa faveur pour entretenir l’espoir de voir « un progressiste » accéder au second tour ?

« Il y a les sondages et puis il y a les suffrages »

Arnaud Montebourg a paraphrasé la formule de Martine Aubry adressée naguère à François Hollande son adversaire à la primaire de 2011. « Quand c’est flou, il y a un loup ». Je ne comprends pas comment on peut aller au Puy du Fou chez monsieur Philippe de Villiers faire son éloge ; ensuite, prendre le train aller à Nevers faire l’éloge de François Mitterrand ; puis reprendre le train, aller à Chanonat chez Valéry Giscard d’Estaing faire l’éloge du Président Giscard d’Estaing. Recevoir entre deux voyages et escales le soutien de Jean-Pierre Raffarin et les critiques de Gérard Larcher. Personne ne comprend rien. Quel est-il, ce programme ? [...] J’ai entendu dire qu’il voulait supprimer les 35 heures et que chez monsieur Fillon, il y avait des choses avec lesquelles il pouvait être d’accord. Et puis après, il est revenu et il a dit : 'Non, on va pas supprimer les 35 heures'.

« Il y a les sondages et puis il y a les suffrages », a, par la suite, ironisé Arnaud Montebourg, estimant qu' « il y a quelque chose qui est confus dans la candidature d'Emmanuel Macron ».

« Il est parti. Il reviendra »

« Macron ne nous fait pas peur » a quant à lui assuré Vincent Peillon, avant d’ajouter un brin condescendant : « on l’a connu secrétaire général adjoint de l’Elysée, il était charmant » (…) Il cherche à faire croire que ce n’est pas la gauche qui l’a nommé. Pas de chance, il était ministre de Hollande et je pense aussi de Manuel Valls ». « A un moment, il va sortir de l’ambigüité, ça peut être à son détriment mais sa grande famille l’accueillera. Vous savez, c’est l’enfant prodige. Il est parti. Il reviendra » conclut-il.

« Forces politiques » et « forces de presse »

M. Valls a, de son côté, balayé toute possibilité de retrait à ce stade en faveur de M. Macron. Il faut « rassembler la gauche et les Français mais pas avec de vieux accords d'appareil », a-t-il plaidé. « Il faudrait se retirer, au nom des sondages ? », s'est-il indigné, en vitupérant contre les « forces politiques, les forces de presse, qui veulent empêcher que cette primaire se passe dans de bonnes conditions. »

François de Rugy s'est montré le plus nuancé, soulignant que son « objectif politique après la primaire » était « un rassemblement pour éviter un deuxième tour entre François Fillon et Marine Le Pen ». « Je rencontre des Français et des Français qui me disent qu'ils hésitent et qu'ils peuvent être tentés par la candidature d'Emmanuel Macron car il y a un besoin de renouveau », a-t-il noté.

Benoît Hamon observe  « l’aventure » d’Emmanuel Macron qui n’est, selon lui, pas « inintéressante » mais « terriblement classique ». « Je trouve cela tout simplement vieux » renchérit-il.

« T'as pas le droit, c'est pas sérieux »

L’ancien ministre de l’Education, dont la dynamique prend dans les sondages, a lui-même subit les foudres de ses concurrents lors de ce troisième débat. Au cœur des critiques, il a dû, une nouvelle fois, détaillé le financement de sa mesure phare, le revenu universel.

« Je ne veux pas d'une gauche qui fait des propositions à crédit pour perdre totalement son crédit », s’exclame Manuel Valls. « 30 ans d'engagement à gauche me fait craindre la gauche qui fait des promesses et en fin de compte déçoit », ajoute Vincent Peillon quand Sylvia Pinel interpelle Benoît Hamon: « Il faut rester sérieux! ». Plus dur encore, Arnaud Montebourg dénonce un futur « coup de bambou fiscal pour les classes moyennes et populaires » provoquant une réaction épidermique de Benoît Hamon : « t'as pas le droit, c'est pas sérieux », se défend l'intéressé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Débat de la primaire « le flou » du « loup » Emmanuel Macron
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Débat de la primaire « le flou » du « loup » Emmanuel Macron
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le