Défense, sécurité, immigration : en position de force à Bruxelles, la droite européenne affirme sa feuille de route

Plus grand groupe au Parlement européen, le PPE est désormais aussi largement représenté au Conseil. Réunis au Sénat pour leurs journées parlementaires, les eurodéputés du groupe sont en position de force pour imposer leur agenda à Bruxelles. Dans ce contexte, le chef de file des eurodéputés LR, François-Xavier Bellamy, appelle la droite française à « se reconstruire », pour être « un partenaire à la hauteur ».
Rose-Amélie Bécel

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« On voit, partout en Europe, une demande des citoyens pour que la droite gouverne de nouveau », souligne Manfred Weber, ce 27 mars au Sénat, à l’ouverture des journées parlementaires du Parti populaire européen (PPE). L’Allemand a de quoi se réjouir. Chef de file de la plus grosse délégation de députés au Parlement européen, son courant politique domine aussi désormais le Conseil européen, notamment depuis l’élection du nouveau chancelier allemand Friedrich Merz. « Au Conseil européen, nous avons maintenant 14 membres sur 27 qui appartiennent au PPE, c’est un nombre que nous n’avions jamais vu avant ! » Dans ce contexte, où « l’agenda du PPE domine l’agenda de l’Union européenne », pointe Manfred Weber, les parlementaires doivent profiter de ces trois jours pour se concerter sur plusieurs sujets majeurs.

Ce 27 mars, une première partie des débats a ainsi été consacrée à l’immigration, autour du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et de Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations. Les discussions ont notamment tourné autour du nouveau règlement européen sur les retours, présenté au Parlement le 11 mars dernier, et qui prévoit notamment la création de centres hors des frontières de l’UE, pour accueillir les migrants expulsés. « Nous voulons favoriser l’expulsion des personnes entrées illégalement sur le sol européen », explique l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, pour qui le nouveau règlement doit permettre à l’Europe de « sortir de l’impuissance ».

La défense européenne au cœur des discussions

Mais, face à la menace russe et aux pressions américaines, ces journées parlementaires seront aussi largement consacrées aux questions de sécurité et de défense européenne. Les parlementaires doivent ainsi échanger avec différents « acteurs industriels européens majeurs », mais aussi avec l’amiral Pierre Vandier, commandant au sein de l’OTAN.

« D’ici 2030, l’Europe doit être en capacité de se défendre elle-même, sans soutien extérieur, ce qui demande beaucoup d’investissements », souligne Manfred Weber. Des investissements massifs déjà annoncés par la Commission européenne au début du mois de mars, à hauteur de 800 milliards d’euros. Si la majorité de ces financements proviendront des budgets de défense des différents Etats membres, 150 milliards seront distribués sous forme de prêts directement contractés par l’Union européenne.

Des fonds qui doivent servir, autant que possible, à réarmer l’Europe avec des équipements produits sur son sol, martèle François-Xavier Bellamy. « Quand nous investissons de l’argent européen pour financer la défense, ce doit être pour renforcer la base industrielle en Europe. Produire en Europe, c’est garantir dans la durée l’autonomie de nos pays », assure l’eurodéputé. En matière d’investissements, le chef de file de la droite française au Parlement européen propose même d’aller plus loin. Rapporteur du programme européen pour l’industrie de la défense, avec son homologue socialiste Raphaël Glucksmann, il plaide pour décupler les fonds portés par le programme, de 1,5 milliard à 20 milliards d’euros. « Notre devoir, c’est de faire en sorte que la lucidité que nous sommes en train de retrouver nous oblige à reconnaître que si l’Europe ne se préoccupe pas d’elle-même, alors personne ne le fera », souligne-t-il.

« Nous voulons que Les Républicains soit un partenaire à la hauteur »

En accueillant les journées parlementaires à Paris, Les Républicains entendent aussi repositionner leur parti au centre du jeu européen. Au sein de la grande délégation du PPE, les eurodéputés français ne pèsent en effet pas lourd : seulement six ont été élus lors du scrutin de juin dernier, loin derrière les trente élus RN, les treize eurodéputés du PS et les treize élus macronistes. « Recevoir Manfred Weber aujourd’hui, c’est pour nous la chance de montrer que la France compte dans le débat européen », affirme François-Xavier Bellamy, « nous voulons que Les Républicains soit un partenaire à la hauteur, que la droite française soit aussi capable de se reconstruire ».

L’eurodéputé a déjà choisi celui qui devrait incarner cette reconstruction. Dans la course à la présidence du parti, qui oppose Bruno Retailleau à Laurent Wauquiez, François-Xavier Bellamy a apporté son soutien au ministre de l’Intérieur. « Les Républicains ont vraiment des personnalités fortes aux commandes », remarque de son côté Manfred Weber. Sans trancher en faveur de l’un ou l’autre des candidats, c’est tout de même avec Bruno Retailleau que le chef de file de la droite européenne s’est affiché sur les réseaux sociaux au Sénat, à l’issue d’une première matinée de discussions au Sénat.

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