Déclaration de politique générale : « Si Monsieur Bayrou annonce des choses inacceptables pour le RN, on peut censurer directement », déclare Jean-Philippe Tanguy 

Invité de la matinale de Public Sénat, Jean-Philippe Tanguy évoque les enjeux de la déclaration de politique générale de François Bayrou aujourd’hui à 15 heures. Le parti de Marine Le Pen ne compte pas censurer systématiquement le gouvernement, mais rappelle tout de même plusieurs lignes rouges, notamment sur la fiscalité ou la réduction du déficit public.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

A quelques heures de la déclaration de politique générale de François Bayrou devant les députés, le parti de Marine Le Pen se réserve encore la possibilité de voter une motion de censure. S’il assure que le RN ne souhaite pas voter la censure, « a priori », Jean-Philippe Tanguy rappelle les lignes rouges de son parti. En votant la motion de censure déposée par la gauche le 4 décembre dernier, le RN avait entraîné la chute du gouvernement de Michel Barnier.  

Avant la déclaration de politique générale, le RN refuse la censure a priori  

« J’espère qu’il n’y aura pas de mesure qui impose la censure, c’est-à-dire des augmentations d’impôts sur les classes moyennes et populaires », affirme le député RN qui évoque également la justice fiscale et la prise en compte de la situation budgétaire parmi ses priorités. « Si Monsieur Bayrou annonce des choses inacceptables pour le RN, on peut censurer directement », continue Jean-Philippe Tanguy qui affirme néanmoins qu’à ce stade ce n’est pas l’option retenue. Comme pour Michel Barnier, le RN devrait laisser une chance à François Bayrou à l’issue de son discours de politique générale. « La censure a des conséquences, ce n’est pas un gadget », précise Jean-Philippe Tanguy.  

« Les deux ministres nous ont assuré que l’indexation des retraites était désormais garantie » 

Une censure qui paraît peu probable puisque comme le rapporte Jean-Philippe Tanguy, le RN a obtenu gain de cause sur l’une de ses priorités, la revalorisation des retraites. Ce dernier point avait précipité le vote de la censure par le RN en décembre dernier.  « Les deux ministres nous ont assuré que l’indexation des retraites était désormais garantie », rapporte Jean-Philippe Tanguy qui a participé aux consultations organisées à Bercy. Le Parti socialiste pourrait également se résoudre à ne pas censurer le gouvernement de François Bayrou alors qu’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, estime qu’un accord est possible avec le gouvernement sur le sujet des retraites. Opposé à la réforme des retraites de 2023, le RN assure cependant ne pas en faire une « ligne rouge ». « L’absence de réforme sur les retraites n’est pas un objet de censure. On peut abroger la réforme au Parlement sans le gouvernement », explique Jean-Philippe Tanguy. Néanmoins, le RN avait profité de sa niche parlementaire pour déposer une proposition de loi permettant l’abrogation de la réforme des retraites. Le texte n’avait cependant pas pu aller au terme de son examen. Malgré cela, le RN n’attend pas d’avancées du gouvernement. « Tout ce qu’on leur propose c’est l’ouverture d’une négociation », pointe Jean-Philippe Tanguy qualifiant les échanges entre la gauche et le gouvernement de « farce ». 

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale : « Si Monsieur Bayrou annonce des choses inacceptables pour le RN, on peut censurer directement », déclare Jean-Philippe Tanguy 
6min

Politique

Justice criminelle : le Sénat adopte le texte qui instaure une nouvelle procédure de plaider-coupable 

Mardi soir, le Sénat a adopté le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte est l’objet depuis plusieurs jours de l’opposition des avocats contre l’instauration de l’extension de la reconnaissance préalable de culpabilité à certains crimes. Sorte de plaider-coupable à la française qui, selon le garde des Sceaux, permettrait de désengorger en partie les juridictions. Les arguments n’ont pas convaincu les groupes de gauche qui ont voté massivement contre.

Le

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

Déclaration de politique générale : « Si Monsieur Bayrou annonce des choses inacceptables pour le RN, on peut censurer directement », déclare Jean-Philippe Tanguy 
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

Déclaration de politique générale : « Si Monsieur Bayrou annonce des choses inacceptables pour le RN, on peut censurer directement », déclare Jean-Philippe Tanguy 
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le