Défense : Sébastien Lecornu annonce « la commande de 18 canons Caesar » pour remplacer ceux envoyés à l’Ukraine
« L’enjeu, c’est de ne pas perdre en compétence » et de permettre aux soldats de s’entraîner sur ces pièces d’artillerie, a expliqué le ministre des Armées, auditionné par le Sénat.

Défense : Sébastien Lecornu annonce « la commande de 18 canons Caesar » pour remplacer ceux envoyés à l’Ukraine

« L’enjeu, c’est de ne pas perdre en compétence » et de permettre aux soldats de s’entraîner sur ces pièces d’artillerie, a expliqué le ministre des Armées, auditionné par le Sénat.
François Vignal

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C’était un geste fort de la France pour aider l’Ukraine face à la Russie. Emmanuel Macron a envoyé à Kiev 18 canons Caesar. D’abord douze, puis lors de sa visite dans la capitale ukrainienne, le chef de l’Etat a annoncé l’envoi de six canons supplémentaires. Mais cet armement est pris directement sur les Caesar de l’armée française.

« Une enveloppe de 85 millions d’euros »

Auditionné par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, ce mercredi, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé qu’ils allaient être remplacés. « C’est quelque chose que nous n’avons pas encore rendu public. Nous venons d’acter la commande de 18 canons Caesar auprès de Nexter pour recompléter le stock de nos armées, notamment pour ne pas perdre sur le terrain de l’entraînement », a affirmé le ministre. « Ces pièces d’artillerie en moins auraient pu procéder à des défauts d’entraînement. C’est pour ça que nous procédons à la recomplitude », précise Sébastien Lecornu. « L’enjeu, c’est de ne pas perdre en compétence », insiste le ministre.

Le coût du remplacement de ces 18 canons représente « une enveloppe de 85 millions d’euros ». « L’argent est plutôt pris dans la gestion de la loi de programmation militaire actuelle », « on n’annule pas ou on ne retarde pas un programme engagé pour faire de la recomplétitude », précise Sébastien Lecornu.

Budget des armées : Lecornu « confirme » aux sénateurs « la marche de 3 milliards d’euros supplémentaires » en 2023

La question du budget des armées, même si elle sera abordée plus en détail lors de l’examen de la prochaine loi de finances, à l’automne, est bien sûr dans les esprits. D’autant que le 13 juillet dernier, Emmanuel Macron a chargé le ministère des Armées d’élaborer une nouvelle loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2024-2030. Il s’agit d’adapter les efforts budgétaires au nouveau contexte stratégique, évidemment marqué par le retour de la guerre aux portes de l’Europe, avec le conflit en Ukraine. « Alors que les conflictualités s’intensifient, il nous faut aujourd’hui réévaluer nos ambitions », avait-il lancé. « Notre ambition opérationnelle pour 2030 doit être revue pour mieux assurer notre capacité à faire face à la perspective du retour possible d’un affrontement de haute intensité », avait affirmé Emmanuel Macron. Cette nouvelle LPM sera « discutée avec le Parlement » début 2023, avait encore précisé le chef de l’Etat, qui avait déjà affiché son ambition d’une « réévaluation » de la LPM 2019-2025.

Avant de connaître les contours de cette future LPM, dans l’immédiat, et en vue du prochain budget 2023, Sébastien Lecornu « confirme » aux sénateurs « la marche de 3 milliards d’euros supplémentaires que vous avez arrêtés devant dans la LPM. Ces efforts doivent se traduire par une forme de tuilage dans les LPM futur ». Le ministre ajoute :

Nous ne travaillons pas une hypothèse de régression du budget.

« D’où sort l’idée que nous tiendrons 15 jours en cas d’invasion ? »

Interrogé sur la question de la faiblesse des stocks de munitions de l’armée française, Sébastien Lecornu reconnaît qu’« il n’y a pas besoin de grandes revues stratégiques pour dire que sur les munitions, il nous faut faire mieux ». Mais « laisser entendre qu’on aurait laissé les stocks complètement fondre, ce n’est pas vrai », corrige le ministre des Armées. Néanmoins, à l’avenir, « on va revenir sur des stratégies de petites munitions », qui manquent à l’armée.

Lire aussi >> Guerre de haute-intensité : la France a-t-elle suffisamment de munitions ?

Il récuse aussi l’affirmation selon laquelle la France serait défaite au bout de 15 jours, en cas d’attaque. « D’où sort l’idée que nous tiendrons 15 jours en cas d’invasion ? », demande Sébastien Lecornu, qui souligne qu’« on oublie que nous sommes une puissance dotée, nous sommes une puissance nucléaire ». Autrement dit, la dissuasion joue aussi son rôle.

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