Défense : le Sénat veut porter le budget à 2% du PIB
Dans leur rapport « 2% du PIB : les moyens de la défense nationale », présenté ce mardi au Sénat, Jean-Pierre Raffarin, président de la commission des affaires étrangères, et Daniel Reiner, sénateur socialiste de la Meurthe-et-Moselle, demandent une loi de programmation militaire dès l’automne.

Défense : le Sénat veut porter le budget à 2% du PIB

Dans leur rapport « 2% du PIB : les moyens de la défense nationale », présenté ce mardi au Sénat, Jean-Pierre Raffarin, président de la commission des affaires étrangères, et Daniel Reiner, sénateur socialiste de la Meurthe-et-Moselle, demandent une loi de programmation militaire dès l’automne.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

 « Nous demandons à nos troupes d’intervenir partout, il faut leur donner les moyens de cette mobilisation », réclame Jean-Pierre Raffarin. « Dans un contexte de plus en plus dangereux » comme le souligne le rapport, « les besoins de nos armées  sont croissants ». D’où la nécessité d’adopter « vite » une nouvelle loi de programmation militaire. Et ce dès 2018, réclament les sénateurs, ce qui impliquerait un dépôt du projet de loi à l’automne 2017.

« Deux milliards d’euros supplémentaires par an »

Il s’agirait de consentir à un effort supplémentaire de l’ordre de « deux milliards d’euros supplémentaires par an », afin de porter le budget de la Défense à 2% du PIB. En 2016, il représentait 1,79% du PIB. « Ce seuil n’a guère de valeur en soi », précisent les auteurs du rapport, mais « un rôle mobilisateur ».

30 000 soldats des forces françaises sont mobilisés en France et dans le monde. Insuffisant compte tenu  « des graves menaces pensant sur notre territoire, nos concitoyens et nos intérêts » précisent Jean-Pierre Raffarin et Daniel Reiner. Or renforcer les forces opérationnelles implique des moyens supplémentaires. Et ce ne sont pas les seuls besoins pour assurer la défense française. « Le sur-engagement conduit à une usure accélérée des hommes comme des matériels », pointe le rapport. Autres investissements nécessaires, ceux liés aux « exigences propres à la guerre moderne », comme la cybersécurité.

Maintenir la force de dissuasion militaire

Outre les besoins de court terme, il est « indispensable » de maintenir notre force de dissuasion nucléaire sur le long terme. Le budget alloué à ce poste de dépense devra avoir « quasiment doublé » à l’horizon 2025 par rapport à 2013, recommandent les sénateurs.

Jean-Pierre Raffarin et Daniel Reiner ont également mis en garde contre l’instauration d’un nouveau service national universel et obligatoire, souhaitée par Emmanuel Macron. Selon eux, le coût serait « très élevé, jusqu’à 30 milliards sur 5 ans ». C’est « un projet de société bien plus qu’un enjeu de défense », ajoutent-ils pour dissuader l’exécutif de plomber le budget de la Défense avec un tel dispositif : « Cela ne doit pas « tuer dans l’œuf » la remontée en puissance des moyens des armées » telle qu’organisées dans leur rapport.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le

Défense : le Sénat veut porter le budget à 2% du PIB
4min

Politique

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte, la gauche dénonce un « sabordage »

Après avoir supprimé lundi, l’article 2, clé de voûte de la proposition de loi sur l’aide à mourir, le Sénat a rejeté l’ensemble du texte, en adoptant des amendements de suppression sur l’ensemble des articles. A gauche comme à droite, chacun s’est renvoyé la responsabilité de ce « sabordage ».

Le

Défense : le Sénat veut porter le budget à 2% du PIB
3min

Politique

« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Le

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le