Décès d’un enfant: l’Assemblée retoque de justesse un congé de 12 jours
L'Assemblée nationale a autorisé jeudi le don de RTT en cas de décès d'un enfant mais retoqué d'extrême justesse la proposition...

Décès d’un enfant: l’Assemblée retoque de justesse un congé de 12 jours

L'Assemblée nationale a autorisé jeudi le don de RTT en cas de décès d'un enfant mais retoqué d'extrême justesse la proposition...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a autorisé jeudi le don de RTT en cas de décès d'un enfant mais retoqué d'extrême justesse la proposition initiale du groupe UDI-Agir d'instaurer un congé de deuil de 12 jours plutôt que 5, les oppositions dénonçant une "mesquinerie".

L'octroi de 12 jours de congés n'a été rejeté que par 40 voix contre 38, au terme d'un débat qui s'est rapidement envenimé.

Le texte du groupe centriste, examiné dans le cadre d'une journée dédiée à ses propositions ("niche parlementaire"), avait été adopté en commission la semaine dernière, mais sans cette mesure phare.

Le rapporteur, Guy Bricout (UDI-Agir), a tenté dans l'hémicycle de revenir au texte initial, arguant que 5 jours n'était "pas à la hauteur" pour "reprendre pied suite à la mort d'un enfant" et en appelant à l'"humanité" de ses collègues. Il a rappelé que chaque année en France, 4.500 enfants meurent avant d’avoir atteint la majorité.

En réponse, Sereine Mauborgne (LREM) a défendu la "possibilité pour l'employeur de créer un compte de don", la ministre du Travail Muriel Pénicaud mettant aussi en avant un "élan de solidarité" avec le don de RTT pour un collègue endeuillé.

Mais les oppositions sont montées au créneau, disant leur "honte" du refus de la majorité d'étendre le congé, à l'instar de Pierre Cordier (apparenté LR).

"On parle de la tragédie des tragédies", "douze jours, je pensais que ça passerait comme une lettre à la poste", a lancé l'insoumis François Ruffin, dénonçant une majorité "mesquine".

C'est une conception de la solidarité nationale "qui m'échappe", a encore jugé Moetai Brotherson, membre du groupe à majorité PCF, tandis que l'ex-LREM Agnès Thill a raillé "une humanité à géométrie variable" chez ses ex-collègues.

Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir) a dit son "incompréhension", estimant que ce congé devait être "pris en charge par la nation" et pas renvoyé à des dons entre collègues.

Mme Pénicaud lui a répondu que le texte centriste tel que rédigé ne reposait pas sur la solidarité nationale, mais sur un congé "payé 100% par l'entreprise".

Après le rejet du congé de 12 jours, Brigitte Kuster (LR) a tancé une majorité "incapable d'écouter".

"Quand on s'achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c'est quand même un peu facile", lui a répondu Sereine Mauborgne (LREM), suscitant de vives protestations dans l'hémicycle.

La proposition de loi a finalement été adoptée en première lecture par 46 voix et 37 abstentions.

L'Assemblée a par ailleurs rejeté une autre proposition de loi du groupe centriste, qui entendait interdire le cumul d'une pension de retraite et de revenus d'activité pour les personnes nommées au sein des autorités administratives et autorités publiques indépendantes (Autorité de sûreté nucléaire, Conseil supérieur de l'audiovisuel...).

Le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau a renvoyé à un décret actuellement en préparation au Conseil d’État.

Autre texte rejeté in extremis, celui de la députée Sophie Auconie, qui visait à lutter contre la déshérence des retraites supplémentaires.

Les députés de gauche comme l'Insoumis Éric Coquerel ou Moetai Brotherson, membre du groupe à majorité PCF, en ont profité pour dénoncer le projet de réforme des retraites du gouvernement, qui pousserait, selon eux, les Français à aller vers ce système complémentaire par capitalisation. Le vote a été très serré: sur 43 votants, avec trois abstentions, 20 députés ont voté pour, et 20 contre, l'égalité valant rejet du texte.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Décès d’un enfant: l’Assemblée retoque de justesse un congé de 12 jours
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le