« Une campagne extrêmement difficile, extrêmement violente ». C’est par ces mots que la sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone résume son aventure municipale à Nice, où elle était en quatrième position sur la liste du maire sortant Chirstian Estrosi. L’édile, ex-LR désormais étiqueté Horizons, a perdu au second tour face à son frère ennemi Éric Ciotti, allié de Marine Le Pen. Une défaite qui a beaucoup agité la droite dans la mesure où Bruno Retailleau, le président des LR, a publiquement lâché Christian Estrosi pendant l’entre-deux tours, invoquant « une campagne délétère » et des rapprochements avec la gauche.
« On a livré la ville de Nice, qui est la cinquième ville de France, entre les mains de l’UDR et du RN », déplore Dominique Estrosi Sassone au micro de Public Sénat. Les appels au front républicain lancé par Christian Estrosi se sont notamment heurtés au maintien de la candidate socialiste, arrivée en troisième position. « Et puis, si j’ose dire, on a eu le coup de pied de l’âne avec les déclarations de Bruno Retailleau dans l’entre-deux tours, qui a dit qu’il laissait le choix aux Niçoises et aux Niçois », déplore la sénatrice.
« La gangrène s’installe »
Si Dominique Estorsi Sassone a eu l’occasion de s’en expliquer avec l’intéressé, à l’occasion d’un bureau politique des LR mardi soir, l’épisode devrait laisser des traces : « On ne remet pas en cause un accord national [passé avec Horizons, le parti d’Edouard Philippe, ndlr] deux jours avant le deuxième tour. Cet accord national avait été scellé par l’ensemble des partenaires, des alliés de la droite et du centre », fustige la sénatrice.
« Que l’on ne pense que ce qu’il s’est passé à Nice est intrinsèquement lié aux Alpes-Maritimes, la gangrène s’installe et, tôt ou tard, la secousse niçoise atteindra le reste du territoire national », avertit l’élue.
David Lisnard, lancé dans « une démarche individuelle »
Interrogé sur le départ de David Lisnard, le maire de Cannes, qui a quitté LR ce mardi matin, dénonçant un choix « truqué » pour la présidentielle quant au mode de désignation du candidat de la droite pour 2027, Dominique Estrosi Sassone « trouve que le timing est extrêmement étonnant ». « Cela se fait au lendemain de notre bureau politique, parce que le mode de désignation ne convient pas à David Lisnard, est une menace pour sa candidature personnelle à l’élection présidentielle. Et donc, forcément, il conduit aujourd’hui une démarche individuelle », tacle la sénatrice.
« Il faut un candidat unique de la droite et du centre pour éviter qu’au deuxième tour nous nous retrouvions entre deux populismes, d’un côté Mélenchon, de l’autre côté Bardella », enjoint Dominique Estrosi Sassone. « J’espère véritablement que cela pourra se mettre en œuvre. »