Débats télévisés entre les candidats à la présidentielle : 2022 vs 2017
TF1 organise le 14 mars une grande soirée politique réunissant les huit principaux candidats de l’élection présidentielle. Le président sortant Emmanuel Macron participera à cette émission, sans débat. A 30 jours du premier tour, la campagne électorale actuelle est marquée par un manque de confrontation et de débat entre les différents prétendants à l’Elysée, une configuration bien éloignée de la campagne de 2017.

Débats télévisés entre les candidats à la présidentielle : 2022 vs 2017

TF1 organise le 14 mars une grande soirée politique réunissant les huit principaux candidats de l’élection présidentielle. Le président sortant Emmanuel Macron participera à cette émission, sans débat. A 30 jours du premier tour, la campagne électorale actuelle est marquée par un manque de confrontation et de débat entre les différents prétendants à l’Elysée, une configuration bien éloignée de la campagne de 2017.
Public Sénat

Par Louis Dubar

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Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Fabien Roussel, Éric Zemmour participeront au côté d’Emmanuel Macron à cette émission nommée « La France face à la guerre » qui traitera de l’invasion russe de l’Ukraine et des conséquences économiques et sociales du conflit dans l’Hexagone. Les candidats exposeront aux Français, « les réformes, les changements qui leur paraissent nécessaires pour préparer notre pays au monde tel qu’il change », explique Adrien Gindre, rédacteur en chef du service politique du groupe TF1.

Chaque candidat interviendra individuellement, à tour de rôle. Chaque intervention sera articulée de trois séquences. Dans la première, le postulant à l’Elysée aura une minute pour présenter sa « profession de foi. » La deuxième partie sera une interview d’une quinzaine de minutes. Dans un dernier temps, le candidat disposera de deux minutes pour revenir sur certains sujets abordés au cours de l’entretien. Ce format atypique est lié au refus d’Emmanuel Macron de participer à un débat politique avec les autres candidats avant le premier tour du scrutin. « Aucun président en fonction qui se représentait ne la fait », souligne le président. Le rédacteur en chef du service politique du groupe TF1, Adrien Gindre avance également le manque de consensus entre les différents prétendants à l’Elysée sur choix du format, « tous n’étaient pas d’accord entre eux sur l’opportunité de faire un débat, sur le nombre de participants, sur la bonne configuration », explique-t-il.

2017 : la nouveauté des débats avant le premier tour

En 2017, TF1 avait accueilli le 21 mars sur son plateau le premier débat télévisé de l’élection présidentielle avant le premier tour du scrutin. La chaîne de télévision avait accueilli les cinq « gros » candidats de l’élection. François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Benoît Hamon avaient débattu pendant près de trois heures sur le plateau de l’émission de TF1. Animé par Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray, le programme a été divisé en trois grandes thématiques : questions économiques, modèle de société et place de la France dans le Monde. Evènement inédit bousculant les us et coutumes des élections à la présidentielle de la Vème République, c’est la première fois qu’une chaîne de télévision transmettait en direct un débat réunissant les principaux candidats de l’élection présidentielle avant le premier tour du scrutin. Le candidat LR est le premier à s’exprimer pour une minute trente de présentation, ses premiers mots sont destinés aux six autres candidats absents du plateau et dénonce un choix « anti-démocratique » fait par la chaîne. Dans un climat politique dominé par les révélations de l’affaire Pénélope Fillon et des assistants parlementaires du Front National au Parlement européen, les débats sont techniques et on note quelques passes d’armes entre les candidats. « J’ai admiré vos pudeurs de gazelles », lance le candidat Insoumis à ses concurrents. « Quand vous dites que le débat a été pollué par les affaires de certains d’entre nous, pardon, pas moi ! Ici, il n’y a que deux personnes qui sont concernées Monsieur Fillon et Madame Le Pen », poursuit Jean-Luc Mélenchon. « Franchement, ça pourrait venir », lui rétorque Marine Le Pen.

Le 4 avril, c’est au tour des chaînes d’information en continu BFMTV et CNews d’organiser leur débat présidentiel. Cette fois-ci, les onze candidats à la présidentielle répondent tous présents. Le débat est animé par les journalistes Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, les candidats sont interrogés pendant près de quatre heures sur trois thèmes décidés par les rédactions des deux médias : l’emploi, comment protéger les Français et le modèle social. Ce match à onze fait la part belle aux « petits » candidats qui invectivent avec vigueur les candidats bien positionnés dans les sondages d’opinion. Philippe Poutou est le premier à ouvrir les hostilités dans sa présentation, « à part Nathalie Arthaud, autour de ces pupitres, je crois que je suis le seul à avoir un métier normal. » Le candidat NPA n’hésite pas à s’en prendre au candidat LR empêtré dans les soupçons d’emplois fictifs. « Fillon, il est en face de moi, et plus on fouille, plus ou sent la corruption. En plus, ce sont des bonshommes qui nous expliquent qu’il faut de la rigueur et de l’austérité, et eux-mêmes piquent dans les caisses publiques », ajoute-t-il.

Les affaires judiciaires avaient également électrisé les grands oraux de la primaire de la droite et du centre. Le 14 octobre 2016 au cours du premier débat sur TF1, l’actuel ministre de l’économie et des Finances, Bruno Le Maire défend l’obligation d’avoir un casier judiciaire pour pouvoir concourir à l’élection présidentielle. Quelques minutes plus tard, l’ancien maire de Bordeaux lui répond sur ses déboires judiciaires : « je tiens à disposition mon casier judiciaire à la disposition de Bruno. Tout le monde connaît la condamnation qui m’a été infligée. […] La Cour d’appel a bien voulu dire que je ne m’étais rendu d’aucun enrichissement personnel et que je ne devais pas être le bouc émissaire d’une affaire collective. » Interrogé sur la phrase choc de François Fillion, « qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? » Nicolas Sarkozy répond sur le plateau de TF1 à son rival, « ce ne sont pas des déclarations qui honorent, ceux qui les prononcent. » Le sixième président de la République profite également de l’occasion pour se défendre des soupçons de corruption qui planent autour de sa personne, « mon casier judiciaire, après 37 ans de vie politique, il est vierge. Je n’ai jamais été condamné. […] Est-ce que vous croyez vraiment que si j’avais quoi que ce soit à me reprocher, je me lancerais dans cette nouvelle campagne ? »

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