Décrocher un portrait de Macron jugé « légitime » au tribunal de Lyon
Décision inédite au tribunal correctionnel de Lyon: le juge unique a invoqué lundi "l’état de nécessité" et le "motif légitime"...

Décrocher un portrait de Macron jugé « légitime » au tribunal de Lyon

Décision inédite au tribunal correctionnel de Lyon: le juge unique a invoqué lundi "l’état de nécessité" et le "motif légitime"...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Décision inédite au tribunal correctionnel de Lyon: le juge unique a invoqué lundi "l’état de nécessité" et le "motif légitime" pour relaxer deux "décrocheurs" d'un portrait d'Emmanuel Macron en février dernier, poursuivis pour vol en réunion.

"C'est une première et un très très bon signal pour nous", a déclaré à l'AFP une porte-parole du mouvement ANV-COP21 qui a salué cette "décision historique" actant "le non-respect des objectifs climatiques de la France et la légitimité des actions de désobéissance civile face à l’urgence climatique".

Le 2 septembre, le parquet avait requis une amende de 500 euros contre les deux militants, un homme et une femme âgés de 32 et 33 ans, qui avaient décroché le portrait du président de la République dans la mairie du 2e arrondissement de Lyon. "Le vol est constitué et il ne règle en rien le dérèglement climatique", avait alors estimé la procureur Rozenn Huon.

Dans sa décision, le juge a reconnu que le vol de "l’objet d’une valeur fortement symbolique" était bien matérialisé. Mais, selon lui, la réalité du dérèglement climatique "affecte gravement l’avenir de l’humanité", ce qui légitime "d’autres formes de participation" des citoyens, "dans le cadre d'un devoir de vigilance critique".

Pour lui, l’intrusion d’une vingtaine de militants dans la mairie d’arrondissement a troublé l’ordre public de manière "très modérée". Le magistrat a estimé que l’action des militants a finalement constitué une interpellation légitime du président de la République.

"C’est la reconnaissance de plusieurs années de militantisme", a salué la militante à la sortie de la salle d’audience, très émue par cette décision.

L’ancienne ministre du Logement, Cécile Duflot, avait défendu lors de l'audience début septembre "un acte citoyen au sens le plus noble du terme" et un scientifique du CNRS avait exposé "l’indiscutable urgence climatique".

Le premier procès de "décrocheurs" s'était tenu fin mai à Bourg-en-Bresse. Un militant écologiste avait été condamné à une peine d'amende ferme de 250 euros et cinq autres à une amende avec sursis.

Deux semaines plus tard, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait relaxé trois militants qui avaient brièvement décroché un portrait du chef de l'Etat dans une mairie du Bas-Rhin.

Douze autres procès de "décrocheurs" sont prévus jusqu'à septembre 2020.

Partager cet article

Dans la même thématique

Tarbes Hautes Pyrenees manifestation contre la reforme des retraites
6min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le serpent de mer de la réforme des retraites

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.

Le

Décrocher un portrait de Macron jugé « légitime » au tribunal de Lyon
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Service National Universel
7min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le Service national universel (SNU), enterré avant d’avoir été généralisé

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce premier épisode : le Service national universel (SNU), un programme d’engagement au service de la nation, à l’attention des jeunes, et directement inspiré du service militaire.

Le