FRANCE : Francois Leotard sur TF1
Francois Léotard sur TF1, le 6 décembre 1992. Crédit photo : SUREAU/TF1/SIPA

Décès de François Léotard : « une personnalité qui ne laissait personne indifférent », salue Claude Malhuret

Plusieurs membres du Sénat, notamment dans les rangs du centre, ont exprimé ce 25 avril une pensée après l’annonce de la mort de l’ancien ministre UDF François Léotard.
Guillaume Jacquot

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C’est une figure des deux premières cohabitations qui vient de s’éteindre. Ministre de la Culture (1986-1988) dans le gouvernement de Jacques Chirac, puis ministre de la Défense (1993-1995) dans le gouvernement d’Édouard Balladur François Léotard est mort ce mardi à l’âge de 81 ans. C’est Emmanuel Macron sur son compte Twitter qui a annoncé sa disparition, saluant « un esprit libre, un homme de livres et d’engagement » qui a « servi l’État et porté une grande idée de la culture ».

Proche de François Léotard, dans les années 80, le sénateur Claude Malhuret fait part d’une « réaction extrêmement peinée ». « Il était une personnalité qui imprimait, qui ne laissait personne indifférent », témoigne auprès de Public Sénat le président du groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat.

« La bande à Léo »

Sa rencontre avec le parlementaire varois représente son « premier souvenir politique ». « Je l’ai connu à l’époque où j’étais président de Médecins sans frontières et la Marche pour la survie du Cambodge [en 1980, N.D.L.R.] ». C’est dans le cadre de l’organisation de cet évènement que le futur maire de Vichy fait connaissance avec les compagnons de route libéraux de François Léotard. Il intègre alors « la bande à Léo » de François Léotard, Alain Madelin et Gérard Longuet. À part les Rocardiens et le Parti républicain dans lequel évoluait la « bande à Léo », peu de partis ont répondu à l’appel pour cette action humanitaire, organisée à la frontière commune avec la Thaïlande, selon le sénateur Malhuret.

En 1986, Claude Malhuret intègre le gouvernement Chirac aux côtés de la « bande à Léo », où il occupe le nouveau secrétariat d’État aux Droits de l’homme. « C’était la grande époque, une façon très nouvelle de faire la politique, une nouvelle génération politique », raconte l’ancien maire de Vichy. Ce dernier se souvient de l’un des faits d’armes du ministre Léotard à la Culture : la privatisation de la première chaîne de télévision. « À l’époque c’était une réforme considérable, extrêmement polémique mais qui paraît aujourd’hui une évidence. »

Ami proche, le sénateur LR Gérard Longuet a aussi longuement rendu hommage à son prédécesseur au ministère de la Défense : « Valeureux, désintéressé, amical mais secret et souvent pessimiste, il était parfaitement irremplaçable et reste donc une personnalité exceptionnelle. »

« Une personnalité qui a œuvré pour le courant libéral et centriste », estime le sénateur Hervé Marseille

Le décès de celui qui fut président de l’UDF de 1996 à 1998 a fait réagir de nombreux sénateurs au centre de l’hémicycle. Hervé Marseille, le président du groupe Union centriste, se dit attristé par la disparition d’un « homme politique d’envergure ». « Il fut une personnalité à l’esprit brillant qui a œuvré pour le courant libéral et centriste », a réagi sur Twitter l’actuel président de l’UDI. Le sénateur Olivier Henno, qui précise sur le même réseau social avoir travaillé pour l’ancien ministre, dit garder le « souvenir d’un homme charismatique, cultivé et d’une rare hauteur de vue ».

Leur collègue Loïc Hervé s’est aussi joint au mouvement. « Il aimait la liberté et comme les vrais libéraux, il chérissait de pouvoir exprimer librement ce qu’il pensait, jusqu’à plaider pour une France fédérale », a rendu hommage le sénateur de la Haute-Savoie.

Proximité géographique oblige, le sénateur LR des Alpes-Maritimes Philippe Tabarot a également été l’un des premiers à témoigner son émotion après la disparition de l’ancien maire de Fréjus (1977-1997). Les deux hommes avaient notamment pour point commun Cannes comme ville natale. « Brillant et profondément cultivé, j’ai puisé dans ses convictions les ferments de ma voie politique et militante, celle de la droite libérale », a réagi le sénateur cannois, engagé dès l’âge de 18 ans sous la même étiquette que François Léotard.

Issu de la même génération, le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne (Renaissance) a lui fait part de sa « très grande tristesse ». « Il avait levé l’espoir chez toute une génération séduite par sa droite moderne, libérale, sociale et européenne », écrit l’ancien ministre.

« C’est une page de la Ve République qui se tourne », témoigne aussi Emmanuel Capus, sénateur Horizons.

François Léotard avait quitté la politique dans les années 2000. En mars 2021, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende pour « complicité » d’abus de biens sociaux dans l’un des volets de l’affaire Karachi. Cette affaire complexe portait sur la mise en place de rétrocommissions illégales sur des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan, destinées à financer en partie la campagne présidentielle d’Édouard Balladur.

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