Déconfinement : « A court terme, la frénésie de revoyager et de repartir en vacances sera très forte »
« Le tourisme va revenir très vite à Paris et sur toute la France », selon Jean-François Rial, président de l’office du tourisme et des congrès de Paris, auditionné par la mission d’information du Sénat sur les effets du confinement. Un optimisme que ne partage pas autant Patrick Arnaud, responsable de la station de ski de Serre Chevalier, où la fermeture a été « un séisme ».

Déconfinement : « A court terme, la frénésie de revoyager et de repartir en vacances sera très forte »

« Le tourisme va revenir très vite à Paris et sur toute la France », selon Jean-François Rial, président de l’office du tourisme et des congrès de Paris, auditionné par la mission d’information du Sénat sur les effets du confinement. Un optimisme que ne partage pas autant Patrick Arnaud, responsable de la station de ski de Serre Chevalier, où la fermeture a été « un séisme ».
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Après le secteur culturel, la mission d’information du Sénat sur les effets du confinement et des mesures de restriction étudie les conséquences économiques de la crise sanitaire. Au moment où les activités reprennent, les sénateurs de la mission présidée par Bernard Jomier (apparenté PS) se sont notamment penchés ce jeudi sur l’activité touristique.

Sans surprise, « l’activité s’est écroulée », avec environ « 70 % de baisse de fréquentation pour Paris », constate Jean-François Rial, président de l’office du tourisme et des congrès (OFTC) de Paris. Heureusement, « les aides gouvernementales ont été colossales. […] Je suis presque plus inquiet pour l’Etat que pour les professionnels du tourisme ! Il y a eu très peu de faillites, plutôt moins que d’habitude » souligne Jean-François Rial, « mais il pourrait y en avoir en sortie de crise, car les aides vont se réduire. Il s’agit de les faire perdurer de façon subtile, le temps que l’activité reprenne. Le gouvernement en a conscience ». Mais « on ne pourra pas sauver tout le monde », reconnaît ce spécialiste du tourisme.

« Le tourisme va exploser »

Pour la suite, le retour des beaux jours s’annonce. Jean-François Rial voit déjà la vie et l’avenir en rose. « Je suis très optimiste sur ce qui va se passer post-covid, ça va reprendre très fort » prédit-il. Celui qui est aussi à la tête de Voyageur du monde ajoute : « A court terme, la frénésie de revoyager et de repartir en vacances sera très forte ». Regardez :

Pas étonnant, après des mois d’interdictions, de contraintes et d’épidémie anxiogène. Jean-François Rial insiste et se dit « certain que le tourisme va exploser, va repartir très fort. […] Je pense que rien ne va changer et que le tourisme va revenir très vite à Paris et sur toute la France », y compris « les touristes internationaux », mais bien entendu, à condition que « la crise sanitaire soit réglée » et bien derrière nous.

Après seulement 12 millions de visiteurs pour le Grand Paris en 2020, contre 36 millions normalement, il estime « entre 17 et 20 millions » le nombre de visiteurs pour 2021, avant de « retrouver en 2022 au moins une activité égale à 2019 », à l’exception des touristes d’affaire, qui seront « moins » nombreux. Cependant, il faudra « accompagner l’activité par les aides encore quelques mois, car ce sera plus long de faire revenir les Américains, Sud-Américains et asiatiques ». Les Européens, grâce au passeport vaccinal, devraient eux faire leur retour.

La crise a été très dure pour les stations de ski où « le tourisme est une mono activité »

Patrick Arnaud ne partage pas l’optimisme de Jean-François Rial. Il est directeur général de Serre Chevalier domaine skiable. « Je ne suis pas le pessimiste de service, mais la crise sanitaire peut perdurer. Le virus ne réagit pas pareil entre hiver et été. Et il y a un sujet sur le passeport vaccinal », souligne le responsable de la station de ski, sans oublier le risque de variants. Il craint aussi que les touristes étrangers aient du mal à retrouver le chemin des stations l’hiver prochain, les habitudes pouvant se perdre et changer.

« La fermeture des stations, c’est un séisme sur les territoires concernés », rappelle Patrick Arnaud, « car le tourisme y est une mono activité, surtout l’hiver ». Et contrairement à « ce qui est écrit dans les journaux », « les gens ne sont pas revenus » cet hiver. « La réalité, c’est qu’il y a eu 20 % de la fréquentation habituelle », souligne Patrick Arnaud. Les indemnisations de l’Etat « nous ont cependant permis de passer la crise en limitant grandement les dégâts ». « Mais les magasins de sport et les hébergeurs sont mal indemnisés », tempère le responsable de Serre Chevalier.

« En Guadeloupe et en Martinique, les réservations qui tombent depuis trois semaines, c’est monstrueux ! »

Sous des latitudes et altitudes plus clémentes, du côté des Antilles, la saison a également été mauvaise. « Le tourisme a été particulièrement touché en raison de la crise et car il fallait un motif impérieux pour venir », rappelle Olivier Léna, directeur interrégional Antilles-Guyane de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En décembre 2020, les hôtels en Guadeloupe ont ainsi « perdu un tiers de leur chiffre d’affaires, comparé à 2019, et une perte de deux tiers à l’automne ».

Selon une étude, l’Outre-mer a cependant globalement « un peu moins souffert que la métropole, car l’activité marchande y est moins représentée et les secteurs affectés par la crise y sont moins représentés », précise le responsable de l’Insee. Une lecture à pondérer, car « les personnes qui vivent des activités informelles se sont retrouvées sans activité » et n’ont pu évidemment bénéficier des aides de l’Etat. Un trou dans la raquette qui a « pu accentuer les inégalités sociales ».

Au regard des données qu’il voit, Jean-François Rial est aussi pour les Antilles très optimiste : « En Guadeloupe et en Martinique, je vois les réservations qui tombent depuis trois semaines, c’est monstrueux ! » lâche le patron de Voyageurs du monde. Olivier Léna reste lui plus prudent sur l’avenir, car « la crise risque de persister avec des variants. On le voit en Guyane, avec le variant brésilien ». Le virus ne compte pas prendre de vacances aussi facilement.

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