Déficits et réforme du travail: pour Macron, le plus difficile commence

Déficits et réforme du travail: pour Macron, le plus difficile commence

Chiffres du chômage lundi, loi d'habilitation des ordonnances mercredi, audit des finances publiques jeudi et réduction immédiate...
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Par Laurence BENHAMOU

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Chiffres du chômage lundi, loi d'habilitation des ordonnances mercredi, audit des finances publiques jeudi et réduction immédiate des dépenses : le quinquennat Macron entre dans le vif du sujet cette semaine, avec un discours cadre au Parlement, peut-être lundi prochain.

Au cours d'un premier mois mouvementé, Emmanuel Macron s'est doté d'une base solide pour agir : un gouvernement remanié, plus "techno" et plus fidèle, sans son encombrant allié François Bayrou, et une majorité absolue à l'Assemblée engagée à le soutenir "unanimement" sur ses principaux chantiers.

Ses prestations internationales sans accroc ont été complétées par une active communication directe sur les réseaux sociaux, entre bains de foule, selfies avec Arnold Schwarzenegger pour défendre le climat et partie de tennis en fauteuil roulant en soutien aux JO 2024. Ces premières semaines lui apportent une popularité en hausse, avec 64% de satisfaits, selon un sondage Ifop pour le JDD.

Il s'attaque maintenant à la réforme la plus explosive de son programme, qui conditionnera sa crédibilité : le projet de loi d’habilitation l'autorisant à légiférer par ordonnances pour réformer le code du travail, présenté mercredi en Conseil des ministres.

Son contenu est connu dans les grandes lignes : primauté des accords d'entreprise dans certains domaines, plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, modification des critères permettant les licenciements économiques et contrats de chantier, un compromis entre CDI et intérim. "Nous voulons aller vite", a rappelé dimanche Muriel Pénicaud, ministre du Travail.

Une longue série de concertations se poursuivra tout l'été avec les partenaires sociaux et la loi d'habilitation doit être examinée au parlement du 24 au 28 juillet.

La réaction des syndicats ou de la rue restent pour le nouveau pouvoir la grande inconnue. "Il y a encore dans ce pays une majorité qui selon moi refuse ce que je vais appeler une loi El Khomri +++", a affirmé lundi Alexis Corbière, député de la France insoumise (LFI).

- Dérapage du déficit -

Egalement cette semaine, la Cour des comptes publie jeudi son audit sur les finances publiques, qui devrait signaler un dérapage du déficit au-delà des 3% du PIB exigés par les traités européens. Une limite que M. Macron s'est engagé à respecter.

D'où de probables décisions impopulaires de réduction des dépenses, sachant que tout dépassement de 0,1 point correspond à 2 milliards d'euros. Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a écarté dimanche toute hausse des impôts, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, évoquant lui des "décisions difficiles" à prendre "immédiatement".

Une réunion au sommet sur les comptes public est prévue dès mardi à l'Elysée. Un séminaire gouvernemental se tiendra vendredi et samedi à Nancy, où la question des arbitrages budgétaires devrait être abordée.

L'occasion aussi de tenter de résoudre de premières dissensions interministérielles, comme celle sur les interdictions de certains pesticides entre les ministres de l'Agriculture Stéphane Travert et de la Transition écologique Nicolas Hulot. Il faudra aussi clarifier la position du gouvernement sur les réfugiés, après le discours de fermeté du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui refuse de rouvrir un centre d'accueil à Calais quand les associations en appellent au "traitement plus humain" réclamé par M. Macron.

Comme demandé par l'Elysée et Matignon, chaque ministère a remis sa "feuille de route", de quoi nourrir la déclaration de politique générale qu'Edouard Philippe a prévu le 4 juillet.

Mais M. Macron réfléchit lui aussi à présenter un discours cadre devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles la veille, selon RTL, information que l'Elysée n'a pas démentie. Au risque d'affaiblir son Premier ministre.

Dans l'immédiat, Pôle emploi publie lundi les chiffres du chômage fin mai, les premiers du quinquennat Macron qui veut le réduire à 7% d'ici à 2022.

Le président bénéficie en tout cas d'indicateurs économiques très positifs : l'Insee a révisé à +0,5% son estimation de croissance pour le premier trimestre, le moral des ménages a atteint en mai son plus haut niveau depuis l'été 2007 et le climat des affaires a grimpé à un niveau inédit depuis six ans.

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