Déboires de l’EPR de Flamanville : le gouvernement exige un plan d’action d’EDF d’ici un mois
Face au dérapage du calendrier et de la facture du réacteur nucléaire de nouvelle génération, l’État, en sa qualité d’actionnaire majoritaire, demande à EDF de mettre rapidement des mesures. Les parlementaires ont déjà mis le doigt sur plusieurs lacunes et marges de progression possibles.

Déboires de l’EPR de Flamanville : le gouvernement exige un plan d’action d’EDF d’ici un mois

Face au dérapage du calendrier et de la facture du réacteur nucléaire de nouvelle génération, l’État, en sa qualité d’actionnaire majoritaire, demande à EDF de mettre rapidement des mesures. Les parlementaires ont déjà mis le doigt sur plusieurs lacunes et marges de progression possibles.
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Le ton du ministre de l’Économie traduit l’impatience du gouvernement au sujet d’un chantier qui accumule les impairs et les déboires. Bruno Le Maire a employé des mots assez durs à l’égard d’EDF, mis en difficulté par la saga de l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération qui aurait dû entrer en service à Flamanville il y a 7 ans. Il parle d’un « manque de rigueur inacceptable », après la remise d’un rapport d’audit au vitriol, remis officiellement ce lundi. Depuis 2006, les travaux de la future centrale ont été à plusieurs reprises ralentis par des « défaillances techniques et industrielles » et une succession d’anomalies. Les dernières en date : les soudures.

« La construction de l'EPR aura accumulé tant de surcoûts et de délai qu'elle ne peut être considérée que comme un échec pour EDF », conclut l’auteur du rapport, l’ancien patron de PSA, Jean-Martin Folz, mandaté par le gouvernement cet été. Perte de compétences « généralisées », mauvaises relations entre EDF et ses partenaires, gouvernance du chantier « inappropriée » : l’audit égrène une succession de faiblesses et de carences.

Immédiatement, le gouvernement a réclamé un « plan d’action » à l’opérateur, d’ici un mois, pour remettre la filière nucléaire aux « meilleurs niveaux d’exigence ». L’entreprise, détenue à 84% par l’État, devra améliorer la façon dont est dirigé le projet, se pencher sur ses rapports avec ses partenaires ou les autorités. Il lui a également demandé de réorganiser éventuellement les équipes, et surtout, d’établir des « responsabilités ».

Les parlementaires à la manœuvre après une « audition contradictoire »

Très attentif aux problématiques de sûreté nucléaire et des défis technologiques, l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a lui aussi tiré quelques conclusions, après avoir réuni autour d’une même table les principaux acteurs dossiers début juillet. L’audition, en juillet, avait été convoquée après l’information de nouveaux écarts de fabrication sur les soudures de l’EPR. Le face-à-face, entre les représentants d’EDF et le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur les différentes alertes et corrections à apporter, s’est révélé « tendu », selon les mots de Cédric Villani, vice-président de l’Office.

Sénateurs et députés ont fait le constat de l’importance d’assurer un dialogue permanent entre EDF et le gendarme du secteur, l’ASN. Bernard Doroszczuk, président de cette autorité, avait particulièrement insisté sur ce point. « Nous ne pouvons pas prendre une décision éclairée si nous n'avons pas un dialogue technique approfondi avec l'exploitant », avait-il expliqué.

Outre la sauvegarde des moyens financiers et humains des autorités de contrôle, tout comme l’indispensable besoin de « transparence » dans la sûreté nucléaire, les parlementaires ont souligné qu’il fallait « inciter EDF à prendre le recul nécessaire pour analyser ses difficultés de surveillance et les résoudre de manière pérenne ».

L’OPECST a par ailleurs indiqué, le 26 septembre, qu’il étudierait les conséquences d’une séparation d’EDF en deux entités, comme l’a évoqué la direction au début de l’été. Pour les parlementaires, l’isolement de l’activité nucléaire soulève des questions concernant le travail des équipes recherche et développement.

Comme le gouvernement, sénateurs et députés ont également rappelé que le fiasco de l’EPR était la conséquence directe d’une « perte d’expérience », comme l’a régulièrement soulevé EDF. En effet, 16 ans se sont écoulés depuis la construction du dernier réacteur en France. C’était à Civaux, dans la Vienne. Le gouvernement souhaite aujourd’hui qu'EDF lance « un plan de compétence de la filière nucléaire ».

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