Les deux finalistes de la primaire initiée par le PS, Benoît Hamon et Manuel Valls, ont affiché mercredi soir leurs profondes divergences, sur...
Débat TV: Hamon et Valls affichent leurs divergences sans virulence
Les deux finalistes de la primaire initiée par le PS, Benoît Hamon et Manuel Valls, ont affiché mercredi soir leurs profondes divergences, sur...
Par Stéphanie LEROUGE
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Les deux finalistes de la primaire initiée par le PS, Benoît Hamon et Manuel Valls, ont affiché mercredi soir leurs profondes divergences, sur le travail et la laïcité notamment, lors d'un débat télévisé d'entre-deux-tours de bonne tenue et sans acrimonie.
Pendant deux heures, les deux hommes ont défendu pied à pied leur vision de la gauche tout en ayant visiblement à coeur, après les joutes violentes des derniers jours, de ne pas donner le sentiment d'incarner deux gauches "irréconciliables".
L'ancien Premier ministre Manuel Valls sur le plateau du débat du second tour des primaires de la gauche à La Plaine-Saint-Denis le 25 janvier 2017
POOL/AFP
Et tous deux sont tombés d'accord, face à l'affaire d'emploi présumé fictif qui vise l'épouse du candidat de la droite François Fillon, pour proposer d'interdire l'emploi par un parlementaire d'un parent proche.
Le débat a tourné à l'avantage de M. Hamon, si l'on en croit un sondage Elabe pour BFMTV réalisé auprès de 1.215 téléspectateurs et publié aussitôt après : 60% ont jugé le député de Trappes plus convaincant que son rival (37%). Une proportion sensiblement identique chez les sympathisants de gauche (61% contre 36%).
D'un côté, Benoît Hamon, tenant d'une gauche capable de proposer "un futur désirable, propulser un imaginaire puissant", grâce notamment à son revenu universel d'existence qui a encore focalisé une partie de ce débat de l'entre-deux-tours diffusé par TF1, France 2 et France Inter.
Benoît Hamon sur le plateau du débat à La Plaine-Saint-Denis, le 25 janvier 2017
POOL/AFP
De l'autre, Manuel Valls, en position de challenger (31,48% au premier tour) derrière son ex-ministre de l'Education (36,03%), et à l'offensive pour défendre une gauche "crédible", désireuse de "ne pas créer d'illusion".
Le thème du travail, qui a ouvert la soirée, a donné le ton pour la suite. "Je ne veux pas d'une vision disant au fond le travail disparaît, on s'y résout, et après tout on partage", a lancé M. Valls dès les premières minutes, accusant son adversaire de porter "un "message de découragement" et "d'abdication" sur le chômage avec sa proposition d'un revenu universel, toute en reconnaissant sa "cohérence".
Benoît Hamon, qui défend notamment la semaine de 32 heures, a souligné son "désaccord important avec Manuel Valls", lui reprochant de n'avoir à opposer aux "études" sur l'impact du numérique sur le travail que sa "foi" et sa "croyance".
- Hollande a regardé le débat -
Même mésentente cordiale sur le thème des déficits et de la dette: alors que Manuel Valls a défendu la maîtrise de la dépense publique et des déficits, Benoît Hamon a plaidé pour des investissements importants en matière de transition énergétique, quitte à aggraver les déficits.
"On négocie avec les banquiers, pas avec la nature", a-t-il répété. "L'option politique que je propose, ce n'est pas de dire que ce qui va peser sur l'avenir de mes filles, c'est la dette."
La discussion s'est envenimée sur le sujet de la laïcité et du voile islamique, thèmes chers à Manuel Valls.
"Notre rôle, c'est de ne jamais stigmatiser. Mais c'est de dire à ces femmes et ces jeunes filles, qui vivent cet ordre machiste que nous sommes là pour les aider à s'émanciper", a exposé l'ancien ministre de l'Intérieur, après avoir taxé cette semaine d'"ambiguë" la position de M. Hamon sur l'islamisme radical.
Benoît Hamon et Manuel Valls sur le plateau du débat à La Plaine-Saint-Denis le 25 janvier 2017
POOL/AFP
Rappelant que Benoît Hamon s'était exprimé contre la loi interdisant le port du voile intégral, en 2010, Manuel Valls a pointé du doigt le fait qu'un de ses porte-parole, Alexis Bachelay, avait organisé une réunion avec le Collectif contre l'islamophobie en France contre la prolongation de l'état d'urgence.
"Là où une femme décide librement de porter le foulard islamique, et il en existe, peu importe ce que nous pensons, au nom de la loi de 1905, elle est libre de le faire, et moi je veux lui assurer cette liberté", a plaidé M. Hamon, citant... François Hollande: la laïcité, "c'est l'art de vivre ensemble".
Manuel Valls et Benoît Hamon, la confronntation se tend autour de la laïcité
AFP
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