Un vif échange sur l'immigration a opposé jeudi sur BFMTV, lors du dernier débat avant les Européennes, le candidat Générations Benoît Hamon à celui du RN Jordan Bardella, accusé par M. Hamon d'incarner "l'ombre qui s'étend" de l'extrême droite.
Jordan Bardella, "il est jeune. Il incarne une forme d'énergie et de force aujourd'hui, et il représente l'ombre qui s'étend partout en Europe et en France", a déclaré la tête de liste de Générations, qui était interrogé sur la question du droit d'asile.
"L'ombre qui est celle d'une extrême droite qui domine le paysage politique par ses thèmes, par ses thèses (...). Je constate une forme d'Anschluss des idées d'extrême droite sur la droite traditionnelle, voire certains qui se réclamaient de la gauche", a-t-il poursuivi. Le terme d'Anschluss désigne l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie en 1938.
"Aujourd'hui nous sommes sous la menace claire en Europe comme en France d'une internationale raciste face à laquelle on cède du terrain", a-t-il dit, avant d'inviter à "reconstituer la digue des humanistes sur ces questions-là".
Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national (RN), le 21 mai 2019 à Villeblevin
AFP
"Vous allez nous faire peur là", "je commence à trembler, j'ai des frissons", l'a coupé ironiquement M. Bardella, qui a dénoncé dans sa réponse "la dictature de l'émotion de la part de la gauche", et la manière dont les Français sont "culpabilisés alors qu'ils n'ont plus les moyens de boucler leurs fins de mois". "Le véritable humanisme c'est la fermeté", a-t-il tranché.
"Heureusement qu'il y avait une belle République pour accueillir des Bardella, des Lopez et quelques autres avant !", a répliqué M. Hamon.
"Je fais partie d'une génération issue de l'immigration qui s'est assimilée et qui quand elle est arrivée en France a tout fait pour s'intégrer", a rétorqué M. Bardella, se plaignant d'avoir "l'impression d'être au tribunal".
Ce thème de l’immigration a fait ressortir un clair clivage entre les candidats de la droite de l'échiquier, qui ont pour la plupart affirmé qu'ils n'auraient pas accueilli le bateau de sauvetage Aquarius et ses réfugiés (Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan, Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy) et ceux de gauche (Manon Aubry, Yannick Jadot, Ian Brossat, Benoît Hamon, Raphaël Glucksmann).
Le candidat de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a affirmé qu'il aurait accueilli les migrants de l'Aquarius, ce qui ne veut pas dire qu'ils auraient obtenu un titre de séjour.
La tête de liste LREM Nathalie Loiseau, ancienne secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, a répondu qu'elle aurait accueilli le navire s'il avait été proche des côtes françaises, "ce qui n'a jamais été le cas".
Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).