Déconfinement : « On aura plus d’éléments au Sénat qu’à l’Assemblée »
Présentée ce mardi aux députés, la feuille de route de l’après 11 mai sera examinée une semaine plus tard au Sénat. Il n’y aura pas de débat spécifique sur le traçage numérique, mais un vote global sur le plan de déconfinement.

Déconfinement : « On aura plus d’éléments au Sénat qu’à l’Assemblée »

Présentée ce mardi aux députés, la feuille de route de l’après 11 mai sera examinée une semaine plus tard au Sénat. Il n’y aura pas de débat spécifique sur le traçage numérique, mais un vote global sur le plan de déconfinement.
Public Sénat

Par Samia Dechir

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Plusieurs dates circulent encore. Le 4 ou le 5 mai, les sénateurs seront amenés à se prononcer sur le plan de déconfinement du gouvernement. Le jour et les modalités du vote seront décidés ce mardi soir par la conférence des présidents du Sénat. Le texte soumis aux parlementaires n’est pas un projet de loi, mais une feuille de route. Elle sera donc examinée dans le cadre de l’article 50-1 de la constitution. Il permet au gouvernement, de faire « une déclaration qui donne lieu à un débat, et peut, s’il le décide, faire l’objet d’un vote sans engager sa responsabilité ».

Vote non contraignant

Ce cadre laisse peu de doutes sur la procédure : un débat, suivi d’un vote à valeur consultative mais non contraignante. Le gouvernement va-t-il se contenter d’énoncer les grandes lignes de son plan ? « Si c’est un vote sans qu’on ait le niveau de détails suffisants, quel est l’intérêt ? » s’interroge Philippe Dallier, sénateur (LR) de Seine-Saint-Denis.

Qu’ils soient convoqués le 4 ou le 5 mai, les sénateurs auront plus de temps que les députés pour se prononcer sur la feuille de route du déconfinement. L’Assemblée nationale va en effet voter dès ce 28 avril, dans la foulée de la présentation du plan par Édouard Philippe, sans aucun temps de réflexion. « On aura déjà plus d’éléments qu’à l’Assemblée nationale. On aura eu plusieurs jours pour travailler » reconnaît Hervé Marseille, patron du groupe centriste au Sénat.

Consultation des élus

Une fois votée par les députés, la feuille de route sera ensuite présentée aux préfets et aux élus locaux. Il est possible qu’à l’issue de ces consultations, le gouvernement décide de revoir sa copie avant de la soumettre au Sénat. De quoi justifier un second vote des députés la semaine prochaine sur la version définitive du plan, avance François Patriat. Le patron des sénateurs LREM précise que l’Assemblée nationale pourrait être de nouveau consultée « le lendemain du vote du Sénat ». Une information non confirmée par l’exécutif.

Un débat global

Seule certitude pour l’instant, il n’y aura finalement pas de débat parlementaire spécifique au traçage numérique des Français. La future application pour smartphone « Stop covid », censée permettre de retracer le parcours des personnes infectées par le coronavirus, devait être discutée au Sénat le 29 avril. Le débat sera finalement intégré à celui du 4 ou 5 mai sur l’ensemble du plan de déconfinement.

C’était une demande de Gérard Larcher. Le Président du Sénat a écrit au Premier ministre, pour lui demander un débat global. Contre l’avis de plusieurs sénateurs de son groupe. Partisan d’un traçage numérique obligatoire, Patrick Chaize regrette l’absence d’un débat préalable sur le sujet. Pour le sénateur (LR) de l’Ain, connaître l’ampleur du traçage numérique est indispensable pour décider des autres paramètres du déconfinement. « Dans l’hypothèse où l’on opterait pour une application de traçage obligatoire, on pourrait se permettre un déconfinement beaucoup plus large. Le gouvernement a peur de son ombre, il a peur de la tournure que le débat pourrait prendre » dénonce Patrick Chaize.

Les groupes divisés sur le traçage numérique

À l’Assemblée Nationale, l’opposition accuse elle aussi le gouvernement d’avoir voulu échapper à un débat sur lequel les députés de la majorité sont divisés. Au Sénat, certains élus soulignent que Gérard Larcher non plus n’avait aucun intérêt à laisser s’ouvrir une discussion spécifique, étant donné les divisions des Républicains sur le traçage numérique.

Ces divisions semblent traverser toutes les familles politiques. Chez les socialistes par exemple, Jérôme Durain estime que le traçage numérique est « un sujet de liberté publique trop important pour être noyé dans un débat global », alors que son président de groupe Patrick Kanner juge au contraire que tout est lié, et qu’il ne fallait pas « saucissonner les débats ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

L’entrée du Sénat
3min

Politique

Energie : la majorité sénatoriale passe à l’offensive contre la PPE

En choisissant de publier la nouvelle feuille de route énergétique de la France par décrets, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est attiré les foudres de la majorité sénatoriale. LR et centristes dénoncent un « passage en force » pour un texte « sans légitimité », qui court-circuite le travail législatif entamé il y a près de deux ans par la Chambre haute.

Le

Pierre-Yves Bournazel, candidat à la mairie de Paris 2026
4min

Politique

Municipales à Paris : « Sarah Knafo présente un programme bidon », tacle Pierre-Yves Bournazel

Le candidat, placé troisième dans les sondages (14%), s’attaque à la députée européenne d’extrême-droite. Conseiller à la mairie de Paris depuis 2008, Pierre-Yves Bournazel cherche à se démarquer de ses adversaires politiques, comme Sarah Knafo en se présentant comme « le meilleur choix du changement ». Dans sa campagne, il incarne le « ni Dati, ni Grégoire », même si la tentation d’une fusion des listes avec l’actuelle ministre de la Culture existe.

Le

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le