La question de la laïcité et du voile a brusquement fait monter lundi soir la température du premier débat télévisé entre les cinq principaux...
Débat pour la présidentielle: la laïcité fait monter la température
La question de la laïcité et du voile a brusquement fait monter lundi soir la température du premier débat télévisé entre les cinq principaux...
Par Marc PRÉEL, Baptiste PACE
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La question de la laïcité et du voile a brusquement fait monter lundi soir la température du premier débat télévisé entre les cinq principaux candidats à l'élection présidentielle, après une heure d'échanges plutôt policés malgré des divergences de fond sur l'école, l'immigration et la sécurité.
"Je ne vous fais pas parler et je n'ai pas besoin d'un ventriloque": accusé par Marine Le Pen d'être favorable au burkini, Emmanuel Macron a soudainement haussé le ton à l'adresse de la présidente du Front national.
Deuxième temps fort du débat: une passe d'armes entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron, le premier invitant le leader d'En Marche! à la transparence sur les donateurs de la campagne. "C'est bien qu'il y ait un débat à l'intérieur du PS", a commenté Jean-Luc Mélenchon, déclenchant les rires de la salle.
Le débat avait débuté par une heure d'échanges plutôt policés sur l'école et la sécurité. Benoît Hamon avait été le plus offensif, ciblant constamment une Marine Le Pen "droguée aux faits divers" et accusée d'alimenter un "débat nauséabond" sur l'école.
François Fillon a attaqué ses concurrents sur le fond. "La seule réponse apportée (par ses concurrents), c'est toujours plus d'effectifs", a-t-il dénoncé au sujet de l'école et de la sécurité. "Personne n'a jamais construit 40.000 places de prison en cinq ans", a-t-il lancé à l'adresse de Marine Le Pen.
La présidente du FN a fermement répliqué au candidat de la droite, lui rappelant qu'il proposait dès 2006 l'abaissement à 16 ans de la majorité pénale, et lui rappelant les "12.500 policiers et gendarmes supprimés" entre 2007 et 2012, lorsqu'il était Premier ministre.
- 15 millions d'indécis -
La question de la laïcité a brusquement fait monter la température du premier débat télévisé entre Francois Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Melenchon, Marine Le Pen et Benoit Hamon, le 20 mars à Aubervilliers
POOL/AFP
Avant de répliquer à Mme Le Pen, Emmanuel Macron s'était surtout attaché à séduire, soulignant ses points de convergence avec ses concurrents tout en fustigeant les "discours de guerre civile" de François Fillon sur l'insécurité.
Seul candidat, avec Mme Le Pen, déjà présent en 2012, Jean-Luc Mélenchon a quant à lui tenté de faire oeuvre de pédagogie.
Quarante-trois ans après le premier débat télévisé de second tour entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, c'est la première fois qu'un débat voit s'affronter des candidats avant le premier tour d'une présidentielle.
Trois des cinq candidats présents, François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ont critiqué le format du débat dès leur première prise de parole, regrettant l'absence des six autres candidats validés par le Conseil constitutionnel (Jean Lassalle, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud, François Asselineau, Philippe Poutou, Jacques Cheminade).
François Fillon a expliqué vouloir être "le président du redressement national".
Jean-Luc Mélenchon a promis qu'il serait le "dernier président de la Ve république", qui mettra fin à "la monarchie présidentielle".
Emmanuel Macron a dit porter "un projet d'alternance profonde avec de nouveaux visages, de nouveaux usages".
Benoît Hamon a promis d'être "un président honnête et juste", "indépendant par rapport à l'argent et aux lobbies".
Deux autres débats sont prévus d'ici au 23 avril, l'un sur BFMTV et CNews le 4 avril, l'autre sur France 2 le 20 avril, consacrant la télévision comme forum électoral incontournable, après déjà quatre affrontements télévisés de la primaire de la droite et autant à gauche.
Avec seulement 66% des Français certains d'aller voter, selon une enquête du Cevipof, un des principaux enjeux pour les candidats est de convaincre les quelque 15 millions d'indécis ou de possibles abstentionnistes.
"Quel modèle de société?", "quel modèle économique?" et "quelle place pour la France dans le monde?" sont les trois thématiques autour desquelles les candidats sont invités à débattre pendant plus de 02H30.
Ce format à cinq est contesté car il exclut les six autres candidatures validées par le Conseil constitutionnel vendredi: les trotskistes Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière), les souverainistes Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et François Asselineau (UPR), le centriste Jean Lassalle et le vétéran inclassable Jacques Cheminade.
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